Category: Allemagne 2007
2007
09.01

Munich, 31 août-1er septembre 2007 – Je me suis encore levé à 7h ce matin. C’est quoi, cette discipline de fer en pleines vacances ? ;-) Comme pour répéter l’expérience d’hier matin, je vais déjeuner avec la Japonaise qui dort dans la même chambre. Je suis surpris d’apprendre qu’elle s’en va vers la France aujourd’hui, alors qu’elle devait rester au moins une journée de plus.

Alors qu’on quitte tous les deux l’auberge, je fais exactement ce que j’espère qu’elle fera quand elle en aura l’occasion: je lui donne un petit coup de main alors qu’elle se demande comment faire un téléphone en France. Je vais lui montrer où se situent les “call shops”, ces endroits où on peut téléphoner et accéder à Internet pour la moitié moins cher qu’ailleurs. Elle semble assez surprise de voir que je suis prêt à faire un bout de chemin à pied pour lui montrer où c’est. Cette jeune femme a vraiment tout à apprendre de la solidarité entre voyageurs… faut s’entraider ! Anyway, j’ai trouve ma récompense dans les sourires qu’elle faisait, et dans le câlin qu’elle m’a donné alors qu’on s’est dit au revoir. Hihi.

Une fois les au revoir échangés, il est temps pour moi de prendre le métro et de me rendre à la gare centrale. S’il avait fait beau, j’aurais fait le chemin à pied, mais la pluie et le transport de bagages ne se mélangent pas très bien…

À 9h30, je saute dans un train qui part vers Munich, un trajet de quatre heures et demie. Oui, c’est un peu long. Je l’ai déjà dit, que l’Allemagne est un gros pays. Mais le train roulait vite, sans perte de temps. Par bouts, entre Nuremberg et Munich, cet InterCity Express roulait a 191 kilomètres/heure. On sentait le roulement sur la voie ferrée !

En débarquant à la gare centrale de Munich, je me sentais en terrain très familier. J’y ai tous mes points de repère, après tout. Je m’installe à l’auberge, je trouve une place pour bouffer un sandwich et je m’achète un peu de savon à lessive. Les gens de l’auberge ne me referont pas le coup de la machine a laver gratuite mais d’une pastille de savon a 5 euros. Un euro pour un sachet, ça fait quand même une économie de six piasses canayennes, sti. En faisant mon lavage, toujours une activité distrayante, je vois une Australienne qui se pointe dans la pièce. Tous les électroménagers sont dans la même pièce, et elle était là pour prendre son souper du frigo. Faut savoir que c’est la première personne d’Australie que je vois, une journée avant de terminer mon voyage. Alors que ces Australiens sont habituellement PARTOUT, je me demandais ce qui n’allait pas. En tout cas, la fille vise une profession originale. Elle veut devenir la personne qui manipule le sperme et l’ovule pour la reproduction en laboratoire. Spécial. Elle dit avoir étudié pour devenir vétérinaire mais s’être tournée vers les humains parce que nous sommes tous des animaux. Je lui dis que ça fait LONGTEMPS que je sais ça !

En fin de soirée, je sors pour souper. Je marche à partir de la Marienplatz, déterminé à trouver un resto méconnu des touristes. Je marche vers le quartier Schwabing, et j’aperçois une petite rue ou quelques néons brillent. Parfait… je tombe sur un bout de rue où des petits restos locaux sont ouverts. J’entre chez Atzinger, un resto-pub affilié à Löwenbräu. J’y commande une pinte de bière Hell (un style munichois fait notamment par Löwenbräu) et du porc avec des dumplings. C’est excellent. Reste que quand j’ai commandé ma deuxième bière, ça a pris une demi-heure avant qu’on me l’apporte. La serveuse ne semblait pas trop habituée a répondre à une forte demande… et pendant que j’étais là j’ai pas entendu un foutu mot d’anglais. Mission accomplie, j’ai trouvé un bon resto local non touristique.

Samedi 1er septembre

Eh oui, c’est déjà la dernière journée du voyage. Au lieu de me pogner le jambon, je décide de faire deux visites aujourd’hui. Je vais voir le lac Starnbergsee, qui est accessible par le réseau de S-Bahn. ça prend une demi-heure pour s’y rendre. Ensuite, je vais monter dans la tour de l’église Peterskirche, pour une bonne vue sur la Marienplatz. C’est nécessaire pour avoir enfin une bonne photo de la Frauenkirche et une vue des airs de la Marienplatz.

Mais avant tout, j’ai manqué de sommeil cette nuit. Le toton qui dormait dans le haut du lit superposé n’arrêtait pas de se virer de bord, toute la foutue nuit. Et il le faisait avec un peu trop d’énergie. Il faisait trembler la structure métallique du lit. Évidemment, moi, qui occupait la place près du sol, je n’arrivais pas a dormir. Des que je semblais sur le bord de finalement fermer l’oeil, il se remettait à bouger. GRRRRR ! En crisse après ce con, je décide de me lever tôt, et d’aller immédiatement demander un changement de chambre. Je sais qu’il doit rester un soir de plus dans la chambre, et j’ai pas l’intention de passer une nuit blanche la veille de mon vol d’avion. L’attente, le vol, le décalage horaire et tous les trucs que l’on doit faire en arrivant engendrent une assez longue journée. Je ne laisserai pas un toton m’empêcher de dormir en plus !

Bon.

Alors aujourd’hui, j’ai bien apprécié ma visite a Starnberg. Beau petit lac, avec pleins de cygnes et de canards qui se tiennent proche de la terre. C’est assez cute de voir les cygnes jouer dans leurs plumes ou se battre pour une tranche de pain donnée par des visiteurs. Certains se mettaient même la tête dans les plumes pour relaxer et peut-être dormir. Je suis reste la une bonne heure pour profiter du calme.

En début d’après-midi, je suis retourne vers le centre-ville pour monter dans la tour de la Peterskirche. Et la vue sur le quartier historique est belle. Enfin, j’ai une assez bonne photo de l’ensemble des environs ! J’ai passé le reste de l’après-midi à marcher proche de la Marienplatz. Et au menu pour samedi soir: un souper et quelques bières. On relaxe, on profite de l’atmosphère en dégustant une bière munichoise, on lit un peu…

Eh oui, ce voyage est fini. C’est avec réelle tristesse que je l’écris. Je crois que c’est mon périple le plus réussi à ce jour et j’aurais bien le goût de rester encore un bout ! La première fois, je trouvais que l’Allemagne et Munich étaient bien belles, mais je n’avais pas l’habitude de voyager et la maison me manquait. Là, je parle un peu la langue, je connais plus la culture locale et c’est vraiment de l’Allemagne et surtout Munich dont je vais m’ennuyer ! Mais bon… on ne peut pas passer tout notre temps en vacances.

Auf Wiedersehen ! Je reviendrai !

2007
08.31

Magnifique Cologne

Cologne, 28-31 août 2007 – Eh oui, nous sommes vraiment au dernier arrêt de ce voyage avant un retour à Munich. Encore une fois, ça passe vite en chien. Ce matin, je pars en train vers Köln (Cologne). Je me rends à la gare centrale pour 11h, faisant un trajet d’environ quatre heures en train. Et pour une rare fois, je m’endors assez facilement pendant le transport. Je me demandais si j’allais avoir de l’énergie une fois rendu sur place !

Vers 15h, je sors du train. Arrivant au métro de Köln, je vois une foutue bonne nouvelle sur un écran qui résume l’actualité et montre des pubs. “Deutsche Bahn: Keine streik bis ende September”. Traduction: pas de grève de train avant la fin de septembre. Yeepee ! Je n’aurai pas à prendre l’avion pour passer de Köln a München le 31 août. Moi être content content.

Je veux prendre le métro pour aller vers l’auberge de jeunesse. Mais ça commence mal, car les indications qu’ils donnent sur leur site Internet ne tiennent pas compte que…le réseau de métro a été rénové et que… les numéros des lignes ont changé ! Vraiment pas brillant. Après avoir perdu du temps à trouver quelles sont les bonnes lignes, j’arrive à l’auberge Meininger. Après avoir payé seulement 17 euros par nuit, je m’installe et je décide d’aller satisfaire assez rapidement une faim de loup. J’ai peu mangé au déjeuner, et rien avalé par la suite. Disons qu’à 16h30, on a faim… Pas trop patient, j’ai trouvé la première place ou on voit plusieurs restaurants et choisi une petite pizzeria.

Faut savoir qu’il y en a en masse, des pizzerias a Köln. Et presque toutes servent la bière locale, un style dénommé la Kölsch (prononcez Keulsch). Je commande une pizza au jambon avec une Kölsch de la brasserie Sion. La pizza est bonne, et la bière est moyenne. Décrivons la Kölsch de façon sommaire: une ale blonde dont la structure ressemble un peu à une lager, une petite amertume de houblon et servie dans un verre de 300ml. Quand tu es habitué aux pintes de 500ml servies partout en Allemagne, 300 ml ressemble à une éprouvette. 200 ml, ça devient une simple gorgée. C’est intéressant comme type de bière, mais ce n’est pas ce que je préfère. ça se compare presque a une hell munichoise, avec peut-être un peu plus de caractère.

