Ainsi, les gens qui ont joyeusement tapé sur Apple il y a quelques semaines lors de l’Antennagate ont eu tort. L’iPhone 4 a contribué à une forte hausse de profits pour l’entreprise à son plus récent trimestre. Même que si Apple avait pu fabriquer plus de téléphones, les chiffres auraient été meilleurs que les 14,1 millions d’unités vendues.
Comment expliquer cela ? Il n’y a pas si longtemps, bien des médias s’en sont donné à coeur joie pour dire que l’antenne du téléphone en faisait un appareil peu fiable parce que si on la touchait, le signal faiblissait. Même si l’iPhone 4 était le mieux coté de tous les téléphones évolués, Consumer Reports ne recommandait pas son achat.
Pourtant, ce qui compte pour le succès d’un produit est l’expérience de l’utilisateur, comme certains disent dans le milieu des communications. Si les acheteurs d’iPhone 4 avaient été déçus de leur téléphone, ils auraient profité de l’offre de remboursement d’Apple.
Or, un sondage qui a été publié au début d’août par la firme de recherche ChangeWave était clair. Environ 93% des clients étaient satisfaits de leur iPhone 4. On parle de 72% «très satisfaits» et 21% d’«assez satisfaits». Une majorité soviétique.
Personnellement, je suis convaincu que certaines des critiques ont été faites par deux types d’observateurs.
Le premier est quelqu’un de conformiste qui trouve Apple trop flyée, qui attend depuis des années que le fabricant trébuche afin de lui taper dessus. Une crise médiatique était l’occasion parfaite pour dire que son iPhone n’était que de la «schnoutte» après tout. Même si 93% de ses acheteurs sont satisfaits.
Le deuxième, c’est la publication opportuniste qui s’appelle Consumer Reports. J’ai remarqué, au fil des ans, que ce magazine profite de la tourmente pour se faire de la publicité. Elle a fait le même coup à Toyota lors des rappels, malgré de longues années à vanter la qualité de ses produits. Elle a fait le coup à Starbucks lors de la remise en question de son modèle d’affaires, se dépêchant de qualifier son café de moins bon que celui de McDonald’s. Uh-hum.
C’est aussi le magazine qui publie un texte sur les meilleurs hamburgers…
M’enfin. Que penser de la gestion de crise d’Apple, qui a offert un étui gratuit à ses clients pendant un temps limité et minimisé le problème lors d’une conférence de presse de Steve Jobs ?
J’ai demandé à Patrice Leroux, un ami qui enseigne les relations publiques à l’Université de Montréal, de me donner sa réaction à chaud, le jour de la conférence.
Voici ce qu’il a répondu :
«Quant à moi, c’est un hit surtout pour les inconditionnels d’Apple. J’ai trouvé que ce n’était pas une mauvaise idée que de présenter la courte vidéo amateur (d’un utilisateur comme toi et moi ?). Même si on dirait que le gars a l’air un peu “gelé”, (contrairement à toi et moi OU est-ce l’effet du fond d’écran vert ?) il y a une authenticité assez désarmante dans sa petite toune… Il s’est occupé de l’aspect plus émotif de l’histoire.»
«Curieusement, ajoute Patrice, Jobs se réserve l’aspect rationnel avec ses “hard data”. Habituellement, il raconte une histoire… Je dois dire que les quatre phases demeurent assez convaincantes…»
Résumons les quatre phrases. Jobs a expliqué que pratiquement tous les téléphones perdent une partie du signal quand un doigt se pose sur l’antenne. La proportion de 0,55% des appels placés chez AppleCare concernant l’iPhone 4 semblait convaincante. Le taux de remboursement de 1,7%, très faible, était aussi un gros argument. Enfin, un seul appel sur 100 coupé par un problème de signal, ce n’est pas mal du tout.
Bref, la réponse factuelle semblait solide. Les chiffres de ventes ont suivi. La fausse crise s’est produite pour rien.
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Praha et Decin, 11 et 12 octobre 2010 – Dernier bout de voyage pour cette année, malheureusement. Au lever, je choisis de toute évidence Bohemia Bagel pour déjeuner afin de répéter l’expériences oeufs brouillés. Trop délicieux.
Comme je me suis levé plus tard que la normale pour confirmer l’heure à laquelle les Italiens et moi nous verrions pour le souper, je dois rusher pour attraper un train vers Decin. Le premier est impossible à rejoindre. Un deuxième part 30 minutes plus tard d’une gare secondaire que je peux trouver à pied. Le délai est serré et les gens qui vendent les billets ne sont pas rapides mais je monte à bord juste à temps. Ouf.
Deux heures plus tard, je suis à Decin. J’ai environ quatre heures pour visiter et reprendre le train à temps pour rentrer à Prague. Il faudra donc être sommaire. Ça tombe bien, cette ville se fait bien et le coeur historique est pas mal compact.
Sur mon chemin, le premier attrait est petit. C’est un pont de pierre qui fait penser au pont Charles, mais en format miniscule. Cute.

