Colmar, 5 au 7 septembre 2004 -
J’ai pris le train à midi pour me rendre à Colmar, une ville à une trentaine de minutes de Strasbourg quand on emprunte le chemin de fer. Je viens d’arriver et le bureau de tourisme est fermé… presque toute la ville aussi. Mais j’ai une carte et je trouve mon chemin. Il ne reste qu’à bien m’installer à l’auberge – aussi fermée jusqu’au début de la soirée – et à découvrir cette ville située au coeur de la route des vins !
Vers 18h, je suis entré à l’auberge de jeunesse (elle n’ouvrait pas avant !) et j’ai eu droit à de l’excellent service. Le responsable est un des plus sympathiques que j’ai pu rencontrer et j’ai pu m’installer dans une belle chambre.
Comme il y a une cuisine et que les adultes ont le droit d’y prendre un verre de vin – route des vins oblige – je vais pouvoir déguster la bouteille achetée l’autre jour. C’est une bonne chose car une bouteille de 750ml de vin, c’est plutôt lourd à transporter dans les bagages!
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| Colmar ne se démarque pas vraiment des autres villes alsaciennes, mais son charme réside dans son ambiance. |
Après m’être installé, je suis sorti pour aller souper et j’ai trouvé une belle petite winstub – maison des vins, le genre de place où tu vas manger et où la qualité vin est aussi sinon plus importante que la bouffe – qui s’appelle Ville de Paris. Le serveur qui s’occupe de la terrasse est vraiment sympathique et comique. Il est très «personnel» avec les clients, avec qui il n’arrête pas de parler et de déconner. Comme bien d’autres Alsaciens, il aaaaaappuuuuiiiie vraiiiiiment suuuur ceees syyyllaaaabes en paaaaaaaaaaaaaarlant! Le service est parfait: on laisse au client le soin de décider quand il veut voir le serveur ou la facture, sans le faire attendre trop. C’est très poli quand une personne veut prendre le temps de lire et de profiter de l’ambiance lors du coucher de soleil. Une guêpe a trouvé le moyen de plonger dans ma petite carafe de vin quand j’en avais pris environ la moitié et on m’en a donné une nouvelle. La bouffe, elle, était fabuleuse. Leur tarte flambée gratinée est la meilleure que j’ai pu manger et le kougelhopf (un gâteau de spécialité locale) arrosé de quelques gouttes de Marc de gewurztraminer (une eau de vie) était succulent.
J’ai marché dans la vieille ville après le souper, avant de rentrer. Une légère brise rafraîchissait l’air et la température était parfaite. Les vieilles rues en pierres, les maisons anciennes, la petite rivière et les fontaines situées au coeur des places piétonnières donnaient une belle ambiance.
J’ai pris peu de photos à Colmar car à mon avis, son charme ne pourrait pas paraître sur des imprimés. Visuellement, la ville est jolie mais elle ne se démarque pas des autres villes alsaciennes. Il faut y être pour vraiment la saisir.
Lundi 6 septembre
Comme d’habitude, j’ai pris mon temps pour me lever ce matin (8h) mais c’est déjà une amélioration par rapport à d’autres moments du voyage. Je me suis rendu à l’office du tourisme pour obtenir des informations sur les environs et j’ai découvert qu’ils ne pouvaient pas vraiment me donner grand chose d’autre que ce que j’avais déjà… Il y a des incompétents partout! Comme ils n’ont pu me dire comment me rendre au sommet des Vosges (montagnes), j’ai décidé de laisser tomber. Je ne commencerai pas à me promener de ville en ville pour me faire dire un jour qu’il faut y aller en voiture! Et on me dit que les Alpes, que j’ai déjà vues, sont nettement plus impressionnantes.
À ma grande surprise, ça ne m’a pris qu’une demi-journée pour voir ce qu’il y a de meilleur dans les vieux quartiers de Colmar. J’ai donc visité le fameux musée historique local Unterlinden (sous les tilleuls) en après-midi. Comme d’habitude; j’ai aimé ma visite au début mais j’ai fini par me lasser. Les musées, ce n’est pas ce qui vaut le déplacement pour moi… sauf pour les peintures. C’est tout ce qui a attiré mon attention.
Au retour à l’auberge en fin d’après-midi, j’ai fait connaissance avec un Français qui est dans la même chambre que moi. Franchement, je ne l’aime pas, je n’irai pas prendre une bière avec lui. J’ai dit non quand il m’a invité à aller au festival de jazz de Colmar avec lui. En plus de ne pas m’intéresser, il m’a averti d’avance qu’il ronflait la nuit. SUPER ! Je me sens un peu coupable de garder quelqu’un à distance de cette façon. C’est du rejet, non ? En même temps, on ne passe pas du temps avec les gens par pitié…
Après le souper, je suis rentré à l’auberge en me disant qu’à la mi-voyage, ce périple est un succès. J’ai rencontré des gens intéressants, j’ai vu de belles choses et découvert de la bonne bouffe… mais je commence à m’habituer à l’endroit. Les maisons à colombages ne me surprennent plus. J’espère que quelques surprises m’attendent en Lorraine. J’ai un peu l’impression que parce que je le demande, c’est justement ce qui va arriver !