Je fais les achats habituels comme l’eau embouteillée et je pars ensuite vers le coeur de la ville. C’est pas très difficile. Après quelques minutes de marche, on se trouve dans l’artère commerciale, qui mène directement à la cathédrale de et au centre historique. La cathédrale est MONSTRUEUSE. Je ne suis tout simplement pas capable de faire entrer cette bête dans une photo, à moins d’être à au moins 300 mètres. ça me fait penser à la cathédrale de Strasbourg. Mais je ne m’attarde pas là car la vraie visite est pour mercredi.

Alors que je me prépare à partir, je remarque quelque chose qui m’avait échappé à quelques mètres de la cathédrale. Des artistes sont en train de reproduire une fresque de Tiepolo au pastel sur le sol. C’est assez incroyable comme travail. Et ils le font avec une patience remarquable. Évidemment, on ne se gêne pas trop pour leur laisser de la monnaie… dans un coffre au trésor qu’ils ont dessiné proche de la fresque. Bien pensé.


Quel beau travail.

Je veux bien prendre des photos dans les vieux quartiers, mais le coucher de soleil et trop avancé. Je n’arriverai pas à saisir la lumière autant que je l’ai fait ailleurs. On se reprendra… Reste que je prends le temps de marcher dans les environs. Je remarque un peu les endroits ou je pourrai plus tard prendre un café, un repas ou une bière. Et je prends très bonne note que les femmes ici ne sont pas à dédaigner. Beaucoup de ces Colonaises sont bien jolies et la plupart ont beaucoup de style. J’ai comme l’impression que mes vêtements, choisis pour tenir compte des contraintes pratiques du voyage, me donnent l’air d’être un peu bûcheron en comparaison.

Je marche un peu le long du Rhin, un fleuve avec lequel je renoue pour la première fois depuis 2004. La couleur de l’eau n’est pas rassurante, mais les rives sont bien aménagées. Les terrasses sont bien placées et aussi très chères en conséquence. En fin de soirée, je décide de prendre une ou deux bières avant de rentrer. Dans les vieux quartiers, un écriteau me saute aux yeux: Pilsner Urquell ! En fût ! Désolé de heurter les sensibilités des Colonais qui ont une grande affection pour leur bière, mais ça fait deux ans que je n’ai pas déguster cette bière en fût. On se reprendra pour la Kölsch !

Je m’assois sur la terrasse et commande une pinte. My God, ce que cette bière est magique. Une amertume qui attaque rapidement à la première gorgée, arôme floral et excellente durée en bouche. Une vraie explosion de saveur. ça rappelle pourquoi l’originale définit le style Pilsner et que peu de concurrentes lui arrivent à la cheville. À chaque gorgée, j’ai presque l’impression de me retrouver dans un pub pragois méconnu des touristes, où la bière coûtait seulement 1,30 $ pour une pinte… Mais à 9,60 euros pour deux bières, je n’y retournerai probablement pas.

En arrivant dans la chambre d’auberge, je rencontre trois Américains (deux gars et une fille) et un Allemand. On se présente et on discute de voyages pendant une bonne heure. Ce sont des gens très gentils et très comiques. Surtout le gars de New York, qui a un talent inné pour raconter des histoires. Ça fait du bien de socialiser ce soir, car le voyage de cette année n’est pas un grand cru au niveau des rencontres. J’ai peut-être été chanceux les trois années précédentes, après tout.

Mercredi 29 août

Je suis parti à la vitesse d’une tortue ce matin. Malgré un lit moins confortable qu’ailleurs, j’ai le goût de dormir. Après un déjeuner et une douche, je sors de l’auberge de jeunesse vers 11h seulement. De la vraie paresse :-)

Je pars à pied vers la cathédrale. Sur mon chemin, je tombe sur un Starbucks. Fallait pas me faire le coup. Avec si peu d’endroits où on peut prendre un café qui a de la saveur ici, je n’étais quand même pas pour dire non. J’essaie leur café de la semaine, qui est un “gazebo blend”. Assez fort, mais probablement un café conçu pour ceux qui se font un café glacé par temps très chaud. Mais c’est intéressant à boire.

Rendu à la cathédrale, j’entre pour faire la visite. Je tombe sur une messe qui est en train de se terminer. Après cinq minutes, la foule peut entrer dans les principales parties de l’église pour regarder de plus près. C’est beau, et surtout très ancien. C’est du gothique moyen-âgeux. Très sombre, austère, très beau. Probablement moins hot que la cathédrale de Strasbourg, qui reste numéro un sur ma liste de cathédrales visitées. Mais c’est imposant. Sachez qu’il a fallu 600 ans pour la construire. 600.

Dom Köln
La cathédrale est trop gigantesque pour la photographier de près.

Après coup, je prends le Hohenzollernbrücke, un pont dont le nom honore la famille Hohenzollern. C’est la famille royale qui a dirigé la Prusse et ensuite l’Allemagne jusqu’en 1918. En prenant mes photos, j’ai bien pris le soin de sortir la statue de Guillaume II hors du cadre. C’est le roi qui, avec sa politique extérieure désastreuse, a mené l’Allemagne à la Première Guerre mondiale. Évidemment, on connaît la suite avec le traité de Versailles, la crise économique et le deuxième conflit mondial. Trève de politique…

En marchant sur l’autre rive et en prenant un autre pont, je prends quelques photos assez solides de la cathédrale à distance. ça devrait bien ressortir…

Après avoir marché encore un bout dans la vieille ville, je commence a avoir faim. Je m’arrête à une terrasse proche de l’hôtel de ville pour commander une pizza salami et une Gaffel, une bière de style Kölsch. Les commentaires sur la pizza et la bière d’hier s’appliquent encore.

4711 Köln
L’eau de Cologne originale, c’est ici qu’on la trouve.

Après le dîner, je repars vers une toute autre destination. Je vais voir la maison 4711, celle où l’eau de Cologne a été inventée. C’est une visite somme toute symbolique, mais bien le fun à faire. À l’entrée, il y a une fontaine d’eau de Cologne. ça ne sent pas très fort, mais pas très bon non plus. C’est le genre d’affaire qui fait un peu matante, à mon avis. Mais la petite exposition sur l’histoire de l’eau de Cologne vaut la visite.

Un peu plus tard, je vais voir le musée du chocolat. Au moment d’entrer, je me souviens toutefois que mes co-chambreurs de l’auberge de jeunesse n’ont pas été trop impressionnés. Néanmoins, j’entre dans la petite boutique adjacente pour voir ce qu’ils ont à vendre. Merde, ils en ont, des choix de chocolat ! Finalement, je prends une barre de Lindt à la menthe intense. Ça devrait goûter bon :-)

En regardant la liste des choses que je voulais faire, je décide d’arrêter les visites vers 16h. Il n’y a pas un nombre incroyable de choses qui m’intéressent à Köln, et je ne veux pas passer la journée de jeudi sans trop savoir ce que je fais. Je rentre donc à l’auberge pour domper quelques affaires.

À l’horizon pour ce soir: le programme habituel, voyons. Souper, probablement une ou deux bières. Aussi, je veux repasser par le Rhin une fois la noirceur tombée. Je vais prendre des photos de nuit de la vieille ville et de la cathédrale.

Pour le souper, je vais voir un secteur qui m’a été recommandé par un gars qui travaille à l’auberge de jeunesse. C’est assez proche de l’auberge et c’est méconnu des touristes. Il y a plein de petits restos et de bars, aucun monument historique. C’est un coin ou sortent des gens dans la vingtaine. Des trains passent dans les environs. Je vois la vraie vie au lieu des terrasses dans les quartiers historiques, finalement.

Je m’arrête a un resto pour commander ce qui sera tout un délice. Un schnitzel pane avec du sésame (au lieu de la panure habituelle faite avec du pain), des patates gratinées et une salade. Le plat est arrosé avec une Gaffel Kölsch, que j’avais eu embouteillée la première fois que je l’ai essayée. La bouffe est écœurante. C’est meilleur que ce que l’on trouve dans les meilleurs restos dans les coins plus touristiques. La bière est pas mal, un peu amère, mais pas de quoi effrayer les buveurs qui aiment prendre quelque chose de doux.

Pendant le souper, deux gars sont à la table à ma gauche. Ils parlent allemand pendant un bout, et tout d’un coup, ils switchent vers le français. Le menton me tombe sur la table. Je profite d’une occasion pour demander c’est quoi l’idée de dire une phrase sur dix en français pour revenir à l’allemand. Ils m’expliquent qu’ils ont tous deux des origines françaises et qu’ils aiment bien varier les langues. Eh ben. Évidemment, le bla bla habituel sur d’ou je viens, ce que je fais ici, ce qu’ils font, la culture locale se produit. C’est le fun, et un peu inévitable. Et je suis bien content de savoir que les Colonais eux-mêmes croient que les femmes de leur ville sont particulièrement cutes. ça me rassure. Ou bien je ne suis pas un obsédé sexuel, ou bien nous le sommes tous. Haha.