Le pont de pierre de Decin
Je tombe sur un lac que je présume artificiel, où des cygnes et des canards se jouent dans le plumage. Pendant qu’ils font ça, le centre historique est reflété dans l’eau. Ça donne de la gueule à cet endroit.

Une belle vue sur le petit lac

Le square central est assez typique des villes est-européennes, avec un look légèrement plus moderne.

Masarykovo Namesti
Je passe ensuite par le château romanesque, principal attrait de Decin. L’entrée en matière est excellente avec une longue montée piétonnière longée par des murs.

La montée vers le château

Une fois rendu en haut

La vue de l'extérieur
Rendu en haut, je visite un petit jardin de roses placé de façon très stratégique. On y voit de très beaux éléments visuels urbains derrière les fleurs. Ça donne, ma foi, d’excellentes photos.

Une bonne première photo

La vue sur la ville en arrière est superbe

Concentrons-nous sur les fleurs

Une de mes plus belles photos de fleurs à vie

Un peu de rouge pour terminer le travail
Je sors de cette promenade montante pour examiner la façade du château. Magnifique. On dirait que j’ai une fixation pour les édifices et monuments dotés d’une grosse horloge. Ça donne une touche de classe. Ce qui est encore mieux est que la lumière du soleil frappe la façade de plein fouet, ce qui donne les meilleures photos possibles. Si j’avais été là en matinée, j’aurais eu à composer avec un contre-jour, ce qui met rarement un sujet en valeur.
On s’arrête quelques instants pour un sandwich et il faut se diriger vers la gare de train. Le temps est moins serré que je croyais car un train me mène à Prague vers 17h30. Ça me donne 90 minutes avant d’avoir à rejoindre les Italiens. À bord du train, je me trouve dans une cabine de six sièges avec un Chinois et deux Allemandes âgées. Les trois sont vraiment intectuellement allumés, surtout les deux Allemandes qui sont prêtes à visiter le pont Charles à 4 heures du matin pour éviter les foules. Si elles font ça, elles ont mon admiration et c’est comme ça que je veux vieillir. Elles m’ont pris pour un Allemand en raison de mon sac du FC Bayern. Sont surprises de savoir que les matchs de la Bundesliga sont diffusés au Canada. Encore plus quand je leur dis que l’Allemagne a été très suivie ici pendant la Coupe du monde.
Le Chinois, lui, pensait que j’étais un Tchèque en raison de mon iPhone pleinement fonctionnel. Bref, je passe pour tout sauf pour un Canadien ou un Québécois…
Je profite du temps libre à la sortie du train pour aller acheter les derniers souvenirs que je veux amener chez moi et les cadeaux que je veux remettre à des proches. Voyager, c’est aussi gâter les autres. Pour me gâter, je passe par l’Absintherie, où l’on trouve toutes les variétés possibles d’absinthe mais surtout une expertise pour conseiller le voyageur. Une bouteille d’absinthe pour moi :-)
Je rejoins les Italiens à l’auberge à 19h. On me demande si j’ai une idée de resto. Évidemment, car j’ai toujours un plan. Je leur suggère d’essayer un resto de la brasserie Branik. C’est tchèque avec des menus seulement en langue locale et un staff qui n’est vraiment pas habitué de servir les étrangers. De l’authentique, finalement. Comme c’est seulement à 10 minutes de marche, l’idée leur plaît.
