Tag: France
2004
09.16
Monument de la Victoire

Le Monument de la Victoire.

Verdun et Paris, 14 au 16 septembre 2004 – En effet, quand je suis revenu à l’hôtel lundi soir, mes visites aux toilettes ont été ce que vous pouvez imaginer, avec en prime des crampes qui ne me lâchaient pas.

Je me demandais ce que j’avais au début, mais j’ai bien fini par comprendre que c’était la diarrhée du touriste. Je suis resté couché en regardant la télé, espérant que ça partirait. Mais rien n’y faisait. Les crampes me dérangeaient et je commençais à m’inquiéter. J’avais une assurance, mais j’étais dans une toute petite ville et le tenancier était parti à 22h. Rien ne dit que j’aurais pu facilement trouver de l’aide si j’avais vraiment été en danger, et quand on est malade à l’étranger, il est facile de se le demander !

J’ai tout de même été chanceux: j’ai dormi sans problème et les crampes n’ont repris qu’une fois levé le matin. Je me suis précipité vers une pharmacie pour acheter les médicaments nécessaires, qui ont bien pris le contrôle de la situation. Un seul inconvénient: ils causent la somnolence. Et j’ai dû me contenter de manger du pain et des carottes et de boire de l’eau minérale salée (ordre de la pharmacienne) pendant la journée.

Je croyais bien rester à l’hôtel toute la journée et ne rien faire avant mon retour à Paris et ensuite Montréal, mais je me suis senti mieux vers 10h et j’ai pu faire les visites prévues. J’ai donc été voir la citadelle souterraine de Verdun qui recrée, à l’aide d’une voiture qui passe 30 minutes dans les tunnels (dans le noir), la vie des soldats qui servaient dans la citadelle pour soutenir les troupes. À la fin, on voit la cérémonie du choix du soldat inconnu, qui repose sous l’Arc de Triomphe à Paris.

Fort de Douamont

Le Fort de Douamont, laideur résistante de la Première Guerre mondiale.

En après-midi, j’ai fait ma visite guidée des champs de bataille. Seulement, la somnolence m’a rattrapé et j’ai trouvé les quatre heures de visite des forts, des mémoriaux, cimetières et monuments longue et pénible tellement je voulais dormir. Il a fallu que je me retienne grandement pour ne pas exprimer mon impatience quand je trouvais qu’on prenait trop de temps sur un site! En plus, c’était une visite guidée avec, surtout, des personnes âgées à bord. Le programme était inflexible et j’ai dû faire vite pour prendre mes photos sur les sites. Une chose est certaine, les visites guidées du genre, ce n’est pas pour moi. Je préfère le tourisme avec sac à dos.

Ossuaire de Douamont
L’Ossuaire de Douamont, là ou résident les restes de soldats tués au combat.
Cimetière
Devant l’Ossuaire de Douamont, les tombes de ces soldats français.

Avant de rentrer, je me suis arrêté au célèbre magasin Dragées Braquier, qui vend les fameuses dragées, un bonbon local composé d’amande et d’un enrobage de sucre. J’ai toutefois été déçu: ça coûte 9 euros pour un petit sac et la saveur m’a laissé indifférent.

Je suis revenu à l’hôtel vers 19h et je me suis couché… pour me lever vers 8h30 le mardi 15 septembre. Ça faisait du bien de dormir !

Alors le 15, c’est le grand jour pour prendre le train vers Paris, afin d’y passer ma dernière nuit en sol français. Je n’ai pas osé manger beaucoup, de peur de redonner vie à ce qui hantait mon système digestif… pour enfin me taper un vrai repas le soir à Paris à la Place St-Michel.

J’aurais pu passer la soirée à visiter Paris, mais ce n’était pas le temps. Je me relevais d’une diarrhée très pénible et je n’avais pas trop le goût de lancer un défi à mon métabolisme. J’ai marché un peu après le souper, j’ai fait un appel à Montréal pendant que j’étais dans le métro de Paris – utiliser mon cellulaire dans le métro, ça m’amuse toujours – j’ai donné mon heure de retour à mes parents, je suis rentré et j’ai été un peu pépère dans la chambre d’auberge de jeunesse. Pour ceux que ça intéresse, ça m’a pris une bonne semaine avant que tout soit revenu à la normale du côté santé. Ce sont des choses qui arrivent !

Paris je visiterai, mais quand ce sera le bon moment. De toute façon, j’aurais perdu du temps. Pendant que j’étais là, les employés de la tour Eiffel étaient en grève en raison d’un simple avertissement patronal à un employé. Dans mon milieu de travail, quand un avertissement est servi à un employé… on se parle !

En gros, je peux dire que l’Alsace a été merveilleuse et que la Lorraine ne valait pas grand-chose. Je suis revenu à Montréal sain et sauf, mais en retard en raison du vol !

Au revoir la France !

2004
09.13

Verdun, 13 septembre 2004 – C’est bizarre… les Allemands n’ont pu pénétrer la forteresse de Verdun pendant la Première Guerre mondiale alors que moi, je suis entré sans difficulté avec… une passe de train ! Étrange…

Trêve de niaisage.