C’est drôle, après un souper et les deux petits verres de Kölsch, je sens le goût de rentrer et profiter d’une bonne nuit de sommeil. Je veux me lever tôt jeudi, pour briser la routine…

Jeudi 30 août

Finalement, c’est une co-chambreuse qui m’a servi de réveil-matin, battant mon téléphone cellulaire d’une bonne heure. Vers 6h, une ravissante Japonaise qui est arrivée mercredi à l’auberge, tousse. Sa toux insistante me réveille et je n’arrive tout simplement plus à dormir. Tant pis. On va lui pardonner quand même :-)

Je me levé à 7h, et à peu près tous les autres dans la chambre aussi. Je suggère à la Japonaise que l’on aille déjeuner. Non seulement est-elle sympathique, elle en est à son premier voyage. Je profite de l’occasion pour lui refiler quelques trucs qui lui permettront d’épargner temps et argent sur la route. Faut bien transmettre ce que l’on apprend quand on peut. Et déjeuner avec quelqu’un est bien plus agréable que de fixer les murs en bouffant. Cette fille est très gentille, mais aussi un peu timide. Peut-être que rencontrer du monde dès le départ lui permettra de briser la glace plus facilement à l’avenir. C’est un peu comme ça que la “socialisation” en voyage m’est arrivée. Des gens m’ont abordé et ça a facilité les choses.

Après avoir fait quand même pas mal de choses le premier soir et hier, je n’ai pas tellement de sites à visiter aujourd’hui. Je vais essentiellement voir des parcs. Je fais mon premier arrêt au Volksgarten, un jardin dans le sud de Köln. Pas mal. Rien de très esthétique ou spectaculaire, juste un parc ou les gens des environs vont relaxer, faire leur jogging et qui sait quoi d’autre.

Après, je reprends mon chemin vers Mediapark, un autre jardin, cette fois dans le nord. Dans les environs, on trouve un bon nombre d’édifices et une tour liée à la télédiffusion, Köln étant une ville de médias. Et j’arrive évidemment au parc. Encore une fois, c’est un endroit de loisirs, cette fois-ci avec un terrain de tennis, un de basketball, et des gens qui vont y manger leur sandwich sur l’heure du midi. Il fait assez frais mais le soleil est fort, ce que m’endort presque sur un banc du parc ! Vers 14h, je décide de rentrer à l’auberge faire un petit somme. Anyway, j’ai vu ce que je voulais voir ici.

Je suis ressorti en début de soirée pour souper et prendre quelques photos de nuit, afin de boucler la boucle. Je choisis, cette fois, une terrasse qui sert de la pizza et de la Früh Kölsch, une bière incontournable dans cette ville. Les commentaires habituels s’appliquent, la pizza étant satisfaisante, et la bière modérément correcte. C’est une bière intéressante, mais je ne m’y attache pas comme les Colonais le font. Que voulez-vous, ils ont pleinement le droit de choisir les produits locaux…

Je repasse ensuite par certains endroits comme le pont Hohenzollern, la rive située de l’autre côté de la vieille ville et un autre pont pour la meilleure vue possible de Köln en fin de soirée. Je crois bien qu’au moins une de mes photos est satisfaisante. Ce voyage aura été fructueux en photographie. J’ai conservé moins de prises de vues que lors des sorties européennes précédentes, mais la qualité augmente. Et les photos de nuit se multiplient.D’ailleurs, il est probablement certain que d’ici le prochain voyage, je m’équippe d’une camera plus puissante. Il est temps de lâcher la bête lousse et de lui laisser la chance de prendre de meilleurs clichés.

Après cela, je décide de faire un dernier arrêt en fin de soirée pour prendre une bière. Je vais au Musée de la bière, un pub assez connu qui offre 18 bières en fût dans une ambiance où s’alignent les souvenirs liés à cette boisson. J’ai pris une König Pilsner en premier lieu. Ouache. Je ne sais pas s’ils étaient en fin de fût, mais ça goûtait le fond de bouteille, et l’amertume habituelle de cette bière n’était tout simplement pas là. En plus, le liquide était beaucoup plus épais que d’habitude, la König Pilsner n’étant pas du tout liquoreuse. Je n’y comprends rien. Après cela, je me rabats sur une Jever Pilsner, me disant que je saurais bien à quoi j’ai vraiment affaire. Cette fois, l’intégrité de la bière semblait intacte, mais le goût n’était pas autant qu rendez-vous que d’habitude.

C’est vraiment dommage. Je crois que ce “musée” de la bière a de mauvais curateurs. J’ai l’impression que les fûts de bière ne sont pas conservés dans de bonnes conditions. Même des restos italiens et les bonnes vieilles canettes font mieux.

La suite: Fin de voyage à Munich

2007
08.27

Hambourg, 26-27 août 2007 – Mon départ de Potsdam et mon arrivée à Hambourg ont été des plus smooths. La station de S-Bahn était à deux minutes de marche de l’auberge de jeunesse et le train est passé deux minutes après mon arrivée. Ça a pris une quarantaine de minutes pour se rendre vers Berlin, pour ensuite prendre un train de moins de deux heures vers la gare centrale de Hambourg.

Des que j’ai foulé le territoire hambourgeois, j’ai vu un tout nouveau monde s’offrir à moi. On parle d’une des villes les plus cosmopolites, avec tous les genres qui se côtoient. De l’Allemand ordinaire au Turc, à l’Indien… et même quelques Asiatiques et Noirs, ce qui est habituellement plus rare en Allemagne. L’immigration est traditionnellement plus turque qu’autre chose. On voit aussi plus de pauvreté et de gens qui traînent dans la rue en prenant une bière dans cette ville. Vraiment, ce n’est pas comme Munich ou les petites villes allemandes. Hambourg est éclatée, des gens à l’architecture.

Mon auberge est vachement bien située. Elle est proche de tout. Comme Hambourg est une ville dont le coeur se trouve autour du port et des multiples plans d’eau, c’est idéal pour un visiteur. En plus, l’auberge est ultramoderne et bien organisée. Une fois installé dans la chambre, j’ai remarqué les bruits typiques d’une foule à un match de foot. Parait-il que l’équipe de St. Pauli jouait cet après-midi, et le stade est tout près…

Landungsbrücken
La vue sur Landungsbrücken, directement en face de l’auberge de jeunesse !

Ma première mission en sortant de là était de bouffer. J’avais faim et sur ma liste de choses à essayer, il y avait le döner. C’est un fast food turc prisé par les Allemands, un peu comme les Montréalais qui aiment le grec et le libanais. J’ai marché sur la rue Reeperbahn, qui elle même a de quoi être mémorable. C’est un endroit des plus dépravés mais recommandé pour une visite, où se côtoient des petits magasins, des bijouteries, des comptoirs de fast food et… même des sex shops. C’est considéré comme un attrait touristique en raison de son caractère des plus différents et du passage des Beatles à une autre époque. Les gens disent qu’il faut voir Reeperbahn quand on visite Hambourg.

Et j’ai trouvé mon döner dans un petit resto. Dans un petit pain qui a été tranché et ouvert au maximum, on y trouve du poulet, de la salade, du chou, du tatziki, du concombre, des tomates et aussi une sauce épicée. C’est assez bon. Et ça bourre en esti.

Après cela, j’ai marché dans la ville pour visiter deux plans d’eau aménagés près des vieux quartiers. Je parle du Binnenalster et du Außenalster. Jolis endroits. On peut y prendre de belles photos, avec l’eau en premier plan et de beaux bâtiments derrière. Du côté de l’Außenalster, il y a surtout des petits voiliers, des pédalos, des canards et de cygnes. Ces derniers sont pas mal habitués à la présence humaine. Ils n’ont pas hésité à monter sur la pelouse pour jouer dans leurs plumes et bouffer du gazon à quelques pieds des humains qui étaient assis sur les bancs. Mais ces oiseaux sont peut-être moins gracieux que l’on pense. Deux d’entre eux ne se sont pas gênés pour chier sur la pelouse ! My God, quelles manières.

Außenalster
L’Außenalster

Binnenalster
Le Binnenalster

C’est drôle de voir comment les Hambourgeois aiment la bière. Je crois que je n’ai jamais vu autant de gens se promener avec une bouteille de bière a la main qu’ici, incluant de jeunes femmes dans le métro. Certaines semblent relaxer à la fin de la journée en se tapant une bière pendant leur trajet de métro. Faut savoir que c’est permis dans des pays comme l’Allemagne… mais on ne le voit pas autant qu’ici.

Après avoir viraillé pendant un bout de temps pour rien en “magasinant” mon souper, je trouve un resto italien qui sert la Jever que je cherchais. Avec un appétit limité et l’heure assez avancée, je me suis dit que je serais mieux de prendre un antipasto (c’est une entrée, en langue italienne) avec une bière pour ne pas trop me charger l’estomac. Je choisis de la mozzarella avec des tomates et des morceaux de pain. Avec une Jever, évidemment. Miam. Vraiment excellente, cette mozzarella fraîche. Ça, avec une bière, ça comble les goûts les plus difficiles. Et en plus, la puissante amertume de la Jever se fait bien sentir. On peut compter sur les doigts d’une main les bières qui me satisfont vraiment au niveau du goût. Et celle-ci en est une. Wunderbar !

Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui est dans les mêmes dispositions que moi. À la table voisine, une femme dans la quarantaine est seule avec son chien. Après avoir commandé, elle n’a pris que quelques bouchées de son repas et quelques gorgées de vin. Quand la serveuse lui a demandé si c’était à son goût, elle a chialé, disant que ça ne goûtait rien et qu’elle voulait s’en aller. My God, ce qu’elle a été désagréable avec la serveuse. Est-ce que c’est vraiment nécessaire ? En plus, leur bouffe est excellente, comme j’ai pu le constater avec leur assiette de mozzarella. Je me qualifie volontiers de grincheux, mais y’en a des pires que moi…

Lundi 27 août

Ce fut une petite journée facile et assez agréable à Hambourg. Sorti de l’auberge de jeunesse vers 10h, je passe par l’épicerie pour prendre une bouteille d’eau et je me rends vers le secteur portuaire.Sur mon chemin, je vois un mémorial dédié a Bismarck, le chancelier prussien autoritaire qui a unifié l’Allemagne dans les années 1860 et 1870. Intéressant. Je pensais qu’étant donné qu’il l’avait fait par la guerre, un tel mémorial ne serait plus là aujourd’hui. Reste que le gars a contribué à bâtir un pays, ce qui n’est pas rien. Je passe aussi par la cathédrale St-Michel pour monter dans sa tour. Belle vue sur les vieux quartiers, mais ça ne donne pas des photos extraordinaires.

Par la suite, je me retrouve au beau milieu du coin portuaire. Je passe par les secteurs Speicherstadt et Deichstrasse. Je peux admirer les canaux où le commerce a prospéré pendant longtemps, mais aussi des bâtiments qui ont résisté a des inondations. C’est très charmeur.

Hamburg
La ville portuaire a ses charmes. Bel endroit pour marcher.

Cette visite a pris quelques heures, me menant vers l’hôtel de ville en début d’après-midi. Je m’arrête à un café, histoire de prendre une solide dose de caféine. Il a fallu que je choisisse un Starbucks, car le café allemand laisse vraiment a désirer. Après coup, je suis toujours près de l’hôtel de ville. Je flâne dans les environs, où il y a pas mal de magasins. Je me paye un bracelet chez H&M, tiens. Ça va faire quelque chose de nouveau a porter. Ensuite, je passe par la gare centrale pour m’acheter un sandwich comme dîner, même s’il est assez tard pour parler de dîner ! Un peu plus tard, je me rends vers l’auberge de jeunesse pour faire la glorieuse activité qu’est mon lavage. Trippant. Faut le faire, car je pars vers Cologne mardi et le voyage en train occupera une bonne partie de la journée. J’aurai pas le goût de faire ça en arrivant…

Finalement, je me suis humilié auprès de moi-même lundi soir. Trop confiant dans ma capacité de m’orienter à Hamburg, j’ai laissé faire l’utilisation de la carte pour retrouver le petit resto de sushi ou je voulais aller bouffer. Résultat, j’ai viraillé pendant une bonne heure avant de le trouver… 15 minutes avant qu’il ne ferme. Évidemment, il a fallu que je me rabatte sur autre chose. J’ai choisi un resto italien pour une pizza aux anchois et une bière Warsteiner. Les anchois, c’est bon, mais on se tanne parce que c’est vachement salé. Et la Warsteiner n’est pas une Pilsner de très grand calibre. Le bock dans laquelle on la sert est vraiment bien fait, avec un fond de verre très élargi. Mais son contenu est ordinaire. Tant pis.

La suite: Magnifique Cologne

2007
08.25

Potsdam, 24-25 août 2007 – Ouf, quelle première moitié de journée frustrante. J’ai passé à un cheveu de laisser tomber Postdam pour aller à Berlin, tant j’ai détesté mon arrivée.

Je suis parti de l’auberge en matinée pour prendre le train à la gare centrale de Dresden. On débarque à l’ultramoderne nouvelle gare centrale de Berlin pour passer au S-Bahn (une sorte de train de banlieue) vers Potsdam. ça prend environ une quarantaine de minutes pour se rendre. Mais c’est une fois sorti du S-Bahn que le fiasco commence. Suivant les indications d’une carte, je commence à marcher vers le bureau de tourisme. Ensuite, je repère les pancartes qui indiquent à quelle distance on est de l’office et la direction à suivre. Mais elles sont trompeuses. Elle ne donnent pas toujours le bon chemin ! Une fois rendu a l’endroit en question… c’est une foutue bibliothèque municipale qui a pris la place de l’ancien office de tourisme. Et je regarde la carte de la ville, qui n’est évidemment pas mise à jour, même dans sa version plantée sur le bord des trottoirs ! Ne faisant plus confiance à une seule source écrite d’information, je tente de téléphoner à l’auberge de jeunesse. Pas de réponse. J’entre à quelque part pour demander ou je dois aller. On me dit où l’office de tourisme est déménagé et je note avec ironie que rien n’est fait pour le dire aux nouveaux arrivants !

Je suis les instructions et je prends le S-Bahn vers le nouveau bureau. J’entre. Déjà en rogne, je renonce complètement à l’idée de leur parler en allemand. On va leur compliquer la vie un peu pour avoir mal géré l’information touristique. Sur place, on me dit que mon auberge de jeunesse est à l’autre bout de la ville, dans le coin de Babelsberg ! Même si je n’aime pas payer un euro pour une carte de la ville, j’en prends une à l’office de tourisme car j’en ai besoin. Après coup, je vais vers la station de S-Bahn. En théorie, je suis supposé m’acheter encore un billet pour le train vers Babelsberg, mais frustré par le niaisage, je décide de prendre une chance pour dépenser le moins possible ici. Tant que je passe au-delà de la station où j’ai estampillé mon billet, ça doit marcher. Fallait donc faire au moins deux stations sans qu’un inspecteur passe. À la troisième station, les petits monsieurs qui font les vérifications se pointent dans le train. Je montre le mien et ça passe. Haha… on évite de justesse une amende de 40 euros.

Il reste que ma réaction en était une de très mauvaise humeur. Je me suis dit à ce moment-la que si les heures d’ouverture de l’auberge de jeunesse n’étaient pas assez flexibles, que l’horaire de soir pour le train vers l’auberge se terminait trop tôt ou que toute autre connerie du genre arrivait, je foutais le camp vers Berlin, qui est très proche de Potsdam. Entre gérer de nouvelles choses frustrantes et revoir Berlin, j’aurais pris la redécouverte de la capitale… Mais heureusement, ce n’est pas ça qui est arrivé. Les trains passent jusqu’à presque deux heures du matin, ce qui me laisse amplement le temps de souper et de relaxer devant une bière le soir avant de rentrer. Et l’auberge est foutument bien organisée. Le service est exemplaire aussi. Finalement, on reste à Potsdam. Mais ça a passé proche de changer.

Je m’installe à l’auberge, je fais quelques petits achats dans un supermarché et ensuite je repars vers le centre de la ville. Je marche un peu dans les environs pour savoir à quelle place m’arrêter pour manger. Avant, je prends quelques photos de la porte de Brandebourg. L’autre porte de Brandebourg, car la plus connue est à Berlin. Celle de Potsdam a la forme d’un arc de triomphe.

Brandenburg Tor Potsdam
La Porte de Brandebourg à Potsdam

Ensuite, je tombe sur un resto très sympathique qui s’appelle Loft, à quelques rues du monument. Je décide de commander un goulasch comme repas, avec une Radeberger Pilsner. Oui, je sais, je suis un peu accro à cette bière. Que voulez-vous. Méchant bon goulasch. Ça manquait peut-être de paprika, mais c’était délicieux.

Potsdam
Les rues piétonnières ont leur charme par ici.

Après cela, je prends une petite marche vers le quartier historique pour retourner vers la porte de Brandebourg. Il y a un paquet de terrasses a cet endroit. Je décide d’y terminer la soirée en y prenant une autre bière, histoire de connaître un produit plus local. Je choisis un resto qui sert de la Wittinger Premium, une pilsner. Pas mauvais, mais malheureusement une coche sous la Radeberger. Elle n’a pas une amertume assez intense a mon goût. Coudonc, ya tu kekchose qui va défier la Pilsner Urquell ou la Radeberger en matière de saveur ?

En remuant tout cela, je m’aperçois que je suis déjà au 10e jour de mon voyage. Il en reste 8. Ouin, ça passe assez vite.

Samedi 25 août

J’ai déjà connu un meilleur début de journée. À 5h30, un gars se lève et décide de faire ses bagages en faisant évidemment un maximum de bruit. Je n’arrive plus à dormir après. C’est vraiment la première fois que je vois un voyageur qui manque autant de respect envers les autres qui dorment dans la même chambre. L’étiquette habituelle, c’est de faire tes bagages LE SOIR AVANT si tu pars très tôt le matin. En plus, au beau milieu de ses préparatifs, le con va se raser dans la salle de bain sans fermer la porte, faisant encore un maximum de bruit avec son rasoir électrique. Il retourne vers son lit et se vaporise 6 fois du parfum. Sans trop de surprise, ça empestait le parfum cheap dans toute la chambre. Personne d’autre n’a réussi a se rendormir. Gros cave.

Au moins, le déjeuner et la météo ont de quoi corriger l’humeur. Il fait gros soleil dehors et leur version du déjeuner allemand est exceptionnellement bonne pour une auberge de jeunesse. Beaucoup de variété, et le pain aux noix venait a peine de sortir du four. Au lieu d’avoir seulement du salami comme viande froide, il y avait aussi du jambon cuit de très bonne qualité. C’est en plus d’un café bien plus savoureux que ce qui est généralement servi en Allemagne. Avec même des fruits frais disponibles, ce qui n’est pas le cas partout. Aussi, le personnel de l’auberge est sympathique. La cuisinière donnait des conseils aux voyageurs pour les places a visiter et faisait beaucoup d’humour. ça fait changement de bien des faces bêtes vues dans certaines auberges !