Rendus sur place, il faut se débrouiller comme on peut pour commander avec un serveur qui n’est pas habitué aux voyageurs, mais c’est réussi. Je leur suggère le Halusky, que j’ai eu le plaisir de découvrir quelques jours plus tôt. Ils disent être difficiles à satisfaire pour la bouffe mais que ce plat leur plaît. Excellent. Mon jambon avec crêpes de patates est aussi réussi. Le seul point faible est la bière Branik. Le goût est bien trop léger, trop peu de houblon en bouche. À éviter.
Mes compagnons de soirée disent qu’ils veulent essayer l’absinthe pour finir les choses mais ne savent pas trop où aller. Ça tombe bien car moi, je sais où ça se passe, précisément à l’Absintherie visitée il y a quelques heures. Il y a une salle de dégustation.
L’absinthe est un spiritueux qui comprend 70% d’alcool. La serveuse nous prépare le drink de la façon suivante : elle met l’équivalent d’un double espresso dans un verre et dépose une cuiller trouée dessus, avec un cube de sucre. Elle arrose le cube légèrement avec de l’absinthe. Elle fait flamber le liquide dans le verre et le carré de sucre sur la cuiller. Elle éteint après 30 secondes, met le sucre dans le verre et mélange. Elle transverse dans un verre propre et sert aux clients.
Le goût ? Évidemment, les 70% d’alcool font en sorte que ça chauffe, mais le principal arôme est celui de l’anis. Il a une très bonne durée en bouche. De toute évidence, il faut prendre de petites gorgées et non prendre ça d’un coup.
On essaie rapidement la crème glacée à l’absinthe, par curiosité. Ça goûte pas mal fort au début mais après quelques cuillers, c’est la texture de la crème glacée qui domine. Pas mal.
Ça résume assez bien la soirée. Les gars qui lisent ceci seront déçus car c’est davantage une sortie de groupe qu’un flirt avec les Italiennes qui s’est produit. Désolé mais c’était pas le contexte ;-)
Le lendemain, le 12 octobre, les Italiens rentrent chez eux et moi, je prends mon vol pour Montréal.
Tout se finit sur une boutade dans l’aérobus Airport Express, qui passe de la gare centrale de Prague vers l’aéroport. Vers la fin du trajet, l’autobus ralentit et on remarque que c’est un accident de voiture qui bloque partiellement le traffic. Heureusement, c’est un simple accrochage qui endommage le coin avant des deux voitures. Les deux gars en cause sont blasés pendant que la police rédige son rapport. Sentant l’occasion, je fais un “thumbs up” à un des gars, qui me fait une face voulant dire “ben oui, j’ai eu un accident, que veux-tu ?”. Éclat de rire généralisé dans l’autobus. Ça me vaut même qu’une jolie blonde tchèque qui était à bord vienne me saluer au moment de débarquer. Je crois qu’elles apprécient l’humour, même si ironique ;-)
Malgré l’annulation de vols en Europe en raison de l’appel à la grève générale en France, mes Prague-Paris et Paris-Montréal sont à l’heure.
Et moi, je ne pense qu’à repartir en voyage le plus tôt possible !
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Praha et Kutna Hora, 9 et 10 octobre 2010 – Encore une grosse journée de transport. Je pensais prendre l’avion de Kosice à Prague mais le prix est prohibitif et aucun transporteur à rabais ne fait ce trajet. Donc 8 heures de train à se taper. Yark.
Au moins, j’ai l’idée de prendre celui de 8h39 pour arriver avant 17h. Ce qui fait en sorte que j’ai plus d’énergie pour finir la journée.
