Category: Allemagne 2003
2003
10.09

Montréal, 9 octobre 2003 – Je me suis levé et j’ai sorti du train pour me rendre à l’aéroport international de Munich. J’ai aimé mon premier voyage outre-mer.

Le voyage de retour a été long ! La descente de train s’est passée vers 7h; je me suis envolé vers midi dans un Boeing 767 vers Philadelphie et après une liaison vers Montréal; je suis arrivé chez moi vers 21h, l’équivalent de 3h du matin en Allemagne.

L’Allemagne, avec ses charmes touristiques et historiques, sa culture et sa bière, a réussi à me laisser des souvenirs ineffaçables. J’ai hâte au jour où j’y retournerai et je ne regrette vraiment pas le temps passé là-bas.

Que penser des Allemands ? Ils ne sont ni plus brillants ni plus cons que les autres. Ils sont tout simplement comme nous: des humains à la recherche du bonheur. Les clichés qui les glorifient et les démonisent sont tout à fait inutiles.

À certaines occasions, j’ai eu l’impression de rencontrer les gens que je connaissais déjà, en particulier quand j’ai partagé ma chambre de Munich avec entre autres un touriste allemand qui me faisait penser à mon meilleur ami: un grand gars timide mais très sympathique et sans prétentions.

Mon expérience de voyage me fait penser que la nature humaine ne change pas, d’un continent à l’autre. La qualité de la bière, toutefois, est supérieure en Allemagne !

2003
10.08

Berlin, 8 octobre 2003 – Pour le reste du voyage, du 5 au 9 octobre, je me suis contenté d’un agenda léger. J’avais pensé à des plans très chargés, mais j’ai préféré prendre mon temps pour profiter de l’atmosphère générale à Berlin et «prendre ça relax» entre les activités.

Le 5 octobre a été une journée de musées. J’ai commencé par le musée égyptien, un thème qui m’intéresse grandement. Il est seulement dommage que les inscriptions en Allemand n’étaient pas traduites pour les touristes qui ne comprenaient pas la langue locale. Par la suite, j’ai été au musée de la Poste et c’était assez fascinant. L’histoire d’un pays se reflète généralement assez bien par son patrimoine postal, ce que peu de gens réalisent… surtout que ces musées sont généralement accessibles gratuitement !

Vieux Musée
Le Vieux Musée de Berlin, splendide et pompeux.

Je me suis rapidement arrêté à Checkpoint Charlie, l’ancien point d’entrée de la zone américaine de Berlin. La vue du poste de contrôle, avant d’aller au stupéfiant musée, m’a donné l’impression de vivre à une autre époque. C’est un peu étrange de penser que les gens devaient faire des pirouettes pour se déplacer dans leur propre pays…

J’ai aussi été voir la Topographie de la terreur et un des derniers bouts du mur de Berlin, deux sites assez populaires chez les touristes, à en juger par le nombre de personnes présentes quand j’y suis allé et les commentaires que j’ai entendu de la part de mes colocataires d’auberge.

Mur de Berlin
Un des derniers bouts du mur de Berlin.

J’ai terminé la journée avec un souper dans un petit resto asiatique dans l’ancienne Berlin-est et en écrivant mes notes de voyage, j’ai eu une pensée pour mes proches. J’espérais que mes lettres et cartes postales s’étaient rendues à destination et que tout allait bien pour eux !

Le 6 octobre, j’ai un peu végété, ce qui n’était pas une mauvaise chose après tout ce que j’avais fait les deux semaines précédentes. Je n’ai à peu près rien fait et j’ai passé une bonne partie de l’après-midi au Musée historique allemand – l’exposition sur la vie de John F. Kennedy m’a fasciné – et la soirée à l’auberge à converser avec des touristes et des Allemands qui visitaient Berlin.

Je peux dire que le 7 octobre a aussi été plutôt calme. Je crois que ce que j’ai apprécié le plus à Berlin, en dehors des monuments du centre historique et des musées, c’était l’atmosphère dans laquelle je me sentais confortable. C’était plutôt reposant de se sentir à la maison à l’étranger, et bien franchement, je commençais à me dire que le jeu du tourisme avait ses limites. C’est agréable, pendant des vacances, de souffler un peu.

J’ai limité mes activités au musée de la Ville de Berlin, qui relatait la longue histoire de la capitale allemande, et à quelques promenades dans des parcs, dont le Victoria Park, qui m’a un peu surpris par son… manque de charme.

Gendarmmarkt
La Gendarmmarkt

Le soir, je suis allé souper dans un petit resto italien près de l’auberge de jeunesse, un établissement qui sert de bonnes pâtes et de la bonne pizza à un excellent prix. Ce que j’ai le plus apprécié dans ce resto, c’est la bière Jever Pilsner. C’est la bière la plus amère que j’ai pu goûter, au point où elle dominait facilement le plat que je mangeais. Je l’ai bien appréciée !

Le lundi 8 octobre

C’était la dernière journée de voyage avant le retour ! Après avoir bien dormi, déjeuné et pris une douche, j’ai plié bagages pour quitter l’auberge de jeunesse. Je partais ce soir-là en prenant le train de nuit en direction de Munich, pour ensuite me rendre à l’aéroport international de Munich et m’envoler vers Montréal avec une petite escale à Philadelphie.

Comme je ne voulais pas traîner mes bagages avec moi pendant toute la journée, j’ai loué une petite case à la gare centrale berlinoise et j’ai profité de ma dernière vraie journée en territoire allemand.

Je me suis rendu au musée du Bauhaus pour une bonne visite, et j’ai adoré l’expérience ! Je suis un amateur de Bauhaus, autant pour ses particularités architecturales, ses couleurs vives et sa simplicité que son art méconnu.

Je me suis aussi arrêté au Brücke Museum, un musée consacré à l’art impressionniste qui a tant fait couler d’encre dans les pages culturelles des journaux et magazines. Franchement, ce n’est pas ma tasse de thé. Sauf pour quelques regards frappants vus sur certaines peintures, l’impressionnisme m’a laissé indifférent.

En fin d’après-midi, quand le soleil s’est couché, j’ai décidé de ponctuer le voyage de la meilleure façon en revisitant le Reichstag et la Porte de Brandebourg, les deux constructions qui m’ont le plus marqué.

Avant d’aller prendre le train de nuit, j’ai été souper à la Stammhaus, un petit restaurant intéressant à l’ambiance très calme. Pour les amateurs de bière, j’y ai pris ce qui est, à mon pas-très-humble avis, la meilleure bière que j’ai pu goûter. L’excellente Radeberger Pilsner brassée en Saxe, avec son intense amertume et son goût des plus secs avec une pointe de vanille et de citron, est LA bière parfaite. Même la Pilsner Urquell, que bien des gens considèrent comme la référence, n’arrive pas à la battre. Si seulement on pouvait l’avoir en canette à Montréal !

Au revoir !
Au revoir, Allemagne !

Après le souper, je suis retourné à la gare centrale de Berlin pour y prendre le train de nuit vers Munich !