Je suis parti de l’auberge pour attraper un train vers 10h15. Il passait de Metz à Chalons-en-Champagne (tu parles d’un osti de nom) pour une correspondance vers Verdun. Je suis arrivé vers 14h30 dans un train digne de la Première Guerre mondiale ! Les voitures du train étaient d’un beige et d’un brun horribles et les sièges en vieux cuir pouvaient facilement asseoir trois personnes chacun. On aurait dit que le moteur allait exploser d’une minute à l’autre pendant tout le trajet. Bienvenue dans la France profonde !

Encore une fois, je ne me serais pas plaint si ça avait pris plus de temps. Je m’étais étendu sur un long siège avec mon petit oreiller de voyage et j’étais sur le point de m’endormir à l’arrivée. Les trains français sont TROP efficaces.

Anyway, une fois rendu à Verdun, j’ai constaté la petitesse des lieux et j’ai trouvé mes repères habituels: l’office de tourisme, un supermarché pour des bouteilles d’eau et l’auberge de jeunesse… qui était pleine. Apparemment, des groupes de jeunes Allemands prennent toutes les places et ils réservent toujours un an à l’avance car Verdun et ses champs de bataille sont très étudiés à l’école.

Meuse
La Meuse traverse la petite ville de Verdun.

L’auberge m’a donc trouvé un petit hôtel pour une chambre à 28 euros par nuit (une quarantaine de piasses) assez confortable. En fait, c’est plus «confo» que les auberges… ce qui justifie que je paie le double du tarif des auberges. Ce qui est vraiment dommage, c’est que dans une chambre simple à l’hôtel, je ne retrouve pas l’ambiance du dortoir ou des lieux communs d’une l’auberge pour rencontrer des gens. J’ai rencontré un bon gars à Strasbourg, un Français de Lyon amusant à Colmar et des filles fort sympathiques à Metz… c’est exactement pour ça que je choisis les auberges de jeunesse et c’est pour ça que je trouve l’hôtel plate à Verdun !

Porte Chaussée
La Porte Chaussée, vestige de la forteresse qu’était Verdun.

Pendant le reste de la journée, j’ai réservé ma place pour la visite guidée des champs de bataille de Verdun, j’ai pris quelques photos de monuments et de la Meuse, j’ai visité le Centre mondial de la paix – la petite simulation des tranchées de la guerre m’a un peu secoué – et je suis allé souper. Rien de trop spectaculaire, j’imagine, comparé avec les visions qui doivent m’attendre aux champs de bataille et à la citadelle souterraine. Cette dernière offre une reconstitution de la vie de soldat dans les tranchées. Horreur à prévoir…

La suite: Fin de voyage à Verdun et Paris

2004
09.12

Metz, 10 au 12 septembre 2004 – Je suis passé de Nancy à Metz, une très vieille ville dont la fondation remonte à l’Antiquité et dont plusieurs édifices datent du Moyen-Âge. C’est un bel endroit.

Mais juste avant de quitter l’auberge de jeunesse de Nancy vers 10h, je me suis permis de signaler au personnel ma déception devant le déjeuner poche qu’ils servent à leurs invités chaque matin. J’ai signé le petit livre qui nous invite à commenter notre séjour en y laissant une note à cet effet. Reste à voir si ces gens-là sont assez rapides pour comprendre…

J’amène avec moi au moins deux choses intéressantes achetées à Nancy: des bergamotes, une sorte de bonbon à la bergamote (une sorte de poire) et au citron qui est assez bon, et des macarons, faits avec de la pâte d’amande. Ce sont de petits délices.

Alors après un petit voyage en train (de 11h30 à 12h05) de Nancy à Metz (prononcez Messe), je suis arrivé dans une ville que j’avais hâte de découvrir. Ma plus grande surprise, étant donné que je n’avais pas consulté de sites Internet pour voir des photos, a été de voir la couleur des bâtiments. Ils ont été édifiés avec la pierre de Jaumont, dont la couleur est un jaune assez foncé qui tire sur le brun. Une chose est certaine, cette couleur revient presque partout dans la ville. C’est assez original, même si ce n’est pas ma couleur préférée.

Place de la Comédie
La Place de la Comédie, avec un bâtiment qui sert d’exemple parfait pour illustrer la couleur de la pierre utilisée pour les édifices messiens.

Après un petit dîner à la Place St-Jacques près de l’auberge, j’ai marché autour de la gigantesque Cathédrale St-Étienne, que je visiterai demain, et autour de la Moselle, la rivière qui traverse la ville. Le point qui m’intéressait le plus était le Moyen Pont, qui donne une très belle vue sur les environs, avec la Moselle qui se sépare en deux bras autour d’un temple protestant.

Temple
Le temple protestant ceinturé par la Moselle.

Ensuite, je me suis rendu à la Place de la Comédie qui est tout près, une autre grande place piétonnière qui était plutôt calme. À l’autre bout de la ville, j’ai été voir la Porte des Allemands, une des multiples portes de la ville. Encore là, on retrouve la pierre jaune foncé.

En soirée, je suis allé à la Place St-Jacques pour souper. Cette place est probablement la plus animée de la ville en été. Il y a dans ce grand «square» rectangulaire des dizaines de tables qui meublent les terrasses des restaurants. Je m’y suis souvent attardé pour lire ou pour écrire.