L’être humain étant ce qu’il est, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu des moments emmerdants. Par exemple, trois policiers arrivent et c’est la femme parmi eux qui demande mon passeport sur un ton agressif. Je lui fais un air blasé et lui donne mon passeport. Elle cherche les bibittes. Elle me dit de ne pas mettre mes pieds sur le banc d’en face. Je les enlève et lui fait un air voulant dire “t’es pas supposée prévenir le crime au lieu de jouer la matante qui protège son divan des pieds des visiteurs ?”. Mais elle tient à s’affirmer, et peut-être à intimider pendant que ses collègues de contentent d’examiner mes papiers. Elle répète ses directives, toujours agressive, deux fois. Je lui fais un air bête du gars qui compte jusqu’à 10 avant d’exploser. Elle finit par comprendre que je ne suis pas d’humeur à me faire bousculer, et me fiche patience. On me redonne mes papiers et les polices s’en vont. Le client honnête qui commence à grogner, ça marche toujours.
Enfin arrivé à Prague, je me rends à l’auberge où j’ai une réservation. Je dépose mes affaires et ressors pour quelques commissions et un souper plus tôt que d’habitude, n’ayant que peu mangé dans le train. Ouf. C’est samedi en début de soirée et Prague est un véritable cirque touristique. Une mer de monde envahit les quartiers centraux, au point où c’est désagréable. Évitez cette ville les week-ends quand il fait beau. Ce soir, ya un paquet d’Écossais en kilt et des gars portant le maillot de l’équipe d’Angleterre. Forcément, il y a eu du foot cet après-midi. Sinon, les Brits sont en mode affirmation. Ils devraient patrouiller les trains, tiens.
Où souper ? Tout ce qui est intéressant est plein à craquer et la foule n’est pas trop agréable. Je dois chercher dans les rues en périphérie afin de trouver un petit resto sympa. J’y essaie une de leurs spécialités : steak de porc, patates provençales, haricots verts, oignons, chou et autres légumes. Très bon et meilleur pour la santé que bien d’autres trucs servis dans les environs. Plus moderne, aussi, donc probablement plus aligné sur les goûts contemporains locaux.
Je voudrais bien aller prendre une bière pour relaxer mais les British ont envahi tous les pubs. Même les plus obscurs. Dodo.
10 octobre
Lever vers 7h30. Faut partir vers 10h pour aller à Kutna Hora en train. Il y a trois filles et un gars, tous dans la vingtaine, dans la même chambre que moi. Pour une fois, je sors sans réveiller qui que ce soit. C’est un miracle car la porte de mon locker est collée sur l’oreiller d’une des filles. Même si j’ouvre le plus doucement possible, ça fait bouger, mais aucune réaction de sa part. Je gage qu’une bombe tomberait à côté d’elle et elle ne ferait que se retourner !
On passe par Bohemia Bagel pour le déjeuner du champion. Oeufs brouillés, mini-bagel, fromage à la crème, patates, bacon et tomate avec un grand cappuccino. Hahaha.
Après une marche vers la gare, je prends le train vers Kutna Hora. Il me mène à destination à 11h. En sortant, je marche une trentaine de minutes. En me rendant vers la cathédrale, je prends des photos des façades d’églises, des squares et de toute autre chose qui capte mon attention. Le square principal est typique des petites villes d’Europe centrale.