Le mot de la fin: Conclusions

2003
10.04

Berlin, 2 au 4 octobre 2003 -

Le 2 octobre au soir, je me suis rendu à la gare centrale de Munich pour prendre le train de nuit entre Munich et Berlin. Le départ était prévu vers 23h et l’arrivée vers l’heure du déjeuner à Berlin.

Je ne prenais pas le train de nuit par nécessité ou pour économiser, mais bien parce que c’était tout simplement quelque chose que je voulais essayer. L’idée de dormir paisiblement, sur mes deux oreilles, pendant que le train allait m’amener à destination me paraissait excellente, et ça me faisait penser aux vieux films que j’ai vu à la télévision quand j’étais un peu plus jeune.

Train de nuit
Ce train de nuit m’a transporté de Munich à Berlin dans la nuit du 2 au 3 octobre.

Le verdict ? J’ai bien aimé l’expérience. Les wagons-lits fermés étaient bien isolés contre le bruit et il y avait deux personnes par cabine. Les lits étaient superposés et, à ma grande surprise, chauds et confortables. Le fait de dormir dans la même cabine qu’un autre voyageur ne m’a pas vraiment dérangé car j’étais plutôt fatigué et nous étions tous les deux là pour les mêmes raisons: dormir et se rendre à destination tôt le matin.

Ça bouge un peu pendant le voyage mais il y a un certain «seuil de mouvement» qui, si atteint sans être interrompu par des déplacements brusques, fait le même effet que de se faire bercer. On peut très bien dormir dans un train de nuit, à condition de ne pas être de ceux qui exigent l’absence totale de bruit ou de mouvement pendant la période de repos.

Le 3 octobre à 5h45, mon «colocataire» et moi étions déjà en train de se lever quand un des préposés de la Deutsch Bahn est venu cogner à notre porte pour nous inviter à aller prendre le déjeuner dans le wagon-restaurant. J’ai eu droit au déjeuner allemand typique, mais cette fois un peu plus haute de gamme… chic !

En sortant du train vers 7h30, un léger manteau de brume habillait Berlin. L’air était humide et les ruines de l’église située près de la gare mêlées au brouillard livraient un drôle de tableau au premier coup d’oeil.

Je suis allé au bureau de tourisme de l’Europa Center pour trouver mon chemin vers l’auberge de jeunesse et on m’a dit que l’endroit choisi, l’auberge Ernst Reuter, était beaucoup trop éloigné du centre de la ville pour un utilisateur de transport en commun. L’employé en question s’est chargé de me trouver une chambre pour la durée de mon séjour dans une auberge bien située au centre-ville. Mettez une étoile à son dossier, ce gars-là m’a mieux servi que tout autre employé de bureau de tourisme en Allemagne !

Ce matin-là, après avoir acheté mon titre de transport pour pouvoir parcourir Berlin en tout temps et payé mon auberge, toutes mes dépenses importantes étaient faites et mon budget était plus serré. J’ai amorcé un petit virage pour devenir financièrement conservateur pendant le reste du voyage.

Autobus
Les autobus de Berlin ont deux étages. J’ai bien aimé m’asseoir au deuxième étage et regarder partout autour de moi pendant les trajets.

Après m’être installé à l’auberge, j’ai effectué mes premiers pas en tant que touriste et j’ai tout de suite pu saisir les petites choses qui font de Berlin une ville unique. Les rues sont très larges – souvent trois ou quatre voies de chaque côté – avec des passages piétonniers au milieu, une unité architecturale imposante et beaucoup d’espace.

Rue de Berlin
Les rues de Berlin sont très larges, avec souvent trois ou quatre voies de chaque côté.

Berlin est une ville aérée où il fait bon marcher, s’asseoir pour siroter une bière ou s’arrêter dans un café. Pour cela, j’avais l’impression de me retrouver dans le même type d’atmosphère que Montréal – vous pouvez être en désaccord ! – et ce type de climat m’a mené vers ma «zone de confort» et donné le goût d’y terminer mon voyage comme prévu.

J’ai marché dans les quartiers les plus fréquentés et en fin d’après-midi, je suis allé souper dans un petit resto près de mon auberge. J’ai été surpris par les prix. Pour 7 euros, j’ai eu droit à un bon plat de pâtes et une bière Berliner Weisse verte – bière avec du jus d’asperule – dans une ambiance agréable.

J’ai été plutôt tranquille en soirée. Je me suis contenté de faire quelques courses et de retourner à l’auberge. Le temps frisquet et pluvieux qui sévissait à Berlin pendant que j’y étais ne m’encourageait pas à sortir. Pour la première fois, j’ai couché dans une auberge où les chambres sont mixtes. C’était un peu inhabituel de me retrouver dans une chambre avec un gars et trois filles, mais il n’y avait aucun malaise, autant chez les gars que chez les filles.

Encore une fois, les gens ont réagi avec étonnement et enjouement quand je leur ai dit que j’étais Canadien. Partout où je suis allé, la mention «I am Canadian» m’a valu des commentaires positifs, plusieurs questions et un vif intérêt de la part de mes interlocuteurs. C’est plutôt flatteur, et cette réputation à l’étranger m’a conforté en me faisant penser que le touriste canadien était généralement bienvenu.

Ce soir-là, j’ai une de bonnes conversations avec mes compagnons (suisses et autrichiens) de chambre, ce qui était tout aussi fascinant que plusieurs de mes visites touristiques.

Le samedi 4 octobre

Encore une fois, je me suis levé tôt, mais cette fois, mes «colocs» étaient bien paresseux. Ils étaient toujours en train de sommeiller à mon retour du déjeuner, sauf pour une ravissante Autrichienne aussi matinale que moi… et qui semblait me faire des sourires un peu insistants !

Ce matin-là, je suis parti à la conquête de Berlin. J’avais l’intention d’avoir du plaisir. Le voyage achevait et je voulais le ponctuer de la meilleure façon possible. J’ai parcouru le centre historique de la ville, du Reichstag jusqu’à l’ancienne Berlin-est.

Reichstag
Le Reichstag, lourd pastiche de la Renaissance et siège d’une des démocraties les plus modernes du monde. Ce parlement a finalement l’utilité qu’il méritait.

J’ai attendu deux bonnes heures pour entrer au Reichstag, mais j’ai adoré ce lourd, magistral et impressionnant édifice inspiré de la Renaissance. Je suis monté dans la coupole pour y prendre quelques photos et j’ai pu y observer les alentours. Ce parlement, siège de l’une des démocraties les plus modernes du monde, suscitait un grand intérêt de ma part.

Porte de Brandebourg
La Porte de Brandebourg, mon monument préféré. Quelle beauté !
Colonne de la Victoire
La Colonne de la Victoire.

Je suis ensuite allé voir la Porte de Brandebourg, qui est située très proche du Reichstag. Ce monument historique est, à mon avis, le clou du voyage. C’est la pièce maîtresse, autant au niveau architectural qu’historique. Par sa beauté et sa signification, la Porte de Brandebourg m’a ensorcelé.