En fin de soirée, dans la cuisine de l’auberge, j’ai parlé à un Français de Lyon qui est très sympathique et à une Polonaise qui est là temporairement en se cherchant un appartement. C’est l’aspect social de l’auberge: on y rencontre des gens que l’on ne verrait jamais une fois isolé dans une chambre d’hôtel !
Mardi 7 septembre
Je me suis levé tôt ce matin mais j’ai tout de même «pris ça mollo» en ne partant de l’auberge que vers 10h pour m’informer sur la façon de me rendre à Eguisheim, un petit village de vignerons où mon vin préféré (celui de la maison Léon Beyer) est produit. Après avoir perdu du temps à chercher, j’ai pu partir vers midi et m’y rendre pour 12h45 en autobus.
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| On dirait une photo de carte postale… et c’en est une. Des cartes postales vendues à Eguisheim offrent cette prise de vue. Mais c’est moi qui l’ai prise. |
Le coin est magnifique. La vigne et les montagnes entourent le village où une bonne partie des commerces sont des caveaux de vente et dégustation de vin. Les vieilles rues du village médiéval sont circulaires, et elles ont déjà été entourées de fortifications. C’est très beau et évidemment, je me suis rendu au point de dégustation du domaine Beyer.
![]() J’ai vraiment aimé les rues circulaires d’Eguisheim. |
J’y ai dégusté du vin que l’on ne voit jamais au Québec et la femme qui sert les clients m’a donné toutes sortes d’informations sur les vins blancs et leur conservation. C’était agréable et fascinant. Le vin était digne des meilleurs crus alsaciens! J’ai acheté une demi-bouteille de riesling Les Écaillers de l’an 2000 pour ramener à Montréal. Ma grande surprise a été le Riesling Réserve 2003, un blanc au goût floral, ce que l’on trouve rarement pour ce cépage. Le Gewurztraminer 1999 était intéressant, le Pinot Noir 1997 exceptionnel et le Pinot Noir 2003 rafraîchissant.
Note intéressante pour un journaliste comme moi: le journal local qui s’appelle Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), qui est très lu, est à mon avis le genre de journal que l’on devrait trouver partout. J’ai vraiment aimé: beaucoup de nouvelles nationales et internationales, le tout réalisé avec sérieux, sans prendre le lecteur pour un con qui ne sait pas lire et qui ne s’attarde qu’aux faits divers spectaculaires.
La suite: L’horrible Nancy
Strasbourg, 2 au 4 septembre 2004 – J’ai vraiment pris mon temps ce matin. Je me suis levé tout juste assez tôt (8h30) pour ne pas manquer le déjeuner gratuit servi par l’auberge et je suis parti seulement vers 11h. Coup intelligent: je me suis évité d’avance un périple pénible pour le retour le 16 septembre, en transférant ma dernière nuit d’auberge de Strasbourg à Paris. Je n’aurai pas à me taper 4h de train le jour que je prendrai l’avion !

Le Parlement européen
Alors, pendant la journée, je me suis rendu dans le Nord de la ville pour visiter les institutions européennes. Il faut dire que Strasbourg est la capitale de l’Europe, ou siègent le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme. Ville auparavant disputée et située dans une région où se trouvent plusieurs frontières, Strasbourg est devenu un symbole de paix. Les bâtiments sont bien beaux (quoi que le Palais des droits de l’homme est architecturalement horrible) mais on ne peut y entrer. Eh bien…

L’entrée du parc de l’Orangerie, visité un peu avant les institutions européennes.

J’ai adoré cette vue au parc de l’Orangerie.
Je suis retourné vers les vieux quartiers pour flâner et souper. Avant de retourner à l’auberge, j’ai envoyé un message pour suggérer à Chris d’aller au pub Au Brasseur pour prendre une bière vendredi soir, et il m’a dit qu’il irait même ce soir. Pourquoi pas ? Vaut mieux prendre une bière à deux que seul…
Une fois rendu sur place (cet endroit existe aussi à Montréal !) il m’a présenté un camarade (Olivier) qu’il venait de rencontrer a l’institut Berlitz, où il apprend le français. Le gars s’appelle Olivier et c’est un Français qui essaie d’apprendre l’anglais. Nous avons pris une bière à trois et bouffé de la tarte flambée. Étonnamment, Olivier a tenu à payer une grande partie de la note. Il nous a dit que dans la vie, les amis paient chacun à leur tour et qu’au bout du compte, personne n’y perd. Cette conception des choses est très intéressante, et ça me fait dire que l’on devrait tous être moins «pognés» dans nos manières, surtout quand on connaît des gens qui sont en visite au pays.
