
Avec un peu de recul à la suite de la défaite de la Nationalmannschaft contre l’Espagne, il est maintenant possible d’analyser le match et le tournoi de façon intelligente.
Après maintes réflexions, je blâme surtout le changement de style de jeu et l’exécution pour un tournoi où l’équipe a bien joué pendant seulement deux matches (Pologne et Portugal) et 15 ou 30 minutes contre l’Espagne. Le coeur du problème se trouve dans l’abandon d’un style de jeu préconisé à la Coupe du monde 2006. À l’époque, le sélectionneur Jürgen Klinsmann avait transformé l’équipe avec un jeu d’attaque qui en faisait une puissante équipe de football.
Sauf pour les moments cités plus haut, Joachim Löw a plutôt préconisé le style d’«efficacité» qui est un vieux cliché de l’équipe nationale allemande. Peu d’attaque, peu de possession du ballon, mais plutôt une résistance aux attaques adverses et une redoutable contre-attaque quand ça compte. Le problème, c’est que le football d’aujourd’hui se gagne en marquant des buts. Pas en laissant l’adversaire attaquer. C’est comme à la boxe. Si vous laissez l’adversaire vous attaquer, vous allez vous faire frapper. Et probablement vous envoyer au tapis.
Contrairement aux clichés véhiculés par les médias, l’équipe allemande regorge de talent comme les Bastian Schweinsteiger, Lukas Podolski, Michael Ballack, Philipp Lahm et autres. Quand ils se mettent à passer et à lancer, c’est une question de temps avant qu’ils ne marquent 2 ou 3 buts. La preuve se trouve dans la victoire contre le Portugal. Malgré tout leur talent, les Portugais n’ont pu se remettre du 2-0 apràs moins de 30 minutes de jeu. Dommage que cette façon d’aborder les matches ait été abandonnée.
Et l’avenir ? Il reste à voir si M. Löw saura tirer de bonnes leçons de cet Euro et gagner le Mondial 2010 en Afrique.
Des commentaires par joueur:
Bastian Schweinsteiger: a fait l’étalage de tout son talent. Les clubs anglais et italiens aimeraient bien se le payer. A été sous-utilisé par le Bayern München, qui devra exploiter son plein potentiel pour le garder. Mais avec Jürgen Klinsmann aux commandes, le coach qui lui a donné sa place avec l’équipe nationale, il faut s’attendre à un bon dénouement.
Michael Ballack: l’éternel 2e qui a eu quelques moments de brillance mais qui a encore été très silencieux quand ça comptait. Je ne comprends toujours pas pourquoi tout le monde parle de lui comme un joueur clé.
Lukas Podolski: un autre gars mal utilisé par le Bayern qui fait bien pour la Nationalmannschaft. A un brillant avenir si un club sais l’intégrer.
Torsten Frings: n’a pas connu un super tournoi, même quand il n’était pas blessé. Ce précieux vétéran est-il en train de perdre son importance ?
Miroslav Klose: ce dangereux marqueur me semble en perte de vitesse. Il a marqué au cours de la deuxième ronde mais a fait pitié le reste du tournoi et a connu une mauvaise saison avec le Bayern. Il est probablement temps de préparer la relève du côté des attaquants.
Mario Gomez: il est en théorie la relève des attaquants, mais a fait pitié à chaque présence. Devra faire ses preuves pour vraiment mériter sa place.
Philipp Lahm: ce défenseur a drôlement bien joué avec le ballon, mais a permis à la Turquie et à l’Espagne de marquer avec une couverture défensive douteuse. Surtout sur le but de Torres en finale. Ça prend une défensive plus solide pour gagner.
Christoph Metzelder: Normalement un excellent défenseur central, il a été suspect pendant tout le tournoi. La blessure qui l’a empêché de jouer pour le Real Madrid devait encore l’affecter.
Per Mertesacker: a semblé facile à déjouer en demi-finale et en finale. L’équipe a besoin qu’il soit solide pour gagner.
Arne Friedrich: même chose que le joueur précédent. Mais ce joueur a démontré une belle solidité contre le Portugal, comme en 2006.
Thomas Hitzlsperger: je comprends bien mal pourquoi on a parlé de lui comme un très bon milieu de terrain. Il n’a pas fait sa marque.
Tim Borowski: il aurait dû jouer plus souvent. Il est grand, très bon en attaque et en défense. Il ne rejoint pas le Bayern pour rien cette année.
Simon Rolfes: a prouvé hors de tout doute qu’il a sa place pour remplacer Torsten Frings. Un talent à surveiller.
Jens Lehmann: il a déçu jusqu’en finale, où il a brillé. Mais il se fait vieux. Il est temps de former la relève.
Robert Enke et René Adler: ces deux gardiens représentent la relève dans les buts. Qu’on les fasse lutter pour le poste de partant.
Marcell Jensen: habituellement assez bon pour le Bayern, il a démontré qu’il n’a pas encore la capacité de jouer au niveau international. Dommage.
David Odonkor: si le foot était un sport strictement axé sur le sprint, il serait important.
Clemens Fritz: même chose
Kevin Kuranyi: pourrait bien être un remplaçant de choix à l’attaque dans deux ans.