À quelques minutes de marche de la Porte, je suis allé voir la colonne de la Victoire, construite de 1865 à 1873, au moment où se tramait la première unification du pays. Une éclaircie m’a permis de prendre une photo magnifique (à mon avis) de la Colonne, alors que le soleil rayonnait dessus avec toute sa puissance.

J’ai ensuite marché sur la très large avenue Unter den Linden (sous les tilleuls) en passant par le Tiergarten, la Gendarmmarkt et plusieurs autres bâtiments, jardins ou monuments qui m’ont bien plu. J’ai pris beaucoup de photos cette journée-là et j’ai terminé ma journée de tourisme dans un petit restaurant de l’Alexanderplatz. Rien de spectaculaire, toutefois.

Je suis revenu à l’auberge avec les pieds en compote !

La suite: Fin de voyage à Berlin

2003
10.02

München, 28 septembre au 3 octobre 2003 – Le trajet de Nuremberg à Munich a été très court, fort probablement parce que j’anticipais mon retour dans la magnifique capitale bavaroise depuis le début de mon périple allemand. J’y effectuais ma rentrée pour le coeur du voyage !

Rue de Munich
Une rue de Munich, dans les vieux quartiers de la ville.

Je me suis installé à la même auberge de jeunesse qu’à mon arrivée pour rester dans la même ville jusqu’au 2 octobre, ce qui peut sembler une petite éternité, considérant les conditions de la tournée bavaroise qui venait de se terminer.

Comme je ne faisais que m’installer le 28 septembre, mon premier réflexe a été d’aller passer une partie de la soirée à la Marienplatz pour souper et relaxer avant d’entreprendre les activités prévues dans les prochains jours.

Je me suis assis à la terrasse du Zum Ewigen Licht pour y commander une Anno 1417 naturtrübes kellerbier, une spécialité de la brasserie Hacker-Pschorr avec une salade de patates et un wiener schnitzel (escalope de porc panée). Je peux encore recommander les produits locaux dégustés ce soir-là… en fait, presque tout ce que j’ai pu manger comme spécialité locale en Bavière a été intéressant. Il ne manque qu’une chose que bien des gens découvrent quand ils vont là-bas: la saucisse blanche (weisswurst), que je déteste et que j’ai évité comme la peste… même en Allemagne.

Si les gens se demandent à quel point Munich peut envoûter le touriste qui s’y intéresse… je dis que l’ambiance peut y être parfaite. La Marienplatz était animée en début de soirée et le repas était excellent, un petit vent me rafraîchissait légèrement. Avec un ou deux musiciens qui jouaient de l’accordéon dans les alentours, j’ai pu capturer, le moment d’un souper, l’atmosphère d’une vieille ville européenne enchanteresse avec son admirable architecture, son milieu urbain piétonnier calme mais enjoué et romantique. En fait, il n’y manquait que deux chandelles et une copine !

En revenant à l’auberge ce soir-là, j’ai vu un homme pleurer en face de moi dans le métro munichois, ce qui m’a donné l’impression que nulle part dans le monde les gens n’échappent à la tristesse et aux difficultés de la vie. J’étais sur un autre continent mais en même temps, j’avais l’impression de me retrouver à deux coins de rue de chez moi. Étrange, n’est-ce pas ?

Le lundi 29 septembre

Quelle journée de fou ! Je me suis levé très tôt avec un calendrier chargé. Je voulais profiter de mes quelques jours à Munich pour visiter autant de sites et d’attractions que possible. Comme je planifie habituellement bien mon temps, j’ai réussi à visiter un bon nombre d’endroits en peu de temps… pour revenir chaque soir avec les jambes en compote.

Le matin, je suis parti de l’auberge pour m’arrêter à la station de métro Marienplatz et marcher autour du centre-ville. J’ai été voir le viktualienmarkt qui m’a grandement estomaqué parce qu’il était à peu près comparable au marché Jean-Talon de Montréal, si l’on remplace les produits de viande par de la charcuterie !

J’ai parcouru l’Odeonsplatz où l’on peut retrouver l’ancien palais Leuchtenberg et surtout la superbe halle des capitaines (Feldherrnhale) construite de 1840 à 1844 pour honorer les généraux bavarois, qui donne à l’endroit un air presque italien. C’était étrange mais captivant.

Odeonsplatz
La halle des capitaines, à l’Odeonsplatz.

Ensuite, j’ai été voir le Hofgarten, un très joli jardin, et visiter la Residenz, résidence munichoise de la dynastie de Wittelsbach
bâtie à partir de 1385. Le trésor et le musée de la résidence sont particulièrement truffés d’oeuvres et d’objets d’époque qui séduisent l’oeil, même celui du néophyte du monde des arts !

Hofgarten
Le Hofgarten, joli jardin munichois.

Avant d’y entrer, je me suis arrêté dans une chocolaterie où à peu près toutes les gâteries offertes sur les étalages semblaient délicieuses, pour manger une barre pralinée qui a donné un petit orgasme à mes papilles gustatives. Que voulez-vous ? Je suis de ceux qui ne peuvent résister à l’attrait du cacao mélangé au lait ou à la crème…

Vers la fin de l’après-midi, je me suis rendu à l’Englischer Garten, le très étendu jardin anglais situé au nord-est de la vieille ville. J’y ai pris peu de photos mais laissez-moi vous jurer une chose: ce jardin est colossal et si vous ne pouvez marcher sur une longue distance, ne vous aventurez pas dans un tel espace vert. J’ai adoré ma visite même si le biergarten (jardin de la bière) dont le Guide Michelin vantait les mérites était fermé parce que l’été était terminé. Dommage !

Englischer Garten
Le grandiose Englischer Garten, trop large pour entrer dans une seule photo !

Après une longue journée, l’appel du repas et du houblon se sont fait sentir. Un retour à l’auberge suivi de quelques vérifications auprès de ma banque pour m’assurer que les finances étaient en ordre ont suffi pour ponctuer la
journée avant de me rendre à la légendaire Hofbräuhaus, l’un des lieux saints de l’Allemagne pour tout amateur de bière digne de ce nom.

C’est quoi, la Hofbräuhaus ? Un des plus grands producteurs de bière de la Bavière dont la brasserie de Munich est célèbre et très populaire localement. En entrant, on voit deux accès: celui du restaurant à l’étage et celui de la brasserie elle-même. Je suis allé au restaurant en premier. J’ai commandé un steak de porc grillé accompagné d’une patate au four à la crème sûre et un bock de 1 litre de la bière blonde traditionnelle de la Hofbräuhaus… un petit plaisir composé de spécialités de l’établissement.

Après le souper, je suis descendu à la brasserie, tout simplement pour profiter de l’ambiance festive. Ne voulant pas m’enivrer davantage, je n’ai pas commandé de bière, je me suis contenté de m’asseoir à une table. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, la brasserie de la Hofbräuhaus est une très grande salle avec de longues tables et des bancs avec un groupe qui joue des chansons bavaroises pendant que les clients boivent leurs litres de bière et mangent quelques gros bretzels, une collation particulièrement prisée que j’ai bien apprécié moi-même. D’ailleurs, les bretzels «format chips» vendus en Amérique du Nord sont pathétiques, à mon avis !