Une petite église colorée à Kutna Hora
La cathédrale gothique Ste-Barbara rivalise supposément avec celle de Prague. Allons voir. Le chemin qui y mène est magnifique et la vue sur la ville l’est tout autant. La cathédrale elle-même est so-so, comme on dit. Très grosse mais trop austère. Il manque de raffinement à l’intérieur. Les petites églises orthodoxes et les autres cathédrales européennes lui sont supérieures. Je m’attendais à plus.

Cathédrale Ste-Barbara, Kutna Hora

L'intérieur de la cathédrale
Pour finir la visite, je passe par la Cour italienne, près d’un édifice assez élégant. Je veux prendre une photo parfaite de l’ensemble mais des troupeaux de touristes ont d’autres plans. Ils me passent en pleine face, se plantent aux pires endroits, faisant en sorte qu’on ne verrait qu’eux dans la photo. Et ce malgré quelques interventions et signes de ma part, leur demandant de “clearer le chemin” ne serait-ce qu’un instant. Mais comme les troupeaux qui broutent, ils me font des faces perdues. Je finis par en avoir marre et je lève les pattes.

La cour italienne
Une heure de train me ramène à Prague. Une corvée de lavage s’impose mais quand je dois la faire, il reste peu de temps avant la fermeture du seul endroit accessible… dans le 2e arrondissement. Ce qui n’est pas à la porte pour le piéton. Ce qui est ridicule est de devoir se taper 10 $ de taxi pour arriver à temps et laver/sécher son linge. Mais bon. Je peux ensuite rentrer en métro, dont le réseau est supérieur à celui de Montréal. Comme les Tchèques ont l’esprit d’entrepreneur, je gage qu’ils ne niaisent pas pendant quatre ans quand ils ont besoin de renouveler leurs wagons.
Eh que je suis bougon aujourd’hui ;-)
Pour me remettre d’humeur, je fais connaissance de mes co-chambreurs en revenant à l’auberge. Je m’aperçois à quel point chacune des trois Italiennes est charmante, et que le chum d’une d’entre elles (qui voyage avec elles) est bien sympa. C’est bien la première fois que je m’entends avec des Italiens sur la route. Après une heure de jasette et de préparation pour ressortir, je suggère qu’on aille souper demain, ce qu’ils acceptent volontiers. Ça va faire changement de socialiser un peu, ce que je n’ai étonnement pas encore fait dans ce voyage. Avouons aussi que la compagnie féminine que j’aurai ne fera que rendre ça agréable.
J’ai pris tellement de temps pour ressortir qu’il est passablement tard pour une bouffe. Je dois me contenter d’une pizza dans un endroit ouvert tard.
La suite : Le charme de Decin et une belle fin de voyage à Prague
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Kosice, 7 au 9 octobre 2010 – Sorti du lit vers 8h30, je suis surpris qu’aucun pleur d’enfant ne m’a réveillé. Vraiment, car la fille de celle qui est aussi dans l’auberge est de type bruyant.
Routine habituelle mais je me fais un déjeuner assez complet. Oeufs, pain, bananes et yogourt vont me donner ce qu’il faut pour les heures de déplacement en train. Je fais mes bagages, le gérant de l’auberge vient se faire payer et je pars.
Comme l’est de la Slovaquie est peu accessible, il me faut emprunter plusieurs trajets en correspondance pour me rendre à Kosice. J’y suis vers 18h. Le temps de débarquer et de me rendre vers l’auberge, il fait déjà noir. Le passage entre la gare et l’auberge n’est pas le plus rassurant. L’éclairage de soir est étonnament faible dans cette ville et le boulevard compte quelques passants à la gueule douteuse. Même l’auberge a l’air un peu bizarre quand on est dans cet humeur. Mais bon, j’ai une chambre propre et je peux partir souper.
Je vais dans le quartier historique, ce qui améliore les choses grandement. Encore une fois, j’opte pour la simplicité avec une pizzeria. La pizza diablo épicée est excellente et la Pilsner Urquell fait toujours le travail.
Complètement amorti par la journée de train, je me contente de lire un livre avant de dormir.
8 octobre
On se lève, on fait la routine matinale et il est temps de sortir en ville. Heureusement, le décor de bois et de verdure du lobby de l’auberge a l’air plus sympa par temps ensoleillé.
Aujourd’hui, c’est plus relax que d’habitude. Flânage dans les quartiers centraux, qui sont la seule vraie attraction de Kosice.
Namesti Slobody et Hlavne Namesti sont les deux principales places publiques, situées dans une rue principale très large, longue et piétonnière. La cathédrale Ste-Élizabeth est très jolie, sa tour se démarquant de bien d’autres avec des décorations dorées.