Et vous auriez dû nous voir aller ! Un Canadien qui parle français et anglais, un Britannique qui parle bien anglais et baragouine le français et un Français qui fait l’inverse. Je faisais le pont entre les deux, qui gesticulaient pour s’aider à comprendre.
C’est drôle de voir à quel point on peut avoir du fun avec des gens que l’on rencontre en voyage. Les liens se tissent rapidement et on s’amuse beaucoup !
Olivier a une voiture et il a insisté pour nous reconduire et nous éviter un parcours en tramway et en autobus. Chic ! Il nous a suggéré d’embarquer avec lui samedi pour qu’il nous montre la petite ville d’Obernai, une localité pittoresque sur la route des vins d’Alsace. Nous y allons donc à trois !
Scène amusante à l’auberge: trois jeunes Allemandes (15 à 19 ans, je dirais) qui font partie d’un groupe ont essayé de flirter avec les gars qui assurent la sécurité des environs en raison du Festival des deux rives… et qui ont à peu près 20-22 ans. Elles sont entreprenantes; ces ados !
Vendredi 3 septembre
J’ai été extrêmement paresseux. Je suis resté couché jusqu’à 10h30 et je ne suis parti qu’à 12h30 vers la ville. Et je n’ai fait qu’une chose: la promenade commentée en bateau-mouche. On a droit à une belle vue sur les plus beaux endroits de Strasbourg. et ça se fait sans effort.
Pour la soirée, le programme a été assez simple: souper et rejoindre Chris pour aller prendre une bière à Kehl en Allemagne. Comme moi, il s’étonne de voir qu’on puisse traverser la frontière à pied, mais tout le monde trouve ça assez fascinant.
Chris et moi sommes partis du centre de Strasbourg en autobus car une des lignes mène directement là-bas… c’est moins long. C’était drôlement calme dans les environs – même sur les terrasses – mais j’imagine que les gens ne sortent que vers la fin de la soirée et non dès que la noirceur s’installe.
Nous avons pris une bonne bière sur une terrasse et aussi dans le petit bar où j’ai trouvé la Jever l’autre soir. Nous avons bien apprécié l’expérience de se rendre dans un pays voisin comme ça, et même si les deux endroits visités n’étaient pas les plus «hot» de la région strasbourgeoise, on a eu du fun !

Samedi 4 septembre
J’ai vraiment passé la journée sur la route. Olivier, Chris et moi nous sommes rencontrés à une station de tramway – Chris et moi nous sommes rejoint au Café Brant pour relaxer un peu avant – afin de aller visiter des villages de la route des vins (comme Obernai) en voiture. Nous sommes passés rapidement dans quelques villages comme Ribeauvillé, jugés intéressants mais moins que d’autres…
Il faisait soleil et la température était chaude. La route était étroite et on voyait des vignes partout autour. La région des vignobles est très belle, surtout quand il fait aussi beau.

Les vignes le long de la route des vins, avec les Vosges en arrière-plan.
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| Une petite partie du château du Haut-Königsbourg. |
Nous nous sommes arrêtés en premier au château du Haut-Königsbourg, à 800m de hauteur dans les montagnes surnommées les Vosges. Le gros château en grès rose est beau et fortifié. Il offre une belle vue sur les montagnes dans les environs. Il a fallu marcher un peu pour se rendre sur le haut de la montagne et entrer, mais ça valait le coup.
Une fois redescendus, nous sommes allés à Riquewihr. C’est minuscule mais les maisons à colombages et les petites rues sont typiques des villes médiévales de la région. Nous avons fait une petite dégustation de vins blancs au point de vente de la maison Baumann, sur la rue principale. Les vins sylvaner, riesling et gewurztraminer de cette maison sont trop légers, surtout le riesling qui semblait dilué… mais le gewurz était décent et j’en ai acheté une bouteille pour 7 euros. C’est pas cher pour un vin de qualité moyenne.
Prochain arrêt: Kaysersberg. Un petit village typique de l’Alsace et moins touristique, donc facile à visiter.
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| Une petite rue pittoresque de Riquewihr. |
En début de soirée, notre dernier arrêt a été Obernai, une splendide petite ville que je n’ai pas photographié en raison de la noirceur qui commençait à s’installer.