En fin de soirée, vers 23h locales, je suis passé par la mini-boutique de la brasserie pour acheter deux bocks de format 500ml pour donner en cadeau, un pour mon père et l’autre pour mon beau-père. Des bocks authentiques de la Hofbräuhaus… je leur ai dit de ne pas les casser !

Le mardi 30 septembre

Ce matin-là, je n’étais pas trop enthousiaste. À l’agenda: une visite au camp de concentration de Dachau, à quelques kilomètres de Munich.

Je n’étais pas chaud à l’idée de jouer au touriste dans un endroit où des atrocités et des meurtres ont eu lieu. Toutefois, les personnes que je connaissais qui ont visité Munich et les environs m’ont recommandé d’y aller pour saisir l’horreur des crimes commis par le régime nazi, qui a sévi pendant 12 ans en Allemagne.

Dachau

«Le travail rend libre». Une entrée qui m’a glacé le sang.

D’une certaine façon, j’ai été «chanceux» car les conditions météorologiques étaient remarquablement ensoleillées. Au premier coup d’oeil, j’ai compris que la pluie avait le potentiel de décupler le choc reçu en arrivant sur les lieux. Les installations elles-mêmes, qui relataient par leur symétrie le meurtre planifié et systématisé de milliers de personnes, offraient déjà un sinistre spectacle. La noirceur et la tristesse ajoutées par des nuages gris et une averse de pluie ne pouvaient que se répercuter sur le moral du passager.

Je donne raison à ceux et celles qui m’ont incité à me rendre sur place. L’horreur du camp de concentration m’a frappé et j’ai eu l’impression que les images vues dans des documentaires d’histoire à la télévision se posaient devant mes yeux. Du coup, l’indifférence que tout individu habitué à la démocratie peut ressentir face aux mouvements politiques radicaux, qui gagnent en popularité dans certains pays, ne peut que disparaître.

Dachau
Franchir ce petit fossé n’était pas recommandé. Des tireurs assuraient la surveillance à partir de tours de contrôle et tuaient tout détenu qui tentait de s’évader.

En après-midi, j’ai continué mon itinéraire en visitant deux musées: le musée BMW et le Deutsches Museum.

Le musée BMW est plutôt fade. J’ai cependant adoré la vision d’une séduisante Z8 – l’auto de mes rêves – couleur argent stationnée à l’entrée intérieure, un petit bolide que j’ai photographié avec acharnement.

BMW Z8
La BMW Z8

Le Deutsches Museum, musée technique où le visiteur peut apprendre énormément de choses sur la mécanique, la technologie, l’industrialisation et la fabrication de produits courants, s’est avéré fascinant. Ça me rappelait les années d’école primaire, quand on visitait des endroits où l’on nous expliquait les procédés de fabrication et de transformation des industries locales, ou tout simplement ce qu’est l’électricité.

Il m’aurait fallu une journée complète pour donner justice à ce musée, mais je n’avais pas ce genre de temps !

L’Oktoberfest (1er octobre)

Pendant l’organisation du voyage, l’Oktoberfest était la pièce maîtresse de mes plans, mais au bout du compte, ce n’aura été qu’un épisode.

Oktoberfest
Pour respecter la tradition, il faut amener les fûts de bière en les traînant avec des chevaux.

C’est quoi l’Oktoberfest ? C’est la fête de la bière, l’équivalent houbloneux du pèlerinage de La Mecque. Environ 100 000 personnes se retrouvent en tout temps sur le site de la Theresienwiese, qui ressemble à un cirque avec quelques manèges, des comptoirs de fast-food allemand et surtout une quinzaine de gigantesques tentes. Dans les tentes, de longues tables et des bancs recouvrent une très grande partie de la surface et les gens y boivent la bière spéciale d’Oktoberfest brassée par la grande brasserie – les «six grandes» de la Bavière fournissent le breuvage doré – qui vend la bière dans la tente.

Oktoberfest
La tente de bière de Paulaner, là où l’on servait un bon bock d’un litre de la version Oktoberfest de la bière blonde de la grande brasserie bavaroise. Hmmm !

Je suis allé à la tente principale de Paulaner pour m’asseoir à une table avec quelques Bavarois et un touriste italien et j’ai commandé un bock d’un litre – ils ne vendent aucun autre format – de la bière d’Oktoberfest produite par Paulaner. Je peux vous dire une chose: la version Oktoberfest d’une bière contient plus d’alcool, donc «ça fesse dur» et très vite ! Comme j’ai voulu être raisonnable, je me suis limité à un bock, j’ai pris quelques photos, j’ai marché sur le site et je suis parti.

Oktoberfest
Le site de l’Oktoberfest ressemble, à première vue, à un cirque avec ses manèges et ses comptoirs de fast-food. Détrompez-vous parce que c’est une beuverie à grande échelle !

Pour le reste de la journée et celle du 2 octobre, je me suis contenté d’écrire à quelques proches, à revisiter certains endroits appréciés de Munich et à compléter mes achats de souvenirs, dont des bocks et verres à bière pour et un de mes amis et moi. La seule exception a été une courte visite à la Königsplatz pour prendre quelques photos des bâtiments architecturalement pompeux.

Königsplatz
L’architecture prétentieuse de la Königsplatz ne peut laisser indifférent.

Honnêtement, j’avais hâte de quitter Munich le 2 octobre. Pour une raison que je n’ai pas entièrement compris, cette cité m’a rendu très émotif. Tous les sentiments que je pouvais avoir ont été décuplés, ce qui est exceptionnel et déstabilisant pour un gars terre-à-terre (et parfois froid) comme moi, surtout dans les moments où les sentiments sont moins positifs. Pour la première fois, aussi, je pensais à Montréal et à mon environnement de vie habituel avec une petite hâte de revenir à la maison. Je ne m’attendais pas à la petite surprise que Berlin me réservait…

La suite: La conquête de Berlin

2003
09.28

Nürnberg, 27-28 septembre 2003 – Après un déjeuner et quelques conversations avec des gens que j’ai bien apprécié connaître au petit matin à l’auberge de Füssen, je suis allé prendre le train à la gare centrale. Il était en retard de 30 minutes et le personnel semblait prendre son temps.

Porte de Nuremberg
Une des portes de Nuremberg. Pendant la période médiévale, il fallait franchir une de ces portes pour entrer dans la ville.

Il est temps de détruire un mythe à propos de l’Allemagne: les trains allemands ne sont pas plus à l’heure qu’ailleurs dans le monde ! Pendant un voyage de trois semaines, six des trains que j’ai pu prendre ont accusé des retards, dont la moitié de plus d’une demi-heure. Si les trains allemands ont bonne réputation à l’étranger, l’époque de la ponctualité est révolue !

Après une liaison, je suis arrivé à Augsbourg trop tard pour prendre le train prévu à l’horaire détaillé que l’on m’avait donné à Munich et… le train suivant était aussi en retard ! Puis-je vous dire que j’étais en !@#$%?&* après les trains allemands supposément efficaces ?