Si j’ai toujours un bon sens de l’observation, j’ai remarqué à Nancy et Metz qu’il y a beaucoup de restaurants qui servent de la pizza et d’autres mets italiens. Les Lorrains ont-ils une fixation sur la cuisine italienne ? Mais ce n’est pas moi qui va se plaindre: je pourrais vivre avec de la pizza et des pâtes toute ma vie sans problème. Il est seulement dommage que le service soit si lent ici, encore plus lent qu’en Alsace, et qu’il n’y ait aucune section non-fumeur dans les restos.

Moselle
Un petit coucher de soleil sur le bord de la Moselle.

Trêve de chiâlage… j’ai parcouru en soirée les mêmes endroits qu’en après-midi. On surnomme Metz la ville-lumière en raison de ses monuments illuminés le soir. Une chose est certaine, la ville illuminée est assez jolie. Pas spectaculaire, mais bien jolie. Dommage que je n’avais pas de trépied pour prendre des photos !

Et pour la première fois depuis le début du voyage, j’ai pu écouter la télévision ! Il y avait des filles dans la salle qui écoutaient Star Académie (version Frenchie) et c’était moche, mais juste pour avoir le «feeling» de la télé, j’étais prêt à endurer ça… en faisant, évidemment, le critique artistique quand un chanteur ou une chanteuse ne l’avait tout simplement pas :-)

Samedi 11 septembre

Ouf, l’auberge messienne impose une sortie de lit assez matinale… le déjeuner n’était servi que de 7h à 8h. C’est pas un horaire de vacances, ça ! Anyway, au moins, il y avait des fruits, des céréales et du yogourt ici ! Yes !

Je me suis toutefois aperçu que je devrais prendre mon temps pour visiter Metz. J’ai écourté mon séjour à Nancy d’une journée pour prendre une nuit de plus à Metz, mais il n’y a pas tant de choses à faire ici. Je visiterai donc quelques musées dimanche.

L’Esplanade de Metz.

Ancienne Gare
L’Ancienne Gare de Metz. Elle ressemble presque à une église, tellement sa façade est imposante.

Aujourd’hui, j’ai visité l’Esplanade, un espace vert qui longe la Moselle tout près du centre-ville J’ai ensuite contourné l’endroit pour visiter le quartier de l’Ancienne Gare. La gare, construite pendant que l’Allemagne contrôlait la Lorraine, ressemble presque à une église, et sa couleur est plus grise que les pierres des autres bâtiments. Le quartier, lui, est typiquement prussien… c’est-à-dire le genre de quartier que les rois allemands faisaient dessiner. Les rues ont plusieurs voies, c’est espacé, avec un terre-plein rempli d’arbres… typique d’une rue de Berlin, quoi !

En après-midi, j’ai effectué une petite visite à la Cathédrale St-Étienne. L’édifice est impressionnant en raison de sa taille. Ce qui était intéressant, c’était de gravir les quelque 300 marches de sa «tour de Mutte» pour avoir une belle vue sur la ville. Les escaliers étaient toutefois minuscules en hauteur et en largeur. La Cathédrale a été bâtie au Moyen-Âge et les gens de l’époque étaient plus petits que nous…

En soirée, je me suis retrouvé avec les filles de l’autre jour dans la salle de télévision pour écouter un film. Ce sont deux Égyptiennes qui étudient en France. Deux très jolies filles qui m’ont tout simplement demandé si j’allais écouter la télé avec elles ce soir-là. On ne se plaint pas quand deux charmantes jeunes femmes apprécient notre compagnie !

Dimanche 12 septembre

Bien honnêtement, s’il y a une journée que je n’aime pas comme touriste en Europe, c’est le dimanche. Presque tout est fermé, sauf pour les cafés et restaurants, un dépanneur par quartier et les musées. Complètement emmerdant quand on a déjà vu les sites extérieurs intéressants.

Je suis donc allé voir le musée de la Cour d’or, près de la Cathédrale et de l’auberge de jeunesse. On y trouve des objets historiques et archéologiques qui relatent l’histoire de Metz depuis l’Antiquité: des objets de cuisine, des sculptures, des exemples d’architecture et d’autres choses du genre. Comme d’habitude, je m’y intéresse au début mais je me lasse vite. Il n’y avait pas de peintures ! Surtout qu’une guide qui faisait faire le tour du musée à un groupe avait une voix énervante et elle semblait toujours trouver un moyen d’amener son groupe près de moi. On peut habituellement profiter d’un silence très paisible dans les musées, ce que je sais apprécier, et cette voix trouvait le moyen de le détruire !

Je suis donc sorti après moins d’une heure pour aller marcher dehors. Je me suis dit que si c’est le jour du repos ici et que je n’ai presque plus rien à faire à Metz, aussi bien me la couler douce. Après tout, je suis en vacances et relaxer, ça fait du bien. J’ai donc marché sur les bords de la Moselle et essayé de toujours rester sous le soleil – c’est assez frisquet aujourd’hui – pendant un bout de temps avant le dîner.

À l’heure du midi, j’ai découvert un excellent petit resto breton près de la populaire Place St-Jacques. Leurs galettes et crêpes sont excellentes et pas trop lourdes pour l’estomac. C’est justement le genre de chose que j’aime.