Après le déjeuner, je me prépare et je pars vers la ville. Une seule destination, le gigantesque parc Sans-Souci. C’est le seul endroit qui m’intéresse, par son historique et sa grandeur. On y trouve le château Sans-Souci, là où Frédéric le Grand a régné en tant que roi de Prusse au 18e siècle. C’est probablement le personnage historique le plus fascinant de l’histoire allemande. C’était un roi, mais il faisait partie des despotes éclairés, ces rois qui réformaient et faisaient preuve de davantage d’humanisme que les autres.

Le château Sans-Souci est une merveille. J’ai bien pris mon temps pour prendre les photos, essayant de me “timer” pour les moments ou il y avait moins de visiteurs. C’est le château que je veux voir, pas des hordes de touristes qui se plantent à deux pieds de vous quand vous essayez de photographier un monument ! J’ai aussi fait un effort pour trouver le meilleur angle, histoire de “cacher” les visiteurs en utilisant les arbres et escaliers. Je crois avoir bien réussi !

Schloss Sans-Souci
Voici le fameux château Sans-Souci. C’est bien pour cela que je suis venu ici !

L’heure du midi et l’après-midi auront été passés à visiter les autres attraits du parc Sans-Souci. On y trouve la Neues Orangerie, Neue Kammern, la galerie de photos de Frédéric le Grand, le Neues Palais et le château Charlottenhof. Enfin, j’ai vu la maison chinoise de thé. Tous ces bâtiments et monuments sont intéressants. Mais évidemment, aucun n’égale le château Sans-Souci. C’est très captivant comme journée de voyage.

Neues Palais Potsdam
Le Neues Palais, au parc Sans-Souci

Vers 16h, un peu affamé, je me suis arrêté pour un petit snack dans les environs de la porte de Brandebourg. Fallait que j’essaie une spécialité berlinoise qui s’appelle le currywurst. C’est une saucisse avec du ketchup et de la poudre de curry. C’est passé sous le radar lors de mon premier périple allemand. En plus, c’est une petite portion, ce qui ne gâchera pas mon souper. Et c’est assez bon. Rien d’inoubliable, mais un petit fast-food qui vaut la peine d’être essayé, et peut-être recréé a ma propre façon quand je serai de retour a Montréal.

J’ai vraiment fait une drôle de combinaison au souper. J’ai arrêté mon choix sur un petit resto thai, me commandant une assiette de nouilles aux légumes, tofu, arachides, oeufs et fèves germées. J’ai arrosé ça avec une Jever Pilsner, une des Pils les plus amères qui soient, avec un arôme herbal bien senti. Étrangement, cet accord entre de la bouffe thai et la Jever a fonctionne à merveille. Tant mieux, car c’était une bière que je voulais vraiment reprendre en fût pendant ce voyage.

Je suis rentré sagement après cela car il commençait à être pas mal tard.

La suite: Le charme de l’hanséatique Hambourg

2007
08.23

Dresden, 20-23 août 2007 – Le week-end à Bamberg aura été bien plaisant, mais Dresden m’attend. Déjeuner, transport en autobus et j’étais à la gare centrale vers 11h pour partir.

Après un trajet d’environ quatre heures en train, je débarquais à la gare de Dresden pour me rendre proche du coeur de la vieille ville, histoire de m’enregistrer à l’auberge de jeunesse. Le gars qui y travaillait n’était pas très très rapide du ciboulot, malheureusement. Fallait lui expliquer chaque chose deux fois… mais bon, il a réussi à me donner ma chambre. Je suis sorti faire quelques achats pour ensuite trouver un endroit pour souper.

Ma première impression de Dresden? Une ville en pleine reconstruction. Dès que l’on sort de la gare centrale, on voit de vieux bâtiments qui en côtoient des ultramodernes, en plus des chantiers de construction. ça parait que les bombardements alliés de 1945 ont grandement détruit cette ville, que les Allemands s’acharnent maintenant à rebâtir. Avec un certain succès. Mais parfois, ça fait drôle pour deux raisons.

Dresden
Avouez que ça frappe de voir des édifices qui n’ont pas été retouchés depuis 1945.

Frauenkirche Dresden
L’Annenkirche, une église qui laisse une impression marquante

La première, c’est qu’après le camp de concentration de Dachau, on voit l’autre côté de la médaille. Celui d’une ville allemande qui a déjà été meurtrie. Par exemple, une église qui m’a marqué conserve ses vieilles fondations et son clocher, mais tout ce qui se trouve entre les deux est récent. D’autres bâtiments sont présentement en pleine restauration. Mais Dresden renaît et elle ne laisse pas le visiteur indifférent.

La ville est aussi un paradis de la consommation. En sortant de la gare centrale, j’ai aussi vu à quel point il y a des magasins sur la Prager Strasse. Et c’est fou ce que les boutiques offrent la dernière mode à bon marché. Dresden, ville de mode ?

Peu importe. En début de soirée, j’avais faim. J’ai marché autour des vieux monuments de Dresden pour m’arrêter au resto Picasso. C’est principalement une place qui fait de la pizza à bon prix. J’ai essayé une pizza au thon étonnamment savoureuse ! Avec, évidemment, une Radeberger Pilsner. Faut savoir que cette marque de bière est dominante sur le marché ici. On voit le logo partout, de la gare centrale aux terrasses en passant par certains conteneurs de recyclage ! Mais c’est une bonne chose: une bière de grande qualité, avec une amertume solide et un arrière goût persistant qui contrôle le marché, ça fait changement de ce qu’on connaît à Montréal… une bonne Labatt 50 tablette, mes snoros ?

Il reste à terminer l’effort de civilisation des Allemands en leur montrant comment prendre une carte de crédit pour les paiements. Le resto refusait toute autre forme de paiement que le comptant. Allo, nous sommes en 2007, les amis, pas dans les années 1920 ! Je pourrais dire la même chose pour leurs coutumes respiratoires: il leur faut une loi antitabac au plus vite, pour qu’on puisse savourer nos repas et notre bière sans puanteur ! Et dernière chose, apprenons-leur à bien mettre les noms des rues aux intersections. même Montréal, une ville carrée où il est facile de se retrouver, fait mieux que Munich et Dresden. En plus, ces deux dernières ont des rues si sinueuses qu’il est facile de se perdre.

Bon, assez de chiâlage pour l’instant. Fallait faire sortir ces irritants qui se présentent souvent en Europe !

Pour mettre un baume sur cela, les dieux de la chance ont mis sur mon chemin, pour quelques instants, une des plus belles femmes que j’ai pu voir de ma vie. Une blonde allemande de probablement 25 ans au teint légèrement bronzé qui cherchait la rue Sophienstrasse. My God, quelle beauté, quel charme et un style sans reproche. Disons qu’en lui voyant le visage et en l’entendant parler, on oublie presque ce qu’elle dit. En plus, elle parle le dialecte haut allemand – la langue la plus officielle au pays – que j’ai appris au Goethe Institut. C’est plus clair et parle plus lentement. Pour une rare fois, j’arrivais à comprendre tout ce qu’on me disait. Malheureusement, une fois que je lui ai indiqué ce qu’elle cherchait, je vois un chum et des parents la rejoindre. Pouah !

Mais cette fille est un peu typique de ce qu’on voit à Dresden. Ya de jolies femmes avec beaucoup de style ici ! L’Europe renferme beaucoup de trésors, mais je crois que les petites blondes ici ont un “cachet” que l’on ne trouve pas ailleurs. Désolé d’avoir utilisé un tel mot, vraiment, mais c’est le seul qui décrit bien la pensée.

Avant de rentrer, je suis allé voir quelque chose d’autre de beau en prenant des photos du célèbre Zwinger, que je me préparais a visiter le lendemain. J’ai profité des conditions favorables pour prendre des photos de nuit, et je suis convaincu d’avoir quelques clichés des plus mémorables, un peu comme mon pont Charles (Prague) et le Big Ben (Londres) pris ces dernières années.

Dresden am Nacht
Dresden la nuit. La Florence de l’Elbe envoûte le visiteur.

Mardi 21 août

Bon, un autre départ un peu lent. Je suis sorti de l’auberge de jeunesse à seulement 11h pour commencer mes visites. Première cible, le Zwinger. Cette ancienne partie de la forteresse de Dresden abrite maintenant des galeries d’art. C’est un chef d’oeuvre baroque qui a été miraculeusement été reconstruit après la Deuxième Guerre mondiale.

Zwinger
Le Zwinger, à partir de la façade

Zwinger
La cour intérieur du Zwinger. Splendide.