Une fois en route, j’ai profité du périple pour écrire une carte postale à un de mes bons amis de Jonquière, qui ne s’attendait pas du tout à recevoir une carte – et le verre à bière à Noël – que je prévoyais lui envoyer !

Une fois arrivé à Nuremberg, j’ai réalisé que ma planification de transport était très erronée. J’avais été surpris par l’existence d’un métro dans une ville d’environ 500 000 habitants, mais je m’étais dit que ça allait grandement faciliter les déplacements. Imaginez ma surprise quand j’ai réalisé que le métro ne circulait qu’autour de la ville. Il fallait marcher pour aller à l’intérieur, là où plusieurs endroits intéressants se trouvaient. Une chance que l’on pouvait traverser la ville entière en environ 30 minutes à pied !

Après avoir reçu un petit coup de main du bureau de tourisme pour me retrouver, j’ai pris mes sacs pour traverser Nuremberg à pied, de la gare jusqu’à l’extrême nord des fortifications médiévales de la ville, là où se trouve l’ancien château où loge l’auberge de jeunesse.

C’est le site le plus enchanteur que j’ai pu voir pour une auberge, à un prix aussi bas qu’ailleurs. Les chambres étaient grandes et le personnel courtois. Ces gens-là m’ont même donné quelques indications pour faire un interurbain – essayez de téléphoner au Canada à partir de l’Allemagne, juste pour voir ! – ce que j’ai pu faire une fois rendu à Munich en raison de l’accessibilité des téléphones.

En arrivant dans ma chambre, un de mes colocs – les chambres étaient partagées dans les auberges… – était en train d’échanger des bisous avec sa copine. Les deux tourtereaux ont été passablement surpris de recevoir de la visite alors qu’ils étaient probablement à un moment de se déculotter… dans une chambre d’auberge de jeunesse où les règles ne permettent pas la mixité !

Une fois installé, je suis sorti pour visiter ce que le Guide Michelin semblait recommander le plus: les fortifications médiévales de Nuremberg. J’ai été agréablement impressionné par la grandeur de ces monuments historiques qui devaient être infranchissables à l’époque où les armées comptaient grandement sur les capacités du corps humain plutôt que la technologie pour conquérir du terrain.

Après avoir contourné la ville par le nord-ouest, je suis entré – avec mes armés imaginaires ! – et j’ai longé les bords de la Pegnitz, une étonnante petite rivière au courant calme qui traverse Nuremberg et coule sous des ponts attrayants typiques de la vieille Europe.

Pegnitz
J’ai toujours rêvé de prendre une photo splendide incluant une réflexion de ce genre. La voici !

En marchant, j’ai découvert qu’un festival se déroulait à la place du marché. J’ai laissé l’ambiance m’imprégner et je me suis mêlé à la foule, en m’arrêtant à un «stand» pour déguster une spécialité de Nuremberg: le pain d’épices. À la fois tendre et croustillant, c’est un petit bonheur régional qui mérite un essai… ou deux, ou trois !

En soirée, j’ai passé une bonne trentaine de minutes à marcher pour trouver un bon restaurant et pour m’arrêter au Nassauer Keller, situé dans le profond sous-sol obscur mais extrêmement charmeur d’un édifice historique en brique (Nassauer Haus) que j’ai découvert par hasard et par goût esthétique au centre de la ville. J’y ai mangé des patates aplaties en crêpe et rôties avec des filets de porc et de la sauce au bacon. Je ne sais pas si c’était véritablement une spécialité franconienne, mais j’ai noté que ça bourrait la panse et titillait les papilles. La bière pression locale, la St. Georgen Keller Bier, était plutôt ordinaire à mon avis. Sans caractère et sans texture.

En revenant, je me suis perdu dans la ville et une fois arrivé à la Frauentor, une des portes de la ville, j’ai réalisé que j’étais au Sud alors que je voulais me diriger vers le Nord ! J’ai marché une bonne demi-heure pour revenir à l’auberge et une fois revenu, je me suis aperçu que j’avais oublié mes serviettes à l’auberge de Füssen. Brillant !

Pegnitz

La rivière Pegnitz traverse Nuremberg, près du Nord des fortifications.

Le lendemain, le 28 septembre, j’ai pris mes bagages pour visiter le Musée national allemand avant de quitter Nuremberg. C’était intéressant en raison des nombreux objets historiques prélevés partout à travers le pays, mais j’étais plutôt heureux que ma carte de presse m’ait donné accès gratuitement au musée… je ne suis pas certain que j’en aurais eu pour mon argent si j’avais payé les cinq euros demandés !

Pendant toute la matinée, Nuremberg était d’un calme extrême. C’était dimanche et la ville semblait morte, seuls les clochers d’église brisaient le voile muet qui planait tout autour. Un calme que j’ai bien apprécié car je sais aimer une atmosphère paisible.

Une fois dans le train, en après-midi, je me dirigeais vers Munich pour la partie la plus importante du voyage. J’allais finalement explorer la ville qui me fascinait tant.

La suite: À la découverte de Munich

2003
09.26

Füssen, 25-26 septembre 2003 Quand j’ai procédé à la planification du voyage, plusieurs semaines avant de fouler le sol allemand, je me suis dit que ma tournée bavaroise s’avérerait probablement éprouvante avec beaucoup de kilométrage en quelques jours. J’ai donc décidé de m’arrêter pour au moins «deux dodos» à la même auberge, dans la même ville, pour me donner le temps de souffler et d’écrire à mes proches.

Train à Füssen

Au moment de décider, j’ai arrêté mon choix sur Füssen parce que je prévoyais de visiter les châteaux Neuschwanstein et Hohenschwangau pour «prendre ça relax» pendant le reste de mon séjour. J’ai pris cette décision presque au hasard mais je ne l’ai pas regretté parce que j’ai eu droit à la surprise du voyage !

En débarquant du train, en regardant autour de moi et en consultant les préposés au service à la clientèle de la Deutsch Bahn (compagnie de train), j’ai eu l’intuition suivante: cette petite ville est dynamique et les gens savent comment accueillir les touristes. L’employé de la DB s’exprimait dans un anglais impeccable et les lieux étaient charmants.

J’avais l’impression de me retrouver dans une petite localité (16 500 habitants) qui allait me plaire, et ce sentiment a été confirmé pendant mon trajet à pied entre la gare et l’auberge de jeunesse. Tout, à Füssen, semblait être situé au bon endroit et l’unité architecturale de cette perle fondée au Moyen-Âge me plaisait énormément. En me rendant à l’auberge, j’ai marché avec quelques jeunes touristes qui se rendaient au même endroit, et ils partageaient mon enthousiasme à propos de Füssen.

Rue à Füssen
Une belle petite rue de Füssen.

À l’auberge, j’ai pu constater à quel point le personnel était compétent et à quel point tout était mieux organisé qu’ailleurs. La clientèle était plus variée que celle des auberges visitées auparavant et l’ambiance y était saine. Toute une différence avec Berchtesgaden !

En début de soirée, je suis sorti pour trouver un resto ou une brasserie, et sur mon chemin, j’ai pu apprécier la beauté de Füssen.