Après le dîner, j’ai pris mon temps pour prendre un café et commencer la lecture d’une revue que j’ai trouvé juste au bon moment l’autre soir. Vendredi soir, j’ai trouvé une revue historique qui dresse un portrait complet de l’Europe de 1914, avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Ça tombe drôlement bien car je me prépare à visiter Verdun et ses sites touchés par la guerre de 1914-1918. J’ai étudié l’histoire de l’Europe à l’université, mais ça fait quelques années et cette revue me permet de me rafraîchir la mémoire et de lire de nouveaux détails, juste à temps !

D’ailleurs, j’ai passé énormément de temps à lire pendant ce voyage. Après une expérience professionnelle assez éprouvante, j’avais besoin de me ressourcer, autant du côté de la lecture que de l’écriture. J’ai lu beaucoup de magazines d’affaires publiques et internationales ou des journaux locaux. J’ai passé du temps à écrire dans mon carnet de voyage dans un cahier Clairefontaine et j’ai aussi livré mes impressions à chaud dans le blogue de voyage que je publiais sur Internet. Je me suis donc «refait une beauté» du côté intellectuel, et ces activités me plongeaient dans ma bulle, un état qui m’est particulièrement utile pour m’évader de la réalité quotidienne. Quand je suis dans ma bulle ou dans la lune, je suis une des personnes les plus heureuses sur Terre !

Quand je suis arrivé dans ma chambre à l’auberge en après-midi, la porte était encore ouverte quand une des deux Égyptiennes vient me voir pour me dire que des gars belges à qui j’ai parlé plus tôt me soupçonnent d’avoir volé leur téléphone cellulaire. Apparemment, ils jugent que ma réaction, quand ils m’ont demandé si je l’avais vu, était trop gentille ! J’ai en effet demandé le numéro du téléphone et je l’ai composé pour le faire sonner, au cas où il ne serait pas loin. La gentillesse québécoise serait-elle un crime ? Bande de cons… et en soirée, quand ils sont revenus à l’auberge, j’ai laissé ma porte ouverte juste pour voir s’ils allaient vouloir me poser de nouvelles questions. Ils m’ont regardé mais n’ont jamais daigné entrer. Haha.

En me rendant au café Internet ce soir-là, je suis tombé par hasard sur une sorte de marché aux puces en pleine rue. C’était un peu drôle: imaginez que tout le monde descend dans la rue pour vendre les vieilles affaires qu’ils gardent dans leurs sous-sols et que des commerces du coin exposent la marchandise qui n’a jamais vraiment été un succès. Et peu de gens achètent…

La suite: À l’assaut de Verdun !

2004
09.09

Nancy, 8 et 9 septembre 2004 – Non, ce n’est pas le nom d’une fille ingrate que j’aurais rencontré, mais bien celui de la ville de Nancy, qui a bien quelques joyaux à présenter mais qui, en général, est sale, dense, laide, trop chère et franchement nulle à chier.

Nancy
Une rue de Nancy, sans style ni goût. Cette photo est assez «soft» car j’ai vu bien pire en personne.

Je suis parti de Colmar à 10h ce matin pour me rendre vers Strasbourg (30 minutes) et prendre un train en correspondance vers Nancy. Ça a été court, je suis arrivé un peu après midi.

Ma première impression a tout de suite été la mauvaise… et elle a duré. Avoir su que je détesterais autant le manque de charme de cette ville, j’aurais bien passé la journée entière à lire mon livre et écouter ma musique dans le train, car le parcours était assez agréable.

Nancy combine, dans son centre-ville, les vieux bâtiments et les neufs sans unité. Des fils passent au-dessus des rues, qui sont un bizarre mélange de vieilles pierres, de vieille asphalte finie comme au Québec et de l’asphalte neuve qui est encore chaude. Sans oublier les voitures entassées comme dans le centre-ville de Montréal… Il y a des rénovations partout, dans le désordre, et semble-t-il sans souci du patrimoine architectural.

Même le plus beau joyau de la ville, la Place Stanislas, est couverte de matériaux de rénovation, remplie de camions jaunes lourds, elle pue le diesel et le bruit ambiant y est assez élevé pour réveiller un sourd qui dort profondément. Merveilleux !

Place Stanislas
Les rénovations de la Place Stanislas. Aucune subtilité. On laisse les équipements traîner et la statue est totalement recouverte. Un beau gâchis.

Allez-y, Nancéiens, travaillez fort à détruire une ville qui était probablement splendide il y a quelques siècles ! Un jour, vous aurez peut-être du talent ! Je dis bien un jour, et avant que ça soit beau il vous faudra faire un minimum de début d’effort…

Arc de Triomphe
L’Arc de Triomphe de Nancy, mais rien de triomphal dans les décombres des rénovations. Et le pavé… quelle laideur !

Je me disais aujourd’hui que pour revoir mes villes préférées sans me retaper tous les voyages que je fais maintenant, je ferai un de ces jours un voyage combinant seulement mes «coups de cœur» en Europe… et Nancy n’en fera sûrement pas partie !

Anyway… un petit trajet en autobus m’a amené à l’auberge, où j’y a fait par hasard une connaissance intéressante en soirée. Je demandais à un étudiant français ce qu’est le bac en France, et un autre gars me répond «c’est la même chose que le cégep» ! Imaginez ma surprise. Il vient de la ville de Québec et il m’a raconté comment il s’est retrouvé en France. C’est quand même drôle de voir à quel point le monde est petit, surtout en me rappelant que j’ai croisé un ancien collègue de travail par hasard l’autre jour à Colmar.