Hlavne Namesti

Cathédrale Ste-Élisabeth, Kosice
La chapelle St-Michel et la colonne de la peste complémentent bien pour les monuments. Deux petits parcs sont bien aménagés. Celui qui finit à l’édifice du musée est le meilleur. Des haut-parleurs font entendre de la musique classique et une fontaine projette des jets d’eau assez rythmés. C’est bien intéressant, tout ça. Malheureusement, le trop faible éclairage donnera un flop total pour les photos de nuit.

Le musée de Kosice

La fontaine rythmée devant le musée
Je m’arrête à un café Piazza D’Oro en début d’après-midi, car je n’en ai pas encore eu. Un cappuccino et une gâterie je ressors pour marcher dans la vieille ville, explorant les petites rues et les boutiques. Ça donne un après-midi plus calme que les autres. Parfois, le touriste a besoin d’une journée plus simple.
Quelques achats au supermarché permettent de se procurer de la bouffe pour la longue journée de train de demain, car je retourne à Prague afin de m’y installer. Je finirai le voyage en faisant deux sorties d’une journée dans des localités environnantes. Ce seront Kutna Hora et une autre encore à décider. Je vais déposer les trucs dans ma chambre et je repars marcher un peu.
C’est le début de la soirée et j’ai peu mangé aujourd’hui. C’est le temps de se taper un bon souper. Je choisis Keltse Krcm, un resto à la thématique celte. C’est vraiment différent. C’est sombre, éclairé à la chandelle, avec des plafonds et des murs qui semblent sortir tout droit de l’Antiquité, à l’époque des chevaliers. Ma commande est toutefois divergente. Je me laisse tenter par un chilli con carne et de l’eau pétillante pour faire changement. Bonne bouffe à bon prix.

Pour faire changement.
La suite : L’insuffisance de Kutna Hora
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Banska Stiavnica, 5 au 7 octobre 2010 – Méchante journée de déplacement. Je me lève vers 8h30, je fais mes bagages et je sors pour prendre le déjeuner.
Voulant répéter l’expérience d’hier, je fais une petite recherche pour trouver un Bagel & Coffee Story proche de mon emplacement. Comme il y en a un à 5 minutes de marche, je me mets en route. Je prends la même chose que la première fois car c’est trop bon. Un solide déjeuner aidera à faire les heures de train sans avoir faim.
Je ressors et me dirige à la gare de train. Le mien part dans le bout de 11h pour Banska Stiavnica. Ça n’a pas la renommée internationale de Prague mais le gars qui gère l’auberge d’Olomouc me l’a recommandé, me disant que je ne regretterais pas. C’est une ville médiévale qui a gardé son caractère d’origine. Elle a été fondée pour l’exploitation de mines d’argent.
Le trajet prend trop de temps car par manque d’indications, je manque la station où se trouve ma correspondance. Je dois rebrousser chemin et passer trois heures dans le bled de Hronska Dubrava. Rien à voir, la gare est vide quand aucun train n’est autour, et mettons que le resto n’a rien pour attirer les clients. Je lis pour tuer le temps.
En début de soirée, je me trouve finalement à destination. Je prends un taxi pour aller à l’auberge et sur la route, nous traversons une bonne partie de cette petite ville escarpée. Descendre sera facile mais remonter demandra un petit effort. Le premier coup d’oeil est toutefois mitigé car il pleut et fait assez froid. On va prier les dieux du soleil avant de dormir.
L’auberge, c’est une maison médiévale divisée en trois chambres, avec salles de bain, cuisine et salon. Je suis le seul client ce soir, ayant toute la place. C’est calme comme tout et la vue sur la ville est parfaite. J’ai l’hôtel de Ville et le vieux château devant moi quand je suis sur le balcon. Parfait.