Rivière de Füssen
Une jolie petite rivière traverse Füssen près du vieux quartier de la ville.
Église à Füssen
J’ai trouvé cette église très jolie.

Pour ceux qui s’intéressent à la bouffe et la bière bavaroises, je me suis arrêté à un petit restaurant choisi au hasard pour déguster une bière et un repas. J’ai pris une Radler, une bière avec du jus de limette, ce qui donne un goût très original mais très léger qui s’apparente presque à la limonade en raison de l’agrume qui se mêle au houblon et à l’alcool. J’ai aussi pu essayer le Knödel, une sorte de pain trempé qui a charmé mes papilles malgré mon préjugé défavorable envers ce type d’accompagnement. Le plat principal était un jarret de porc, une spécialité allemande qui mérite un essai.

Après le souper, j’ai pris une bonne marche dans la vieille ville pour m’intégrer à l’ambiance qui ne pouvait que me plaire.

Le lendemain, le 26 septembre, j’avais prévu de visiter les deux châteaux de Louis II de Bavière en après-midi. J’ai profité de la matinée pour découvrir le coin et acheter du papier à lettre, des enveloppes, des cartes postales ainsi que des timbres pour écrire à mes proches. J’ai particulièrement aimé mon arrêt à la terrasse d’un café italien qui sert un latte macchiato exquis – si vous allez en Europe, vous DEVEZ essayer ce café ! – en rédigeant mes envois.

Les terrasses de Füssen et les places vers lesquelles convergent les rues sont accueillantes et le latte macchiato que servent les cafés est délicieux.
Neuschwanstein
Le spectaculaire Neuschwanstein.

En après-midi, les impressionnants châteaux Neuschwanstein et Hohenschwangau m’ont donné de quoi rêver et la longue marche ascendante vers les deux édifices a fait travailler mes mollets. Si le Hohenschwangau m’a charmé par son authenticité moyenâgeuse et sa simplicité, le très néo-gothique Neuschwanstein m’a étourdi avec ses allures follement romantiques tirées des contes de fées. Je me suis dit que ce Louis II de Bavière devait vivre dans un monde irréel de richesse et de délire créatif parce qu’il a conçu un héritage architectural des plus gracieux en très peu de temps. Il s’est ruiné en bâtissant des châteaux, mais le patrimoine qu’il a laissé derrière lui insuffle de belles émotions à celui qui prend le temps de découvrir son oeuvre.

En soirée, je me suis attablé à un restaurant de l’Allgäuer Brauhaus, qui sert l’excellente Teutsch Pils, une bonne Pilsner bien sèche, assez amère avec un léger goût de citron. Une excellente bière pour les amateurs de Pilsner ! Je me suis tapé une choucroute et des bratwurst. La bratwurst est une petite saucisse grillée, un véritable délice.

Malheureusement, il fallait que je quitte Füssen le lendemain car Nuremberg m’attendait. Alors en sortant de la brasserie, j’ai pris une bonne heure pour marcher dans les rues de Füssen, une petite destination que je me suis promis de ne jamais oublier.

Hohenschwangau
Le simple mais élégant Hohenschwangau.

Pour les amateurs de bière: j’ai acheté la veille une bouteille de Paulaner Salvator, que j’ai pris en relaxant devant la télévision à l’auberge. Elle est très maltée et très forte en alcool. Ce n’est pas mon genre de chose, mais pour ceux qui aiment les bières foncées au goût malté prononcé… c’est un must. Pour la télévision… je n’ai foutument rien compris car ma connaissance de l’allemand est très limitée !

En fin de soirée, le malheur des autres m’a bien amusé. Voici pourquoi: quand j’ai soupé à l’Allgäuer Brauhaus, quelques jeunes Australiennes se trouvaient à quelques tables de moi. Elles avaient commandé des boissons alcoolisées alors qu’elles étaient mineures. Si le serveur ne le savait pas, les professeurs qui étaient avec elles en voyage l’ont su et ils les ont prises en défaut en arrivant à l’auberge de jeunesse. Je me suis approché d’un des profs et j’ai confirmé ses soupçons en lui disant que j’avais vu ces filles à la brasserie en train de prendre un verre. J’ai souri parce que ça m’a rappelé que l’on fait tous cela quand on est adolescent… sauf que c’est plus drôle quand ce sont les autres qui se font prendre !

La suite: Un arrêt à Nuremberg

2003
09.25

Berchtesgaden, 25 septembre 2003 – Le matin du 25 septembre, le ciel de Berchtesgaden était bleu et le soleil brillait à travers la légère brume qui planait dans les environs. La vue de telles conditions climatiques mariées avec la beauté des lieux au petit matin ne pouvait que me faire sourire à l’aube d’une courte expédition montagnarde.

Le Guide Michelin pour l’Allemagne recommandait un arrêt au Kehlstein pour visiter le «nid d’aigle», une maison de thé que les autorités locales ont préservé après la Deuxième Guerre mondiale afin de transformer ce gîte d’Hitler en attraction touristique.

Un peu déçu de mon arrivée à Berchtesgaden la veille, j’espérais que le kilométrage qui m’avait mené là, les petites frustrations liées à la presque impossibilité de communiquer avec les gens du milieu ainsi que le long trajet en train qui m’attendait dans l’après-midi allaient trouver leur justification au sommet du Kehlstein (1834 mètres).

J’ai été servi !

Kehlstein
Voici une prise de vue sur une plate-forme où les gens débarquent après avoir pris la première navette d’autobus. En haut à droite, on peut apercevoir Salzburg, au-delà de la frontière autrichienne.

Une fois arrivé à la gare de Berchtesgaden, il fallait monter à bord d’une première navette d’autobus qui menait les visiteurs à l’Obersalzberg. Une fois débarqué de l’autobus, il fallait prendre une deuxième navette qui empruntait une impressionnante petite route qui «escaladait» la montagne escarpée.

Au milieu du trajet de la deuxième navette, le panorama qui se profilait à notre droite écarquillait les yeux de tout le monde. Impressionnés par l’imposante stature des sommets alpins des alentours, les gens ont commencé à murmurer et à se demander comment il avait été possible de construire une étroite route sur une pente aussi raide.

Kehlstein

À partir du sommet, on jouit d’une vue imprenable sur les Alpes et le Königsee, un vaste lac étendu au pied des montagnes.

Je suis débarqué pour me retrouver sur une sorte de plate-forme asphaltée où d’autres visiteurs prenaient des photos des montagnes. La vue était superbe, mais on n’était pas encore au sommet ! Il fallait prendre un ascenseur qui concluait la montée en gravissant les derniers 100 mètres.

Une fois rendu en haut, j’ai eu droit à un spectaculaire panorama des Alpes et à vue d’oeil, j’apercevais Salzburg au-delà de la frontière autrichienne. La splendeur de ces montagnes rocheuses me saisissait au point où j’ai pris plus d’une dizaine de poses, dont certaines se répétaient, pour m’assurer qu’au moins une des photos pourrait refléter ce que j’ai vu en personne.