Frauenkirche Dresden
La Frauenkirche, symbole local de la reconstruction

J’ai aussi fait quelques arrêts au château, au Semperoper et la Frauenkirche (église Ste-Marie) pour en admirer l’architecture et la reconstruction. C’est du beau travail qui a été fait pour remettre cette ville en ordre. L’architecture est magnifique et les terrasses environnantes sont belles. Le pont Augustus est aussi intéressant. J’ai peu de mots pour tout décrire. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Pour le dîner, j’ai choisi un petit resto sur les terrasses proches de la Frauenkirche. Je voulais surtout essayer la bière Feldschlösschen, une pilsner rivale de la Radeberger. Et j’ai commandé le menu du jour, soit une saucisse saxonne (Dresden est dans l’Etat de la Saxe) avec les patates et choucroute habituelles. Tout était très bon. La saucisse saxonne est intéressante, car plus épicée et contenant plus de viande (moins de gras) que les saucisses bavaroises. C’est un peu comme les saucisses de Nuremberg, sauf que ces dernières sont de petit format. Pour la bière, c’est dur à juger. Comment départager la Feldschlösschen de la Radeberger quand les deux se ressemblent ? L’amertume et l’omniprésence du houblon sont les mêmes, les arômes se ressemblent assez… je ne trouve que deux différences. La Radeberger a une mousse qui dure plus longtemps, donc préserve mieux la saveur. Aussi, son arrière-goût est plus persistant. Bon ben finalement, c’est la Radeberger qui gagne mais ça demeure assez proche. Cette Feldschlösschen est une bonne bière. Et j’ai au moins un autre produit local à essayer…

Ensuite, j’ai passé le reste de l’après-midi à marcher dans les environs et à essayer de trouver les meilleurs points pour prendre des photos. ça fait partie du plaisir de voyager de prendre son temps et de ramener les meilleurs souvenirs possibles !

Semperoper
Le Semperoper

Residenzschloss Dresden
Residenzschloss

Pour le souper, j’ai voulu faire un peu ce que l’Allemand moyen fait au lieu de jouer au touriste. Il faut savoir que la cuisine traditionnelle ici est surtout… traditionnelle. N’imaginez pas que l’habitant ordinaire mange toujours les bouffes de l’ancien temps. La cuisine européenne a beaucoup changé, étant plus santé que les saucisses et les dumplings. Ce qui est à la mode est beaucoup plus “fancy”, dans des restos modernes au look plutôt chic.

J’ai donc trouvé un resto sur la Pragerstrasse. L’endroit s’appelle Borowski, bien aéré avec des tables en bois, du métal et du verre pour le décor. C’est chic, pas trop cher et les assiettes sont très bien présentées. Voici la preuve que je savais ce que je faisais: seulement des gens parlant allemand étaient là. Je me suis commandé des pâtes du saumon grillé. Le seul problème, c’est que ces saveurs se mélangent plutôt mal avec la Radeberger Pilsner que j’ai pris en mangeant. Ouin. Mais la bouffe est excellente. Et ça fait changement des brasseries-restaurants à l’ancienne. Après coup, je suis retourné dans les environs de la Frauenkirche, à un café bien situé pour déguster une autre bière. La même, évidemment. ça finit bien la soirée de relaxer sur une terrasse.

Radeberger Pilsner
Rien de mieux que de relaxer sur une terasse en fin de soirée

Mercredi 22 août

Dresden
Près de la Frauenkirche, on peut profiter de la vue et des petits restos de cette petite rue.

Après la routine matinale, je suis parti vers la Frauenkirche, car cette église a une coupole ou l’on peut monter pour 8 euros. Evidemment, il fallait gravir quelques marches, mais c’est l’église la plus facile pour cela, d’autres cathédrales ayant plus de 300 marches. Celle-ci se faisait facilement. Toutefois, la vue est un peu moyenne. J’ai pris quelques photos, mais ça ne donne pas vraiment un grand ensemble de la vieille ville. Dommage.

Et ce mercredi, faisait chaud en esti. J’étais tout de noir vêtu, pour faire exprès. Ah, les joies du bagage léger… Je voulais bien reprendre en photo les plus beaux attraits de Dresden avec ce temps plus ensoleillé, mais j’aurais été à contre-jour. Va falloir attendre au soir pour mieux profiter du coucher de soleil !

En après-midi, j’ai visité Neustadt, les nouveaux quartiers de la ville. Malheureusement, le district a très peu à offrir. Le palais japonais m’a laissé froid et en plus, il est en rénovation. même chose pour le passage des artistes qui travaillent à la main (Kunsthandswerke Passage). J’ai déjà vu mieux, notamment à Prague. C’est d’ailleurs une mini frustration ici de ne pas pouvoir trouver trop de souvenirs a ramener. ça parait que Dresden est surtout visitée par des Allemands. Les villes où le tourisme international est développé ont plus de choses a offrir dans ce domaine !

L’autre visite importante de la journée était un peu éloignée du centre-ville. J’allais voir Blaues Wunder, ce qui veut dire la merveille bleue en français. C’est un pont qui était vert à l’origine mais qui a tourné au bleu avec le temps. J’ai marché cinq kilomètres pour m’y rendre et le soleil tapait assez fort. J’aurais du vérifier les trajets d’autobus et de tramway car ils ne passaient pas par la route où j’allais. Au moins, j’ai trouvé un arrêt de tramway pour le retour !

La merveille, elle, ne m’a pas émerveillé. Oui, techniquement, le changement de couleur est quelque chose, mais la structure du pont n’a vraiment rien qui sort de l’ordinaire. C’est un pont suspendu en métal comme les autres. Si j’ai pris une photo, c’est un peu pour justifier les cinq kilomètres marchés !

Blaues Wunder
Blaueswunder. Un après-midi de déplacement pour si peu !

Avant de repartir vers la ville, je me suis arrêté pour une petite bouffe. J’ai pas vraiment déjeuné ce matin, et la faim commençait à se faire sentir. Mais fallait bouffer léger pour avoir de la place au souper. Je me suis rendu au Schillergarten, un resto réputé au pied du pont. J’ai commandé une assiette de légumes gratinés avec un médaillon de patates rôties. Miam !

Je suis ensuite rentré pour domper quelques affaires à l’auberge de jeunesse. J’ai pris le temps de lire et remettre un peu d’ordre dans mes affaires. Vers 21h, je suis sorti dans les environs de la Frauenkirche, décidemment le meilleur endroit pour ses terrasses. J’ai choisi un resto de type espagnol pour des tapas, histoire de manger léger encore une fois. Et le coin est fantastique. C’est une rue étroite dans laquelle plusieurs terrasses sont alignées, à gauche comme à droite. J’ai pris des nachos (je sais, c’est pas vraiment original) avec une Freiberger Pils, une bière locale que je voulais essayer. Excellents nachos, évidemment. Rares sont les restos qui les ratent. La bière était moyenne. Je crois que la Freiberger ne se mesure pas aux autres produits locaux. Moins d’amertume, moins de durée en bouche. Par la suite, j’ai fait quelques pas vers le café de l’autre soir pour une Radeberger. Faut en profiter pendant qu’on est dans un territoire ou cette bière est disponible en fut !

Jeudi 23 août

Journée de contradictions. Cette fois-ci, je me suis réveillé vers 7h et pourtant, j’ai vraiment fait peu de choses dans ma journée. Après le déjeuner, je suis parti en train vers Radeberg, afin de visiter sa prestigieuse brasserie, un peu comme je l’avais fait à Plzen pour la Pilsner Urquell. Malheureusement, une fois sur place, on m’a dit qu’il fallait organiser les visites d’avance. Oh boy, pas fort. Au moins, il y avait une “fan shop” ou j’ai pu acheter quelques verres pour ajouter à ma collection et à celle d’un ami de Jonquière. Je crois que ce sera le plus beau verre a bien en notre possession !

Je suis donc rentré à Dresden en fin d’avant-midi pour le reste de mon programme quotidien. C’était pas compliqué: magasinage. Dresden est un paradis de la consommation et j’avais quelques affaires a trouver. Je voulais trouver d’autres souvenirs pour des proches et remplacer mon sac a dos brisé. Si j’ai pas vraiment vu de souvenirs, j’aurai au moins eu mon sac à dos. Celui que j’avais avant venait de ma région d’origine, mais il avait un foutu défaut. À un endroit ou on devrait voir une couture, ils font toujours un maillage étrange de fils. Le sac fait bien pour un étudiant, mais pour un voyageur… pas vraiment. On finit par avoir un trou qui grandit et grandit avec le temps. Plus jamais je n’achèterai un sac Lavoie.

Pour le remplacer, j’ai pris un sac allemand Deuter. C’est fait pour les voyageurs sportifs et tout est pris en considération. En plus des poches pour les bouteilles d’eau et une forme ergonomique, il y a des appuis pour repartir une partie du poids vers les hanches et même un espace entre le dos et le sac pour évacuer la chaleur. Résultat: moins de stress pour le cou et moins de chaleur dans le dos.

En soirée, j’ai terminé la journée près de la Frauenkirche, choisissant le café que je préfère pour le souper. J’y ai essayé tout un régal. Des penne avec bien des légumes et du saumon. C’est très consistant et délicieux. Pendant le souper, un couple de jeunes punks se pointe près des terrasses, le gars jouant du tambour et la fille maniant des objets enflammés. J’étais bien sceptique de voir ce genre de spectacle au début, mais ils étaient assez bons.

La suite: Sur les traces de Frédéric le Grand à Potsdam

2007
08.19
Rathaus Bamberg
La fontaine et une autre vue proche de l’ange de la liberté.

Bamberg, 18-19 août 2007 – On the road again, qu’ils disent. Je suis parti ce matin vers Bamberg après la routine matinale. J’ai pris le train ICE (InterCity Express) de Munich à 11h22.

Ce train est rapide (160 km/h) et très moderne, avec un design en métal et en verre, plus des sièges confortables. Les Via Rail et Amtrak de ce monde devraient avoir honte de faire voyager le monde dans l’équivalent d’une calèche quand ils prennent le train.