Mairie
La mairie de Nancy, un chef-d’oeuvre si vous voulez mon avis.

Jeudi 9 septembre

Je me suis levé assez tôt et… évidemment, les frustrations liées à cette ville m’ont rattrapé à l’auberge de jeunesse, qui est pourtant située en banlieue ! Imaginez-vous que j’ai eu droit au plus ridicule déjeuner depuis que je suis en France. Il n’y avait rien d’autre que du pain baguette, de la confiture, du lait, du jus et du café offerts. Aucun yogourt, aucun fruit, pas de céréales… rien d’autre. Brillant !

Parc de la Pépinière
Le parc de la Pépinière, que j’ai bien apprécié.
Porte de la Craffe

La Porte de la Craffe, un vestige du Moyen-Âge qui ne m’a pas déplu.

Mais j’ai quand même visité quelques endroits intéressants dans la ville. Je suis retourné à la Place Stanislas pour regarder les bâtiments de plus près, admirer l’Arc de Triomphe et les grilles dorées. J’ai été voir la Porte de la Citadelle, la Place d’Alliance, la Place Charles-de-Gaulle, la Place de la Carrière et le Musée-aquarium. Ce sont les plus beaux endroits de la ville. Le musée-aquarium était sympathique, le poisson-clown noir et blanc était mon préféré.

Ce qui m’a amusé le plus ici, je dirais, c’est l’attitude de certaines Nancéiennes à mon égard, sinon leur charme. Par exemple, une fille que j’ai rencontrée à la gare d’autobus m’a dit qu’elle trouvait mon accent québécois mignon. C’est une très belle façon de parler aux mecs, mesdames ;-)

Je pars donc demain pour Metz, écourtant ma visite d’une journée car même si j’ai pu apprécier certains aspects de la ville, cet endroit me déçoit. Nancy: tu es laide, je ne t’aime pas, je te quitte et surtout, ne me téléphone pas !

La suite: Metz et ses lumières

2004
09.07

Colmar, 5 au 7 septembre 2004 -

J’ai pris le train à midi pour me rendre à Colmar, une ville à une trentaine de minutes de Strasbourg quand on emprunte le chemin de fer. Je viens d’arriver et le bureau de tourisme est fermé… presque toute la ville aussi. Mais j’ai une carte et je trouve mon chemin. Il ne reste qu’à bien m’installer à l’auberge – aussi fermée jusqu’au début de la soirée – et à découvrir cette ville située au coeur de la route des vins !

Vers 18h, je suis entré à l’auberge de jeunesse (elle n’ouvrait pas avant !) et j’ai eu droit à de l’excellent service. Le responsable est un des plus sympathiques que j’ai pu rencontrer et j’ai pu m’installer dans une belle chambre.

Comme il y a une cuisine et que les adultes ont le droit d’y prendre un verre de vin – route des vins oblige – je vais pouvoir déguster la bouteille achetée l’autre jour. C’est une bonne chose car une bouteille de 750ml de vin, c’est plutôt lourd à transporter dans les bagages!

Colmar
Colmar ne se démarque pas vraiment des autres villes alsaciennes, mais son charme réside dans son ambiance.

Après m’être installé, je suis sorti pour aller souper et j’ai trouvé une belle petite winstub – maison des vins, le genre de place où tu vas manger et où la qualité vin est aussi sinon plus importante que la bouffe – qui s’appelle Ville de Paris. Le serveur qui s’occupe de la terrasse est vraiment sympathique et comique. Il est très «personnel» avec les clients, avec qui il n’arrête pas de parler et de déconner. Comme bien d’autres Alsaciens, il aaaaaappuuuuiiiie vraiiiiiment suuuur ceees syyyllaaaabes en paaaaaaaaaaaaaarlant! Le service est parfait: on laisse au client le soin de décider quand il veut voir le serveur ou la facture, sans le faire attendre trop. C’est très poli quand une personne veut prendre le temps de lire et de profiter de l’ambiance lors du coucher de soleil. Une guêpe a trouvé le moyen de plonger dans ma petite carafe de vin quand j’en avais pris environ la moitié et on m’en a donné une nouvelle. La bouffe, elle, était fabuleuse. Leur tarte flambée gratinée est la meilleure que j’ai pu manger et le kougelhopf (un gâteau de spécialité locale) arrosé de quelques gouttes de Marc de gewurztraminer (une eau de vie) était succulent.

J’ai marché dans la vieille ville après le souper, avant de rentrer. Une légère brise rafraîchissait l’air et la température était parfaite. Les vieilles rues en pierres, les maisons anciennes, la petite rivière et les fontaines situées au coeur des places piétonnières donnaient une belle ambiance.

J’ai pris peu de photos à Colmar car à mon avis, son charme ne pourrait pas paraître sur des imprimés. Visuellement, la ville est jolie mais elle ne se démarque pas des autres villes alsaciennes. Il faut y être pour vraiment la saisir.