Comme si je n’avais pas encore eu ma dose d’altitude, j’ai gravi les marches qui menaient au plus haut point accessible du Kehlstein. À ce moment, je ne voulais plus partir. L’air était frais et pur. La hauteur et la beauté des lieux me donnaient – et je n’étais pas le seul – la sensation d’être perché au sommet du monde. Ce n’était probablement rien à côté des Himalayas et des Andes, mais comme je n’avais rien vu de tel, le Kehlstein me comblait.

Kehlstein
Le sommet du Kehlstein… il n’était pas possible d’aller plus haut que ce point. J’y suis resté aussi longtemps que mon horaire le permettait et j’ai savouré chaque instant que j’ai pu y passer avant de repartir.

Je me suis assis sur une grosse roche et j’y suis resté une bonne demi-heure, le temps de savourer chaque instant en prenant des photos et en contemplant la scène tout autour de moi. L’air frais, les rayons de soleil, le ciel bleu et la légère brume étaient enivrants.

La maison de thé ? C’était sans intérêt, à mon avis. Le vrai spectacle, c’était la vision des montagnes.

Quand j’ai quitté Berchtesgaden en après-midi en prenant le train, j’ai eu la satisfaction d’avoir vu un joli panorama montagneux – avec une incroyable impatience de voir mes photos développées ! – et je pouvais me rendre à ma prochaine destination la tête reposée. J’avais surtout l’impression que pour un débutant dans le domaine des déplacements outre-mer, j’avais fait un bon travail de préparation pour organiser un voyage réalisable et captivant.

J’ai dû traverser une bonne partie de la Bavière pour arriver à Füssen en fin d’après-midi, faisant mon chemin sur un trajet qui nécessitait plusieurs courtes escales, mais ça valait le coup car la destination semblait avoir été conçue pour moi…

La suite: Surprise à Füssen

2003
09.24

Berchtesgaden, 24 septembre 2003 – Tôt le matin, je me suis levé avec un objectif: partir le plus tôt possible et donner le coup d’envoi à une excitante tournée de la Bavière qui me permettrait de voir les Alpes, des châteaux monumentaux, d’étonnants paysages urbains et de découvrir la célèbre cuisine régionale bavaroise.

Je dois avouer que la journée aurait pu mieux commencer. À l’auberge de jeunesse de Munich, un choc culturel m’a frappé quand j’ai vu le déjeuner allemand. Le buffet était en grande partie composé de pains kaiser, de pain de seigle et de saucissons très gras. Une chance qu’il y avait des céréales de type müesli, du lait, du jus et du yogourt parce que j’étais un peu décontenancé à la vue des assiettes de charcuterie à la levée du jour ! Des touristes allemands m’ont confirmé que cet assortiment de viandes représentait bel et bien le déjeuner allemand normal. Ouf !

Au milieu de la matinée, je me suis rendu à la gare centrale de Munich pour prendre le train qui me mènerait à Prien am Chiemsee, une petite ville située proche du Chiemsee, un charmant petit lac où se situe le Herrenchiemsee, une magistrale réplique de Versailles bâtie par le névrosé Louis II de Bavière et inspirée de la vie du Roi-Soleil Louis XIV.

Chiemsee
Le Chiemsee est un petit lac calme que j’ai particulièrement apprécié. Les touristes doivent prendre le traversier qui mène à l’île où se trouve le château Herrenchiemsee.

Les eaux calmes du Chiemsee m’ont bien plu malgré la température fraîche et nuageuse, et j’ai bien apprécié le Herrenchiemsee, majestueux château inachevé dont la pièce maîtresse se trouve dans la salle des miroirs, un agrandissement divinement pompeux de la Galerie des Glaces de Versailles.

Herrenchiemsee
Le Herrenhiemsee est une merveilleuse réplique agrandie de Versailles. Si vous avez l’occasion de le visiter ne manquez pas la salle des miroirs, une pièce impressionnante inspirée de la Galerie des Glaces de Versailles.

Au retour de la visite du Herrenchiemsee, je me suis aperçu que l’après-midi était déjà entamé et que je devais rayer Garmisch-Partenkirchen de mon itinéraire si je voulais arriver à Berchtesgaden à temps et terminer la journée en beauté.

À la fin de l’après-midi, je débarquais du train à la gare de Berchtesgaden, une villégiature des Alpes située près de la frontière autrichienne qui s’est avérée mon arrêt le plus laborieux et vraisemblablement le contact le plus près avec l’Allemagne profonde. En effet, les gens qui comprennent l’anglais ou le français sont rarissimes au sein de cette petite communauté, le responsable du tourisme affichait un air de boeuf doublé d’une attitude très peu collaborative, et l’auberge de jeunesse se trouvait dans une localité voisine bien cachée par les montagnes imposantes de l’extrême sud-est bavarois.

Déterminé à passer outre ses obstacles ennuyants de Berchtesgaden et à profiter du paysage à ma visite au sommet du Kehlstein prévue pour le lendemain, j’ai pris un taxi en prenant bonne note du parcours pour m’installer à l’auberge avant d’aller souper. Encore là, j’ai jugé que les employés de l’auberge auraient pu faire un effort supplémentaire pour parler la langue de Shakespeare, qui est tout de même la langue des affaires et du tourisme au niveau international !

M’enfin… je suis sorti pour aller souper et j’ai marché de l’auberge au «centre-ville» de Berchtesgaden en découvrant les routes sinueuses des montagnes, dignes d’une publicité automobile.

Ces voies n’étant pas toutes dotées de trottoir sur toute leur longueur, des panneaux conseillaient fortement les piétons d’entrer dans les sentiers en bordure de la route pour éviter de se faire frapper par une voiture dans les grandes courbes. Malheureusement, les sentiers pénétraient profondément dans les boisés, au point où plusieurs touristes comme moi se sont perdus. Étant donné que la noirceur commençait à s’installer et qu’aucun lampadaire n’éclairait le chemin, vous pouvez deviner qu’un petit nuage d’insécurité planait sur ma tête et sur celle des touristes que j’ai croisé, mais je suis sorti du sentier à temps pour retrouver la route au centre de Berchtesgaden… et m’apercevoir que le sentier était tellement mal foutu qu’il faisait tourner les gens en rond en prolongeant le parcours d’une bonne heure. De quoi faire bougonner quelqu’un (moi) qui jouit déjà d’une réputation d’ours qui grogne en sortant de sa tanière !

Berchtesgaden
Une belle petite rivière qui coule entre les montagnes à Berchtesgaden. La vue est belle mais vous n’avez encore rien vu. Attendez de voir les photos du Kehlstein à la prochaine page !

Qu’à cela ne tienne, j’ai pu me sustenter dans une charmante brasserie de la Hofbräuhaus en dégustant des spécialités bavaroises: un schnitzel (escalope de porc), du chou rouge bouilli et de la choucroute avec une bonne bière. De quoi remettre un gars sur l’piton, comme on dit !

J’ai terminé ma journée en revenant à l’auberge et en profitant d’une soirée tranquille pour écrire mon journal de voyage et commencer à rédiger une lettre. Un touriste allemand m’a rejoint pendant la nuit et nous étions seulement deux dans une très grande chambre.

Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait le lendemain au sommet du Kehlstein…

La suite: L’impressionnant Kehlstein

2003
09.23
Portes à Munich

J’ai trouvé ce bel édifice proche de la Marienplatz. J’aime bien le concept des «portes» qui traversent le bâtiment.

München, 23 septembre 2003Je suis arrivé à l’aéroport international de Munich vers 10h30, heure locale, la différence d’heure étant de six heures d’avance en rapport à l’Amérique du Nord. Il était donc 4h30 à Montréal. En sortant de l’avion, j’ai pris le train de banlieue (S-Bahn) pour aller m’installer à l’auberge de jeunesse, située assez près du centre-ville.

Munich m’a un peu dérouté, mais une fois que j’ai compris la signalisation locale et les spécificités munichoises, en partie grâce à une brève visite au bureau touristique à la gare centrale (Hauptbahnof), tout allait mieux et je me suis réjoui d’être arrivé sain et sauf.

Une fois installé à l’auberge, j’ai été marcher dans la ville et après avoir pris quelques photos, je me suis arrêté pour souper à un restaurant de l’Augustiner Bräuhaus, près de la Marienplatz dans le centre de la ville. L’Augustiner Bräuhaus est une très vieille brasserie de Munich. En fait, c’est une des six grandes brasseries de l’endroit; les six se sont taillées une grande place sur le marché bavarois en plus de produire la bière de l’Oktoberfest.

J’ai été surpris par le service car il est très rapide et efficace malgré le nombre de clients sur place, et par le fait que les serveuses ne sourient pas de façon spontanée. D’une certaine façon, j’ai été impressionné parce que même si les gens qui nous servent ne sont pas souriants comme ils doivent l’être en Amérique du Nord – ordre du patron nord-américain oblige ! – ils sont très humains et très sympathiques, à leur façon. Néanmoins, j’ai été déçu parce qu’en Allemagne, il n’y a aucune section non-fumeur dans les brasseries et restos…

Neues Rathaus

Ma vue favorite sur le nouvel hôtel de ville, avec la pancarte de la Marienplatz.

À l’Augustiner Bräuhaus, j’ai eu l’occasion d’essayer le Leberkäs (une forme de pain de viande) avec une salade de patates, deux excellents mets locaux. C’était salé, un peu gras et plein de calories. J’ai l’habitude de faire preuve de prudence avec mon alimentation, mais je me suis «lâché lousse» pour savourer la cuisine locale et l’excellente bière pendant ce voyage. Ce soir-là, j’ai fait l’erreur de commander une Premium Pils au lieu de la bière blonde qui est la spécialité de la brasserie, mais j’ai tout de même eu droit à une bonne Pilsner bien sèche, typique des bonnes brasseries européennes.

Après m’être rempli la panse, je me suis de nouveau promené dans la ville en prenant quantité de photos, en passant une bonne partie du temps dans le coeur de Munich, à la Marienplatz.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas la Marienplatz, c’est LE carrefour piétonnier par excellence de Munich, une place qui tourne autour de la colonne de Marie. On y trouve beaucoup de boutiques, le nouvel hôtel de ville (Neues Rathaus) de style néogothique, des restaurants intérieurs et extérieurs, brasseries, musiciens, boutiques de souvenirs et beaucoup de piétons. C’est un coin super charmant – j’ai la chair de poule quand j’en parle – et très romantique quand les conditions météorologiques sont moindrement favorables.

Marienplatz
La Marienplatz représente, à mon avis et pour bien des gens, l’ultime endroit piétonnier à visiter pour profiter de l’atmosphère attachante d’une ville vivante mais agréable.
Rue de Munich
Une rue typique du centre de Munich. Avez-vous remarqué la lumière suspendue entre les édifices ?

Quand la noirceur est descendue sur la ville, je suis allé prendre une bonne bière au Löwenbräukeller. J’ai eu l’occasion de goûter à une Löwenbräu originale, brassée sur place et sortant directement du fût, et à une Franziskaner Hefeweizen. Je connaissais déjà la Löwenbräu originale, une blonde qui ne manque pas de caractère, mais je découvrais la Franziskaner, une bière de blé qui sent la banane et qui a un goût léger.

À la fin de la soirée, en rentrant à l’auberge à pied et en métro, je suis passé à travers un instant d’euphorie suivi de tristesse. J’ai réalisé qu’ENFIN, je faisais un vrai voyage outre-mer dans un pays que je voulais visiter, mais en même temps, certains proches me manquaient et je me sentais loin d’eux.

En rentrant, je ne voulais faire qu’une chose: dormir profondément pour être frais et dispos pour prendre la route le lendemain ! Comme je n’avais pas réservé ma chambre d’auberge assez tôt pour passer plusieurs jours consécutifs à Munich avant le 28 septembre, je devais devancer ma tournée de la Bavière pour ensuite revenir à Munich et profiter de mon «vrai» séjour munichois. Ce n’était que partie remise !

La suite: le Chiemsee et Berchtesgaden

2003
09.22

MontréalMontréal, 22 septembre 2003 -Tout a commencé en après-midi à Montréal le 22 septembre 2003. C’était mon premier voyage outre-mer et mon premier vol d’avion. J’étais anxieux la veille, mais une fois les «papillons gastriques» partis, j’avais hâte de survoler l’Atlantique.

Le dépôt des bagages, le passage aux douanes américaines et l’embarquement se sont déroulés sans anicroche. Les employés et les agents de sécurité ont été courtois et j’ai grandement apprécié leur tact, tout en comprenant les contraintes de sécurité liées à leur boulot.

Je suis parti de Montréal dans un jet régional pour aller à Philadelphie, et je suis ensuite embarqué dans un Boeing 767 pour me rendre à Munich, le tout sur les ailes de US Airways pour un excellent prix avec un service courtois.

J’ai trouvé le jet régional… bien ordinaire ! Les sièges en simili-cuir étaient peu confortables avec peu d’espace et une pressurisation peu efficace. C’était tout de même un court vol – à peine plus d’une heure – et la transition à Philadelphie s’est très bien passée.

En soirée, vers 20h, j’ai pris le vol Philadelphie-Munich, un vol d’une dizaine d’heures. Malgré un retard d’une heure pour le décollage, nous sommes arrivés à temps à Munich, vers 10h (heure locale) le 23 septembre. Comme je partais en début de soirée en Amérique du Nord pour arriver en Allemagne à 10h du matin le lendemain, il a fallu que je dorme pendant une partie du vol. Ce n’était pas une mince affaire. Le confort des sièges de la classe économique était acceptable, mais c’était une autre chose de dormir en position semi-assise avec un petit oreiller.

J’étais dans la rangée du milieu, dans le siège à droite, près de l’allée, en assez bonne compagnie. Une autrichienne qui parlait bien anglais et qui était sociable était à ma gauche, et elle avait déjà passé un été à Montréal. Ça facilite la conversation ! De toute façon, je voulais seulement éviter de me retrouver à côté de quelqu’un d’énervant. J’ai été chanceux !

La suite: Arrivée dans la belle Munich