L’arrivée à Bamberg aura été un peu chiante. La gare de train est située au nord de la ville et quelqu’un qui veut aller directement vers l’office doit passer a travers les vieux quartiers. C’est pas le fun, se trouver au beau milieu de visiteurs avec ses sacs en plein soleil. Et de marcher deux kilomètres. Mais bon.

Après avoir ramassé une carte de la ville, je suis parti en autobus pour l’auberge de jeunesse. Elle est à deux kilomètres du coeur de Bamberg, dans les collines qui rendent les environs charmants. C’est d’ailleurs un édifice typiquement allemand avec ses colombages et drôlement bien entouré par des arbres. Toll !

Je m’enregistre, je dépose mes affaires et je prends une douche pour ensuite partir à pied vers la vieille ville. C’est par un magnifique sentier que je suis passé, marchant environ une vingtaine de minutes avant de tomber sur les rues de Bamberg. À ce moment précis, avec un soleil radieux mais une fraîcheur préservée par la présence des arbres, je me disais que je ne m’ennuyais VRAIMENT PAS de Montréal. Viva Deutschland ;-)

Ayant presque rien mangé depuis le déjeuner, fallait souper assez tôt après avoir pris quelques photos. Je voulais surtout avoir de belles prises de vue avec un beau soleil, au cas ou il pleuvrait dimanche. J’ai fait des arrêts au vieil hôtel de ville, qui est cerné par la rivière Regnitz. Super. J’ai aussi photographié la Petite Venise et les maisons traditionnelles allemandes qui se trouvent sur les rives. Autre aspect étonnant: Bamberg est vraiment un endroit de choix pour les Allemands. On y voit moins d’étrangers qu’ailleurs. C’est un bel endroit pour y passer un week-end… exactement ce que je suis en train de faire.

Jugenherberge Bamberg
Une auberge de jeunesse qui semble sortir d’un vieux film sur la Bavière.

Klein Venedig Bamberg
La Petite Venise

Rathaus Bamberg
L’hôtel de ville, à partir du pont

Pour le souper, je cherchais la formule magique. Je voulais goûter aux petites saucisses franconiennes, une spécialité locale, mais aussi boire une rauchbier, une bière fumée qui est produite à Bamberg. Et il me fallait la Schlenkerla, une marque très renommée. J’ai trouvé cela dans un petit resto près de la cathédrale. Ai-je vraiment à expliquer que, servi avec des patates rôties et de la choucroute, c’était un régal? Pour les Québécois, la rauchbier peut être comparée à un petit goût de brûlé qui ressemble à celui du jambon dans une cabane a sucre. Transposez ça sur une bière. Yes! J’ai trouvé ça le fun de voir que quand elles ont un moment de répit, les serveuses n’hésitent pas a prendre quelques gorgées de bière elles-mêmes. ça démontre que leurs patrons ne leurs imposent pas certaines des règles stupides qui ne servent qu’à emmerder les employés des commerces en Amérique du Nord. Ben quoi, je ne me gênerai pas pour faire mes critiques sociales ici :-)

En fin de soirée, je me suis solidement perdu. J’ai bien vu que l’autobus pris en après-midi n’était plus en service et que celui qui desservait le territoire où j’allais ne se rendait pas aussi loin. À Montréal, ce n’est rien. On marche un peu et c’est réglé. Dans les environs d’une petite ville allemande, on est dans une montagne avec des rues sinueuses. Essayez de vous orienter, juste pour voir ! Mais je me disais que si je voyais les arrêts d’autobus sur mon passage, j’étais dans le bon chemin. Sinon, fallait faire marche arrière et essayer autre chose. Reste que tous les chemins pris menaient vers des culs de sac. En plus, la vision d’une moufette dans les environs n’avait rien pour rassurer. Mais au lieu de paniquer et de me déclarer perdu, je suis retourné vers l’arrêt d’autobus et j’ai demandé mon chemin à un chauffeur qui laissait entrer les passagers. C’est la que j’ai trouvé mon allemand le plus pratique, pouvant facilement comprendre quand il m’a dit de tourner à droite à un certain coin de rue et de continuer tout droit après. Test de vie réelle réussi !

Rosengarten Bamberg
Le Rosengarten avec une église en trame de fond

Dimanche 19 août

Je me suis senti paresseux ce matin, même si je me suis couché vers 23h hier soir. Je me suis levé pour le déjeuner mais je suis retourné au lit jusqu’a 11h ensuite. Eh oui, la paresse.

Après cela, je suis parti vers la vieille ville à pied, histoire de brûler un peu de cette énergie accumulée ! La température est encore plus belle qu’hier, avec un soleil puissant mais une fraîcheur appréciée. Beau temps pour faire du tourisme.

Une fois en ville, je suis retourné au vieil hôtel de ville, demandant à un gars de prendre ma photo. ça prouvera que j’y suis vraiment allé !

J’ai aussi visité la Nouvelle Résidence, palais très accueillant avec son splendide jardin de roses. Il y avait au moins une quinzaine de variétés de roses dans le jardin, et j’ai quelques superbes photos de roses en premier blanc avec l’arrière-plan embrouillé.

J’ai fait un arrêt à l’ancienne cour (Alte Hofhaltung), un ancien palais épiscopal qui fait penser à ce qu’on voit dans des films. Les pignons, les colombages et les bacs à fleurs sont inoubliables.

Alte Hofhaltung
L’Alte Hofhaltung

Je suis aussi passé devant la cathédrale de Bamberg, mais ce n’est rien. Il y a mieux ailleurs, et je m’attends à bien plus grand à Cologne (Köln).

En soirée, je voulais bien souper à un endroit reconnu de Bamberg, soit la brasserie Schlenkerla. Mais quand je m’y suis pointé, j’ai trouvé que les serveuses ne semblaient pas trop intéressées a servir leurs clients, prenant plus de 10 minutes à simplement apporter des menus… étant résolu à ne pas me faire traiter de cette façon, j’ai levé les pattes.

Je suis passé en face au biergarten d’un resto dont j’oublie le nom. J’y ai pris des saucisses franconiennes, de la choucroute, des patates rôties et une rauchbier. Aussi bien continuer à prendre cette spécialité régionale, car je ne suis la que pour deux jours! J’ai ensuite changé de place pour devancer un peu mon plan… afin de déguster de la Radeberger Pilsner. ça m’a surpris de voir un resto mexicain local qui l’avait sur sa carte des bières car c’est une brasserie du nord du pays, mais peu importe.J’ai profité de l’occasion pour renouer avec ce qui est ma bière préférée ! Une belle façon de terminer la soirée, avec un retourà l’auberge dans de meilleures conditions que samedi !

La suite: À la découverte de Dresden

2007
08.17
Colonne de la Victoire
L’ange de la liberté, peu connu des touristes à Munich

München, 14-17 août 2007 – Eh oui, je suis de retour a Munich ! Et bien content de l’être. Ce fut un vol quelque peu difficile car il se faisait à 39 000 pieds au lieu des 30 000 habituels (la pression devient vraiment plus forte à l’atterrissage) mais tout a bien été sur les ailes de Lufthansa.

J’étais bien préparé pour ce voyage. En fait, mieux que jamais… je connais un peu la langue, j’ai déjà visité le pays, et en plus, j’ai pu mettre en place un bon itinéraire. Le vol a bien été, la voisine à ma gauche étant du genre très calme. Pas de ronflement ou de mouvement. Une jeune hispanique qui n’était pas laide du tout. Aucun problème à rapporter.

À la douane allemande, j’ai connu la même expérience qu’il y a quatre ans. Le gars te fait une face bête mais tu passes en 10 secondes. Wilkommen auf Deutsch! L’arrivée à l’auberge de jeunesse aura été drôle. Un petit groupe d’asiatiques avait vraiment besoin d’aide pour se faire guider, et ces gens voulaient aller voir un match du Bayern Munich (football) le jour même… sans avoir les billets. Comme j’avais essayé d’avoir des billets il y a un mois, j’ai bien ri quand ils ont demandé si c’était difficile ! Le gars de la réception était bien découragé en leur expliquant la forte demande pour le match.

Et mon arrivée s’est faite en plein congé férié, ce qui ne rend pas les choses faciles pour faire des achats. Ici, les épiceries ferment en jour férié. Bonne chance pour trouver de l’eau embouteillée à bon prix !

Malgré le manque de sommeil, j’ai quand même passé la première journée à faire du tourisme. Fallait faire quelques visites car étant arrivé vers 7h à l’auberge de jeunesse, je devais attendre à 15h pour avoir ma clé. Je suis donc parti vers la Marienplatz, place centrale piétonnière du vieux Munich. Je suis passé par la Marienkirche, l’église Sainte-Marie. J’avais déjà vu tout ça, mais c’était le fun à refaire, pour avoir les photos en version numérique.

Marienplatz
Je voulais absolument reprendre cette photo en numérique, ce qui est un succès !

J’ai revu quelques endroits du genre, par nostalgie, pour ensuite me rendre au quartier Bogehausen. C’est la première fois que je mets les pieds dans ce Beverley Hills munichois. Les maisons sont impressionnantes et modernes. Un coin de gens riches et célèbres, et très tranquille. Sur mon chemin, j’ai pris des photos originales d’un Munich que peu de touristes visitent. De belles fontaines et de belles places peu connues. Avant de prendre ma clé à l’auberge, je suis allé au jardin anglais (Englischer Garten), surtout pour aller prendre une bière au fameux biergarten près de la tour chinoise. Il faisait chaud, soleil, et la weissbier (bière de blé) descendait bien. Un goût bien sec, fruité et rafraîchissant… typique de ce style bien local.