Nous y avons soupé en commandant chacun une choucroute garnie (garniture: saucisses, patates, jambon) avec une bouteille de riesling pour les trois. C’était succulent. Chris et moi n’avons pu terminer notre choucroute alors que notre copain français a réussi à engouffrer la sienne !
En fin de soirée, nous sommes retournés à Strasbourg et c’était un peu la croisée des chemins. Je partais vers Colmar le lendemain, Chris commençait ses vrais cours d’architecture lundi avec un horaire chargé et Olivier continuait son train-train quotidien. Mais l’expérience de ces rencontres aura été amusante !
La suite: Colmar et Eguisheim
Strasbourg, 30 août 2004 – Ouf ! Quel départ ! Je suis parti trop tôt avec mon «lift» le 29 août (vers 19h30) et je suis arrivé à Mirabel seulement 30 minutes plus tard. Pour faire exprès, l’avion qui devait partir à 23h10 a officiellement été retardé à 1h15 pour partir en réalité à 2h.
Une fois en vol, tout s’est bien passé. Le service à bord de l’avion de Corsair était excellent et les employés très courtois. J’étais assis juste à côté d’un couple montréalais d’origine asiatique qui m’a cuisiné avec des tas de questions quand ils ont reconnu mon nom, vu régulièrement dans un journal plutôt connu pendant l’été. Pas toujours facile d’être journaliste car ça attire la curiosité des gens !
Je n’étais pas vraiment nerveux à l’idée de prendre l’avion. Comme c’était la deuxième fois et que j’en faisais l’expérience, je considérais que c’était un mal nécessaire, surtout en raison de la durée du vol et de l’arrivée en plein jour.
Je suis donc arrivé à l’aéroport Paris-Orly à 14h (heure locale, 6h de différence avec Montréal). Sachant que le déplacement était loin d’être terminé, je n’ai passé aucun temps à explorer la capitale. J’ai pris une navette d’autobus vers le métro pour arriver à la gare de l’Est vers 16h. J’ai dû attendre trois quarts d’heure, sautant dans le train vers Strasbourg à 16h45.
J’étais satisfait de prendre le train parce que je suis très à l’aise avec les trains européens, qui sont rapides et efficaces. Fatigué en raison du décalage horaire, j’ai dormi comme un bébé et je suis arrivé à destination à 21h.
C’est là que les choses se sont compliquées… À la gare de Strasbourg, tout était fermé, sauf pour un minuscule dépanneur. Je venais de traverser l’Atlantique et de faire quatre heures de train pour arriver à Strasbourg, en plus d’avoir faim.
J’ai trouvé le plus rapidement possible mon chemin vers l’auberge de jeunesse en autobus, mais ça a quand même pris une heure, incluant une marche d’environ 10 minutes sans être vraiment certain que j’allais dans la bonne direction. Les passants à qui je demandais des renseignements semblaient éviter de parler aux inconnus et je n’avais pas encore de carte pour me retrouver.
Quand je suis arrivé à l’auberge de jeunesse, la réception semblait fermée, mais il y avait du personnel qui m’a servi et donné ma chambre. Une chance, car je n’avais pas de réservation ! J’avais décidé de «jouer sans filet» pour ce voyage au lieu de tout prévoir au quart de tour…
Je suis entré dans la chambre et un rouquin Britannique était couché, en train de lire. Dans un état de fatigue et d’exaspération, j’ai déposé mes affaires. J’ai à peine été assez poli pour dire à mon camarade de chambre que je venais d’arriver, que j’avais faim et que je tenterais de ne pas le réveiller à mon retour. Il a été très compréhensif.
Je suis parti à pied pour trouver quelque chose à bouffer et ça n’a pas été facile. Certains restaurants étaient ouverts pendant que l’autobus se rendait en direction de l’auberge, mais ils ne l’étaient plus une fois que j’y allais à pied. C’était un lundi soir d’août après 11h… rien ne semblait ouvert !
Il a fallu que je marche une heure et un quasi-retour au centre de la ville pour trouver un petit resto turc ouvert. Je peux vous dire qu’un steak bien ordinaire et une salade ont semblé sublimes après une bonne demi-journée sans manger. Même la Meteor Pils, un peu fade pour une pilsner, était assez bonne dans les circonstances. Et je suis revenu à l’auberge à… 1h du matin ! Sur mon passage, j’ai vu pas mal de prostituées dans les rues. Elles étaient très visibles, surtout dans les environs des ponts. Coudonc, Strasbourg la nuit, c’est un marché public de peau ?
La leçon à retenir: Strasbourg, comme la plupart des villes du monde, devient très calme le soir et il faut arriver avant 19h pour trouver des magasins et restaurants ouverts. Si au moins mon vol était arrivé à temps…