Une vue sur Banska Stiavnica à partir de mon auberge le soir.
Je sors pour le souper. Je veux quelque chose de simple, alors je choisis une des multiples pizzeria. Pizza mexicaine (sauce tomate, sauce épicée et fèves noires) et une bière feront l’affaire. Mais la bière de marque Steiger est vraiment fade. Tout un flop. Mais comme ça ne coûte presque rien, on termine l’assiette et on passe à autre chose.
Passablement amorti par une journée passée dans les trains et les gares, je rentre pour lecture et dodo. Le sommeil me remettra en condition d’explorer.
6 octobre
My God, ce qu’une longue nuit dans la quiétude fait du bien. Non seulement ai-je dormi mais en plus, c’est du pur soleil qui entre par les fenêtres. La plus belle journée depuis que je suis sur le continent. Le premier coup d’oeil sur le balcon donne envie de sortir au plus vite.

Impressionnant, et d'un autre temps

Dans une autre direction...
Mon déjeuner est poche car ce sont de petits trucs ramassés à une petite épicerie dans le milieu de la ville. On se tapera un vrai déjeuner demain.
Une fois sorti, je descends vers le coeur de la ville. Le soleil donne un jeu de lumière et d’ombre intéressant partout. Banska Stiavnica respire aussi la lenteur. Ce qui fait le plus de bruit ou d’activité est de voir des travailleurs refaire des parties d’édifices qui ont visiblement été démolies pour remettre à neuf.

Les rues de la ville médiévale

Au beau milieu de la ville
Je commence par le vieux château. Son look épuré et vieilli lui donne une authenticité rare. Imprécision dans les fenêtres des tours, formes imparfaites. C’est agréable à découvrir. Autour, il y a l’hôtel de Ville, dont j’apprécie particulièrement l’horloge. Derrière, une énorme colonne de la peste paraît aussi très bien.

L'horloge de l'hôtel de Ville, près du vieux château

Le vieux château

Le vieux château, un peu plus à l'intérieur

La Colonne de la peste
Le nouveau château est tout aussi simple au niveau du design. Les différences se limitent à la couleur et à l’usure. Le reste est de la continuité.

Nouveau château, Banska Stiavnica
N’ayant pas encore pris de café, je repère l’Art Café sur mon chemin. C’est une belle occasion de s’arrêter. Je demande un cappuccino, qui est probablement le meilleur dégusté depuis un bout de temps. Un croissant au chocolat me fait des clins d’oeil. Je fais bien de me laisser tenter car son goût de chocolat noir est simplement écoeurant.
Le jardin botanique ne fait pas partie de ce qui est recommandé de visiter mais comme je le vois sur la carte, je veux quand même y aller. Belle idée car il est fait en pente et la lumière du soleil le fait vraiment resplendir. C’est vert, sobre et beau. Tout le long de ces visites, je ne vois à peu près pas de touristes, malgré l’intérêt mérité par les lieux. Il y a bien des gens qui manquent quelque chose en ne visitant que les destinations célèbres. La seule langue étrangère que les gens sont capables d’utiliser pour me répondre est l’allemand.

Beau et paisible



J’aperçois un château qui doit bien être à deux kilomètres en ligne directe. Fait de pierre et surfaces rouges, il doit valoir la peine d’un détour. D’attaque, je marche dans sa direction mais après quelques vérifications sur Google Maps, il n’est pas accessible à moins de lui consacrer une demi-journée pour y aller par les sentiers et revenir. Encore là, ça ne doit pas être ouvert pour des visites en raison de l’accès restreint. Tant pis, je renonce.