Lundi 6 septembre

Comme d’habitude, j’ai pris mon temps pour me lever ce matin (8h) mais c’est déjà une amélioration par rapport à d’autres moments du voyage. Je me suis rendu à l’office du tourisme pour obtenir des informations sur les environs et j’ai découvert qu’ils ne pouvaient pas vraiment me donner grand chose d’autre que ce que j’avais déjà… Il y a des incompétents partout! Comme ils n’ont pu me dire comment me rendre au sommet des Vosges (montagnes), j’ai décidé de laisser tomber. Je ne commencerai pas à me promener de ville en ville pour me faire dire un jour qu’il faut y aller en voiture! Et on me dit que les Alpes, que j’ai déjà vues, sont nettement plus impressionnantes.

À ma grande surprise, ça ne m’a pris qu’une demi-journée pour voir ce qu’il y a de meilleur dans les vieux quartiers de Colmar. J’ai donc visité le fameux musée historique local Unterlinden (sous les tilleuls) en après-midi. Comme d’habitude; j’ai aimé ma visite au début mais j’ai fini par me lasser. Les musées, ce n’est pas ce qui vaut le déplacement pour moi… sauf pour les peintures. C’est tout ce qui a attiré mon attention.

Au retour à l’auberge en fin d’après-midi, j’ai fait connaissance avec un Français qui est dans la même chambre que moi. Franchement, je ne l’aime pas, je n’irai pas prendre une bière avec lui. J’ai dit non quand il m’a invité à aller au festival de jazz de Colmar avec lui. En plus de ne pas m’intéresser, il m’a averti d’avance qu’il ronflait la nuit. SUPER ! Je me sens un peu coupable de garder quelqu’un à distance de cette façon. C’est du rejet, non ? En même temps, on ne passe pas du temps avec les gens par pitié…

Après le souper, je suis rentré à l’auberge en me disant qu’à la mi-voyage, ce périple est un succès. J’ai rencontré des gens intéressants, j’ai vu de belles choses et découvert de la bonne bouffe… mais je commence à m’habituer à l’endroit. Les maisons à colombages ne me surprennent plus. J’espère que quelques surprises m’attendent en Lorraine. J’ai un peu l’impression que parce que je le demande, c’est justement ce qui va arriver !

En fin de soirée, dans la cuisine de l’auberge, j’ai parlé à un Français de Lyon qui est très sympathique et à une Polonaise qui est là temporairement en se cherchant un appartement. C’est l’aspect social de l’auberge: on y rencontre des gens que l’on ne verrait jamais une fois isolé dans une chambre d’hôtel !

Mardi 7 septembre

Je me suis levé tôt ce matin mais j’ai tout de même «pris ça mollo» en ne partant de l’auberge que vers 10h pour m’informer sur la façon de me rendre à Eguisheim, un petit village de vignerons où mon vin préféré (celui de la maison Léon Beyer) est produit. Après avoir perdu du temps à chercher, j’ai pu partir vers midi et m’y rendre pour 12h45 en autobus.

Eguisheim
On dirait une photo de carte postale… et c’en est une. Des cartes postales vendues à Eguisheim offrent cette prise de vue. Mais c’est moi qui l’ai prise.

Le coin est magnifique. La vigne et les montagnes entourent le village où une bonne partie des commerces sont des caveaux de vente et dégustation de vin. Les vieilles rues du village médiéval sont circulaires, et elles ont déjà été entourées de fortifications. C’est très beau et évidemment, je me suis rendu au point de dégustation du domaine Beyer.

Eguisheim

J’ai vraiment aimé les rues circulaires d’Eguisheim.

J’y ai dégusté du vin que l’on ne voit jamais au Québec et la femme qui sert les clients m’a donné toutes sortes d’informations sur les vins blancs et leur conservation. C’était agréable et fascinant. Le vin était digne des meilleurs crus alsaciens! J’ai acheté une demi-bouteille de riesling Les Écaillers de l’an 2000 pour ramener à Montréal. Ma grande surprise a été le Riesling Réserve 2003, un blanc au goût floral, ce que l’on trouve rarement pour ce cépage. Le Gewurztraminer 1999 était intéressant, le Pinot Noir 1997 exceptionnel et le Pinot Noir 2003 rafraîchissant.

Note intéressante pour un journaliste comme moi: le journal local qui s’appelle Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), qui est très lu, est à mon avis le genre de journal que l’on devrait trouver partout. J’ai vraiment aimé: beaucoup de nouvelles nationales et internationales, le tout réalisé avec sérieux, sans prendre le lecteur pour un con qui ne sait pas lire et qui ne s’attarde qu’aux faits divers spectaculaires.

La suite: L’horrible Nancy

2004
09.04

Strasbourg, 2 au 4 septembre 2004 – J’ai vraiment pris mon temps ce matin. Je me suis levé tout juste assez tôt (8h30) pour ne pas manquer le déjeuner gratuit servi par l’auberge et je suis parti seulement vers 11h. Coup intelligent: je me suis évité d’avance un périple pénible pour le retour le 16 septembre, en transférant ma dernière nuit d’auberge de Strasbourg à Paris. Je n’aurai pas à me taper 4h de train le jour que je prendrai l’avion !