Englischer Garten Biergarten
Rien de plus rafraichissant qu’une weissbier dans un biergarten munichois.

L’heure venue, je suis rentré à l’auberge pour prendre ma clé, m’installer et passer à deux doigts de m’endormir sur le lit. Mais il fallait passer à travers la journée pour faire une nuit normale ! Et en plus, je commençais à avoir faim. Je suis parti souper dans les environs de la Marienplatz, plus précisément a la Weisses Brauhaus. C’est un vieux classique un peu touristique, mais bien populaire chez les Munichois qui aiment bien y prendre une bière. La saucisse, la choucroute et la weissbier y étaient à peu près parfaits. C’est sans oublier la serveuse qui correspond parfaitement au genre de petite blonde bavaroise avec la robe traditionnelle et un accent déroutant ;-)

Et vers 20h, j’étais déjà au lit, après 28 heures sans sommeil!

Jeudi 16 août

Colonne de la Victoire
La fontaine et une autre vue proche de l’ange de la liberté.

Le départ a été un peu plus lent… j’ai quand même dormi 10 heures avant de me lever pour prendre une douche et déjeuner. J’avais l’impression de reprendre vie ! Mais le début de mes visites s’est fait seulement à 11h, après avoir fait le plein de bouteilles d’eau et autres commodités. Je suis un touriste high maintenance.

En fin de matinée, j’ai visité la Neues Pinakothek, une galerie d’art moderne. Beau temps pour le faire car il pleut… Comme d’habitude, c’est la photographie qui a attiré mon attention. L’exposition sur la vie quotidienne en Chine était superbe. Pas de filtre pro ou anti communiste, juste un regard froid et direct sur la réalité. Impressionnant. Le dîner a été plutôt simple, des pâtes et un cappuccino dans un café Segafredo, une chaîne de cafés italiens bien populaires dans les grandes villes européennes.

En après-midi, j’ai surtout marché dans les quartiers populaires. J’ai été voir la fameuse Maximilienstrasse, connue pour ses boutiques. Toutefois, les marques Gucci, Armani et autres m’ont rapidement découragé d’entrer… J’ai été voir quelques monuments moins connus comme le Maximilaneum, où siège le gouvernement bavarois. Nice. En plus, j’ai fait quelques arrêts dans des magasins du centre-ville pour un trouver un cadeau. Et c’est pas mal ça pour jeudi. J’ai pris ça un peu plus mollo. J’ai rencontré une très sympathique Espagnole dans la chambre d’auberge. J’ai eu une bonne conversation de 30 minutes avec, et la complicité était là. Ça fait partie des plaisirs du voyage !

Jusqu’ici, les choses se déroulent surtout en allemand. Les gens à qui je parle veulent bien m’accommoder en anglais, mais je refuse et ils coopèrent. Va bien falloir qu’ils comprennent que certains veulent apprendre ! Il reste que je ne fais que la conversation de base, donc ce que j’ai appris dans les cours au Goethe Institut. Mais j’arrive à me faire comprendre et à pratiquer un peu. ça rassure.

La fin de la journée de jeudi aura été un peu longue. En mode vacances, je faisais tout très lentement, ce qui m’a valu de me trouver au lit vers 2h du matin.

Après être sorti de l’auberge et mis le blogue à jour, il était déjà passé 21h et il fallait encore que je soupe. Ne sachant pas trop où je voulais aller, je suis sorti dans le coin piétonnier de la Marienplatz pour m’arrêter à un vieux classique munichois, l’Augustiner Brauhaus. C’est la plus ancienne des environs, réputée pour sa bière et sa cuisine. Je me suis tapé quelque chose de cochon: un schnitzel (escalope de porc pané) avec des frites et une bière blonde de style Hell. La bière Hell des autres brasseries est supérieure, à mon avis, mais leur schnitzel est dur à battre. Un vrai délice qui bourre car ils en mettent deux dans l’assiette ! Mais bon, quand je voyage, les longues marches font brûler bien des calories. On peut se goinfrer en toute confiance :-)

En rentrant, j’ai acheté des cartes postales pour envoyer les premières dès le premier jour. Je planifie surtout d’en acheter à Dresden, car c’est le clou du voyage. Faut bien que les envois reflètent ce qui nous intéresse le plus… J’ai donc pris le temps de les remplir en relaxant dans le lobby de l’auberge de jeunesse.

Vendredi 17 août

Wow, quel lent départ ce matin ! J’ai dormi jusqu’à 9h30, me levant surtout car je sais que le déjeuner gratuit finit à 10h… quand je dis que je suis dans un mood de vacances, c’est vrai. Et je me sens en pleine forme. Les effets du décalage horaire sont une histoire ancienne.

La météo, elle, est un peu mitigée. De gros nuages gris gambadent au-dessus du ciel de la capitale bavaroise. Au moins, il ne pleut pas. Après une petite visite à la Hauptbahnhof pour ramasser un dépliant sur les trajets de train vers Bamberg, je me rends directement au quartier Schwabing. Cet endroit est un peu le quartier latin de Munich. Ses terrasses et ses magasins sont populaires auprès de la population locale, et c’est exactement le genre de chose que je recherche. C’est aussi un quartier universitaire, et j’ai constate que bien des étudiants s’arrêtent dans les cafés locaux, même si un espresso leur coûte assez cher. Vive le système allemand d’éducation et ses universités quasi-gratuites !

Pour le reste, Schwabing me fait penser a la rue St-Denis a Montréal, mais en plus beau. Plus d’espace, d’arbres et de plus grandes terrasses. Bel endroit à visiter. Le moment comique de la journée aura été de voir une jeune cycliste «expulser» de vieux touristes qui marchaient sur la piste cyclable se trouvant entre le trottoir et la rue. Elle a fait sonner sa clochette jusqu’à ce qu’ils comprennent le message. Faut savoir que bien des villes allemandes ont une piste cyclable sur chaque rue. Oui monsieur. Et ils n’aiment pas que les piétons leur piquent leur espace. Avec raison !

Anyway, à ce moment-la, j’arrivais a Siegestor, un arc de triomphe. C’est très beau… Et je suis en train de réaliser que plus le voyage avance, plus je me sens à l’aise. Je suis en train de faire un trou dans la barrière de la langue, ce qui rend l’expérience encore plus agréable. Si mon premier voyage en Allemagne a été plus difficile car c’était ma première fois et qu’on s’ennuie toujours de parler notre langue maternelle, ce n’est pas du tout le cas cette fois.

Pour le reste de l’après-midi, j’ai vraiment tout fait pour trouver un endroit parfait afin de prendre en phot un super panorama de Munich. Hélas, ça a été impossible. Les églises qui ont des tours ne les rendent pas accessibles au public dans cette ville, sauf la Peterskirche. Mais étant donné l’horaire, je devrai y aller lors de l’avant-dernière journée, alors que je terminerai le voyage en relaxant.
München
Une vue sur la ville à partir de la Peterskirche

Je suis donc retourné à l’auberge en fin d’après-midi pour déposer quelques affaires. En entrant dans la chambre, je suis tombé sur deux gars de Boston qui venaient tout juste d’arriver. Des gens très sympathiques qui brisent le mythe que l’on a des Etats-Uniens moyens… reste qu’un d’entre eux tenait à me faire savoir qu’il était bien fier de fumer du pot à Amsterdam. Félicitations, le gros.

Pour le souper, je me suis dirigé vers une institution: la brasserie Paulaner im Tal. C’est Paulaner sur la rue Tal, pour ceux qui en doutaient. C’est proche de la Marienplatz et un peu moins connu des touristes. J’ai commandé leur plus grande spécialité, sans trop être certain du type de viande que c’était ! Mais je savais que j’avais des dumplings dans l’assiette, et je me doutais bien que ce serait excellent. Finalement, ce que j’ai eu était des côtes de porc avec une sauce brune au goût assez prononcé. Avec, évidemment, une bière Paulaner de style Hell. Mmmm, excellent. Et leur Hell est probablement la meilleure du genre.

Après coup, je suis passé par la Marienplatz et je me suis assis un petit bout pour profiter de l’atmosphère. C’était une très belle soirée avec un ciel dégagé. Il faisait bon de relaxer, de regarder autour de soi et d’écouter le joueur d’accordéon qui étaitàa l’oeuvre.

Par la suite, je suis allé a mon endroit préféré, le Lowenbraukeller. C’est une brasserie traditionnelle bavaroise, située hors du centre-ville et moins touristique. J’y ai pris deux bières en relaxant… même si j’étais pas vraiment assez stressé pour relaxer :-) Au moment de payer, c’était trop drôle. Le gars voit mon magazine anglais et me demande d’ou je viens. Ich komme aus Kanada. Il me demande quelle ville. Aus Montréal. Et là, il a du mal à le croire. “Tu parles français?” Ben oui, chose. Et je réalise que j’ai devant moi un gars d’origines italiennes et grecques, né en Allemagne et ayant resté à Montréal et New York. Il était visiblement content de croiser un Montréalais car chaque fois que je sortais une exprèssion comme “c’est l’fun” ou “en esti”, ça l’amusait. Et ça fait sourire de constater encore une fois que le monde est vachement petit.

La suite: Magnifique week-end à Bamberg