Très beau mais peu accessible
Le reste de mon parcours ne permet pas de découvrir des monuments, mais d’apprécier le calme et la lenteur de cette petite localité. Ça doit être difficile d’y vivre en exerçant une profession que l’on aime mais pour une journée ou deux de tourisme, c’est un franc succès.
On achète quelques trucs au supermarché dans le bas de la ville pour se taper un vrai déjeuner demain, et on remonte la rue principale pour déposer des affaires à l’auberge.
À mon retour, le gérant vient ouvrir une des chambres pour une Slovaque et son enfant en bas âge. Boy… moi qui appréciais le calme hier, je crains le pire. Surtout qu’au premier contact, ça commence mal comme avec toutes les autres femmes slovaques vues jusqu’ici. Je suis assis dans la cuisine. Voulant simplement être poli et reconnaître la présence d’un autre être humain dans la périphérie, je dis salut et demande si elle est en voyage ici. J’ai droit à un “oui” des plus secs. Quelques minutes plus tard, elle tasse mes affaires de façon brusque sur le comptoir pour déposer les siennes. Décidé à imposer le respect, je lui dis “hey, laisse mes affaires en ordre”. Aucune réaction. C’est seulement quand elle perçoit que je me lève qu’elle prend finalement un instant pour réarranger mes trucs. Si une démonstration de fermeté est obligatoire pour se faire respecter auprès des femmes slovaques, je prends des notes ! Après, elle est devenue plus courtoise et ne m’a pas trop dérangé.
Patience après la foutue machine à laver pendant ses différents cycles, étendage de linge… Voyager n’est pas toujours très glamour. Mais si je veux souper l’esprit en paix et partir avec du linge propre, la corvée est nécessaire.
Après cela, une bonne bouffe est à l’ordre du jour. Le gars de l’auberge m’a chaudement recommandé la brasserie Erb pour un bon menu et une excellent bière locale. Alors j’y vais. L’endroit est magnifique. Murs et tables en bois tout neuf, équipements de brassage à la vue des clients, petite musique classique et service ultra courtois. Intéressant. Je commande une pinte de leur pilsner 12 degrés – les amateurs comprendront – et la saveur est tout à fait parfaite. Une explosion de houblon et de malt en bouche. C’est supérieur de peu à la Urquell, probablement parce que c’est plus artisanal.
Le steak de poulet est juteux, sa sauce poivre et bière ajoute un peu de piquant et les frites très croustillantes sont coupées de façon ondulée. Tout est de qualité ici. On profite de l’occasion pour savourer une bière de plus. Ils vendent des verres à leur marque qui sont extrêmement élégants. Un pour moi, un pour un ami. Aussi, une bouteille de leur pils fera son chemin jusqu’à mon frigo à Montréal. Mine de rien, je viens de claquer 29 euros alors qu’un bon souper dans un autre resto pourrait en coûter 10. Cette brasserie haut de gamme est toutefois la meilleure que j’ai visité. Ça vaut une exception.

Propre, moderne et de qualité

Cuisiné à la perfection
Ne reste plus qu’à prendre quelques photos de nuit avant de partir.

C'est toujours aussi beau le soir.


La Colonne de la peste resplendit davantage que le jour.
La suite : Petite journée relax à Kosice
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- The Girl with the Dragon Tattoo, c’est pas fait pour les coeurs sensibles, mais c’est un film à voir.
- Ya de ces fois où la réserve des journalistes t’empêche de dénoncer ce que tu vois et détestes. Grrrr.
- @CatherinePleau Bonne chance pour le retour au jogging ;-)
- @CatherinePleau Avec le coach que j’ai, frapper devient une torture, tellement ça épuise ;-)
- @CatherinePleau J’ai plutôt adopté la boxe il y a une dizaine d’années. Si je passe deux semaines sans gym, je capote !
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