Le Parlement européen

Alors, pendant la journée, je me suis rendu dans le Nord de la ville pour visiter les institutions européennes. Il faut dire que Strasbourg est la capitale de l’Europe, ou siègent le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme. Ville auparavant disputée et située dans une région où se trouvent plusieurs frontières, Strasbourg est devenu un symbole de paix. Les bâtiments sont bien beaux (quoi que le Palais des droits de l’homme est architecturalement horrible) mais on ne peut y entrer. Eh bien…


L’entrée du parc de l’Orangerie, visité un peu avant les institutions européennes.


J’ai adoré cette vue au parc de l’Orangerie.

Je suis retourné vers les vieux quartiers pour flâner et souper. Avant de retourner à l’auberge, j’ai envoyé un message pour suggérer à Chris d’aller au pub Au Brasseur pour prendre une bière vendredi soir, et il m’a dit qu’il irait même ce soir. Pourquoi pas ? Vaut mieux prendre une bière à deux que seul…

Une fois rendu sur place (cet endroit existe aussi à Montréal !) il m’a présenté un camarade (Olivier) qu’il venait de rencontrer a l’institut Berlitz, où il apprend le français. Le gars s’appelle Olivier et c’est un Français qui essaie d’apprendre l’anglais. Nous avons pris une bière à trois et bouffé de la tarte flambée. Étonnamment, Olivier a tenu à payer une grande partie de la note. Il nous a dit que dans la vie, les amis paient chacun à leur tour et qu’au bout du compte, personne n’y perd. Cette conception des choses est très intéressante, et ça me fait dire que l’on devrait tous être moins «pognés» dans nos manières, surtout quand on connaît des gens qui sont en visite au pays.

Et vous auriez dû nous voir aller ! Un Canadien qui parle français et anglais, un Britannique qui parle bien anglais et baragouine le français et un Français qui fait l’inverse. Je faisais le pont entre les deux, qui gesticulaient pour s’aider à comprendre.

C’est drôle de voir à quel point on peut avoir du fun avec des gens que l’on rencontre en voyage. Les liens se tissent rapidement et on s’amuse beaucoup !

Olivier a une voiture et il a insisté pour nous reconduire et nous éviter un parcours en tramway et en autobus. Chic ! Il nous a suggéré d’embarquer avec lui samedi pour qu’il nous montre la petite ville d’Obernai, une localité pittoresque sur la route des vins d’Alsace. Nous y allons donc à trois !

Scène amusante à l’auberge: trois jeunes Allemandes (15 à 19 ans, je dirais) qui font partie d’un groupe ont essayé de flirter avec les gars qui assurent la sécurité des environs en raison du Festival des deux rives… et qui ont à peu près 20-22 ans. Elles sont entreprenantes; ces ados !

Vendredi 3 septembre

J’ai été extrêmement paresseux. Je suis resté couché jusqu’à 10h30 et je ne suis parti qu’à 12h30 vers la ville. Et je n’ai fait qu’une chose: la promenade commentée en bateau-mouche. On a droit à une belle vue sur les plus beaux endroits de Strasbourg. et ça se fait sans effort.

Pour la soirée, le programme a été assez simple: souper et rejoindre Chris pour aller prendre une bière à Kehl en Allemagne. Comme moi, il s’étonne de voir qu’on puisse traverser la frontière à pied, mais tout le monde trouve ça assez fascinant.

Chris et moi sommes partis du centre de Strasbourg en autobus car une des lignes mène directement là-bas… c’est moins long. C’était drôlement calme dans les environs – même sur les terrasses – mais j’imagine que les gens ne sortent que vers la fin de la soirée et non dès que la noirceur s’installe.

Nous avons pris une bonne bière sur une terrasse et aussi dans le petit bar où j’ai trouvé la Jever l’autre soir. Nous avons bien apprécié l’expérience de se rendre dans un pays voisin comme ça, et même si les deux endroits visités n’étaient pas les plus «hot» de la région strasbourgeoise, on a eu du fun !

Samedi 4 septembre

J’ai vraiment passé la journée sur la route. Olivier, Chris et moi nous sommes rencontrés à une station de tramway – Chris et moi nous sommes rejoint au Café Brant pour relaxer un peu avant – afin de aller visiter des villages de la route des vins (comme Obernai) en voiture. Nous sommes passés rapidement dans quelques villages comme Ribeauvillé, jugés intéressants mais moins que d’autres…

Il faisait soleil et la température était chaude. La route était étroite et on voyait des vignes partout autour. La région des vignobles est très belle, surtout quand il fait aussi beau.


Les vignes le long de la route des vins, avec les Vosges en arrière-plan.

Une petite partie du château du Haut-Königsbourg.

Nous nous sommes arrêtés en premier au château du Haut-Königsbourg, à 800m de hauteur dans les montagnes surnommées les Vosges. Le gros château en grès rose est beau et fortifié. Il offre une belle vue sur les montagnes dans les environs. Il a fallu marcher un peu pour se rendre sur le haut de la montagne et entrer, mais ça valait le coup.

Une fois redescendus, nous sommes allés à Riquewihr. C’est minuscule mais les maisons à colombages et les petites rues sont typiques des villes médiévales de la région. Nous avons fait une petite dégustation de vins blancs au point de vente de la maison Baumann, sur la rue principale. Les vins sylvaner, riesling et gewurztraminer de cette maison sont trop légers, surtout le riesling qui semblait dilué… mais le gewurz était décent et j’en ai acheté une bouteille pour 7 euros. C’est pas cher pour un vin de qualité moyenne.

Prochain arrêt: Kaysersberg. Un petit village typique de l’Alsace et moins touristique, donc facile à visiter.

Une petite rue pittoresque de Riquewihr.

En début de soirée, notre dernier arrêt a été Obernai, une splendide petite ville que je n’ai pas photographié en raison de la noirceur qui commençait à s’installer.

Nous y avons soupé en commandant chacun une choucroute garnie (garniture: saucisses, patates, jambon) avec une bouteille de riesling pour les trois. C’était succulent. Chris et moi n’avons pu terminer notre choucroute alors que notre copain français a réussi à engouffrer la sienne !

En fin de soirée, nous sommes retournés à Strasbourg et c’était un peu la croisée des chemins. Je partais vers Colmar le lendemain, Chris commençait ses vrais cours d’architecture lundi avec un horaire chargé et Olivier continuait son train-train quotidien. Mais l’expérience de ces rencontres aura été amusante !

La suite: Colmar et Eguisheim

2004
08.30

Strasbourg, 30 août 2004 – Ouf ! Quel départ ! Je suis parti trop tôt avec mon «lift» le 29 août (vers 19h30) et je suis arrivé à Mirabel seulement 30 minutes plus tard. Pour faire exprès, l’avion qui devait partir à 23h10 a officiellement été retardé à 1h15 pour partir en réalité à 2h.

Une fois en vol, tout s’est bien passé. Le service à bord de l’avion de Corsair était excellent et les employés très courtois. J’étais assis juste à côté d’un couple montréalais d’origine asiatique qui m’a cuisiné avec des tas de questions quand ils ont reconnu mon nom, vu régulièrement dans un journal plutôt connu pendant l’été. Pas toujours facile d’être journaliste car ça attire la curiosité des gens !

Je n’étais pas vraiment nerveux à l’idée de prendre l’avion. Comme c’était la deuxième fois et que j’en faisais l’expérience, je considérais que c’était un mal nécessaire, surtout en raison de la durée du vol et de l’arrivée en plein jour.

Je suis donc arrivé à l’aéroport Paris-Orly à 14h (heure locale, 6h de différence avec Montréal). Sachant que le déplacement était loin d’être terminé, je n’ai passé aucun temps à explorer la capitale. J’ai pris une navette d’autobus vers le métro pour arriver à la gare de l’Est vers 16h. J’ai dû attendre trois quarts d’heure, sautant dans le train vers Strasbourg à 16h45.

J’étais satisfait de prendre le train parce que je suis très à l’aise avec les trains européens, qui sont rapides et efficaces. Fatigué en raison du décalage horaire, j’ai dormi comme un bébé et je suis arrivé à destination à 21h.

C’est là que les choses se sont compliquées… À la gare de Strasbourg, tout était fermé, sauf pour un minuscule dépanneur. Je venais de traverser l’Atlantique et de faire quatre heures de train pour arriver à Strasbourg, en plus d’avoir faim.

J’ai trouvé le plus rapidement possible mon chemin vers l’auberge de jeunesse en autobus, mais ça a quand même pris une heure, incluant une marche d’environ 10 minutes sans être vraiment certain que j’allais dans la bonne direction. Les passants à qui je demandais des renseignements semblaient éviter de parler aux inconnus et je n’avais pas encore de carte pour me retrouver.

Quand je suis arrivé à l’auberge de jeunesse, la réception semblait fermée, mais il y avait du personnel qui m’a servi et donné ma chambre. Une chance, car je n’avais pas de réservation ! J’avais décidé de «jouer sans filet» pour ce voyage au lieu de tout prévoir au quart de tour…

Je suis entré dans la chambre et un rouquin Britannique était couché, en train de lire. Dans un état de fatigue et d’exaspération, j’ai déposé mes affaires. J’ai à peine été assez poli pour dire à mon camarade de chambre que je venais d’arriver, que j’avais faim et que je tenterais de ne pas le réveiller à mon retour. Il a été très compréhensif.

Je suis parti à pied pour trouver quelque chose à bouffer et ça n’a pas été facile. Certains restaurants étaient ouverts pendant que l’autobus se rendait en direction de l’auberge, mais ils ne l’étaient plus une fois que j’y allais à pied. C’était un lundi soir d’août après 11h… rien ne semblait ouvert !

Il a fallu que je marche une heure et un quasi-retour au centre de la ville pour trouver un petit resto turc ouvert. Je peux vous dire qu’un steak bien ordinaire et une salade ont semblé sublimes après une bonne demi-journée sans manger. Même la Meteor Pils, un peu fade pour une pilsner, était assez bonne dans les circonstances. Et je suis revenu à l’auberge à… 1h du matin ! Sur mon passage, j’ai vu pas mal de prostituées dans les rues. Elles étaient très visibles, surtout dans les environs des ponts. Coudonc, Strasbourg la nuit, c’est un marché public de peau ?

La leçon à retenir: Strasbourg, comme la plupart des villes du monde, devient très calme le soir et il faut arriver avant 19h pour trouver des magasins et restaurants ouverts. Si au moins mon vol était arrivé à temps…

La suite: À la découverte de Strasbourg