12.08
Bayern München 4 Juventus Torino 1.
Enough said. The march is on.
Le site personnel de Michel Munger
Il y a des occasions dans la vie où il faut savoir dire au revoir. C’en est une au Bayern München, dont la direction passe trop de temps à répondre aux rumeurs de vente de milieu de terrain Franck Ribéry.
Le joueur est doué pour le football, mais il est devenu une grande distraction. Il a lui-même semé le doute à l’idée qu’il reste et fait savoir publiquement qu’il ne voulait pas aller en Angleterre, laissant place à l’interprétation qu’il veut aller à Barcelone ou à Madrid.
De plus, ces rumeurs incessantes auront de quoi distraire l’équipe lors de la prochaine saison.
Après Klinsmann Raus… Ribéry Raus!
Ainsi, Luca Toni dit qu’il pourrait quitter le Bayern Munich, qui vient de faire des embauches comme Mario Gomez. Ce que ce cher Luca ne dit pas, c’est que le Bayern s’est fatigué de le voir rater des chances de marquer et qu’il est fort probablement en train de se faire pousser vers la sortie… une bonne saison, ce n’est pas assez.
L’arrivée de Jupp Heynckes comme entraîneur du Bayern München n’est pas seulement prometteur parce que l’équipe a gagné son match contre Borussia Mönchengladbach mais parce que l’on voit le retour de la tactique.
Quand Jürgen Klinsmann était coach, on entendait dire qu’il n’était pas satisfaisant du jeu de l’équipe mais il ne le décortiquait pas. Cela confirmait que ses succès avec l’équipe nationale allemande en Coupe du monde de 2006 n’étaient pas dus à lui mais bien à son second, Joachim Löw.
Si jamais l’homme réussit à gagner le championnat de la Bundesliga, l’équipe devrait fortement songer à le garder. Avoir un bon coach qui peut faire gagner une équipe pleine de vedettes, ça n’a pas de prix.
C’est avec étonnement, en regardant la victoire de 4-0 du Bayern samedi contre Frankfurt, que j’ai entendu un commentateur parler de l’intérêt porté par le défenseur italien Fabio Cannavaro à l’équipe munichoise. Ça a été encore plus surprenant de retracer une déclaration qui valide l’idée.
Au départ, je me suis dit que l’arrière du Real Madrid avait perdu la tête et qu’à 35 ans, il était peut-être un peu vieux. Mais plus j’y pense, plus l’idée me semble logique. Cannavaro a l’habitude des matchs difficiles contre les grandes puissances du football, ce qui ferait de lui un élément stabilisateur pour la défensive du Bayern. Il pourrait faire profiter l’équipe de sa grande efficacité et de son expérience pour deux ou trois ans s’il se maintient en grande forme.
Le seul problème, c’est que le Real sait à quel point le joueur est utile… et ne le laissera pas partir seulement pour faire plaisir à un autre club.
Une autre idée qui flotte dans l’air, dit le tabloid anglais Daily Mail, c’est d’attirer Arsène Wenger à titre d’entraîneur-chef à Munich. Faut-il prendre au sérieux cette rumeur ? Peu importe. Ce qui est rassurant, c’est que le FC Bayern n’a pas l’intention de subir des défaites humiliantes en Ligue des champions sans broncher. Le club veut corriger le tir.
Comme la frustration est grande après la défaite de 4-0 contre Barcelone, je me lâche lousse pour une pleine analyse des déboires du FC Bayern. L’équipe se dirige vers une sortie en quarts de finale en Ligue des champions, vers une fin en queue de poisson en Bundesliga et peut-être même vers une exclusion de la Ligue des champions pour l’an prochain.
Qu’est-il arrivé avec cette équipe prometteuse ? Les réponses sont nombreuses.
Une défensive nulle
Le coeur du problème se trouve évidemment en défensive. Même si les Lucio, Demichelis et Lahm sont encore là, le jeu défensif n’est pas le même sous Jürgen Klinsmann qu’il ne l’était l’an dernier sous le souriant Ottmar Hitzfeld. Rappelons que ce coach était bien plus exigeant que Herr Klinsmann en matière de défensive et ça se voit cette année. De plus, l’équipe soutient très mal ses quatre arrières. Le milieu de terrain fait un très mauvais travail quand vient le temps de mettre de la pression sur l’adversaire.
Résultat: le gardien Michael Rensing est souvent laissé à lui-même. Même le grand Oliver Kahn n’y pourrait rien.
Ribéry n’a rien d’un Messi
Avant le premier match contre Barcelone, les médias européens se sont grandement amusés à comparer Franck Ribéry à Lionel Messi, disant que Ribéry est le Messi du Bayern. Erreur. Même une fois marqué et sous pression, Messi livre la marchandise. Ribéry, lui, devient silencieux. Quand il a été étincelant l’an dernier, c’était parce qu’il avait beaucoup d’espace pour manoeuvrer. C’est dommage, mais la comparaison ne tient plus la route.
Manque de créativité
Dès que le match devient important, le Bayern semble manquer de créativité en attaque. Les pertes de ballon en milieu de terrain sont beaucoup trop nombreuses et les passes de très basse qualité. Les Toni, Klose et Podolski de ce monde n’ont pas vraiment eu l’occasion de démontrer tout leur savoir-faire car Ribéry, Schweinsteiger et Zé Roberto ont largement failli à la tâche. Ça ne pardonne pas en Ligue des champions, où les passes doivent être courtes et ultraprécises pour avancer en zone adverse.
Parlant de Herr Schweinsteiger, où est-il ? Je me souviens de ce gars qui fait souvent la différence dans les grandes victoires de la Nationalmannschaft. Oublie-t-il toutes ses capacités quand il met un maillot du Bayern? Un vrai fantôme.
Aucun respect
Il y a environ 10 ans, le Bayern imposait le respect. Les clubs allemands qui jouaient contre Munich se croyaient battus d’avance et ceux qui l’affrontaient en Ligue des champions se demandaient s’ils pouvaient le battre. C’est comme cela que le Bayern a perdu une finale de Ligue des champions de justesse pour en gagner une autre peu après. Et qu’il accumulait les titres en championnat.
Ce que les choses ont changé. Les dernières fois qu’il a joué en Ligue des champions, ses adversaires l’ont facilement éliminé. Le premier match contre Barça cette année constitue une nouvelle preuve. En Bundesliga, Bremen, Berlin, Wolfsburg et même Cologne lui ont infligé des défaites parfois ridicules.
Le coach ?
Il faut maintenant se poser une question très peu commode. Les problèmes du Bayern sont-ils causés par des joueurs surévalués ou par un coach incompétent ? Si Ottmar Hitzfeld avait réussi à mener le club vers une victoire facile en Coupe UEFA l’an dernier, la réponse serait peut-être le coach. Mais l’effondrement contre Saint-Pétersbourg et celui contre le FC Barcelone mènent à penser que les joueurs sont surévalués. Ou du moins qu’ils se mélangent mal.
Peu importe la réponse, il est clair que Franck Ribéry n’est pas aussi puissant qu’on le croyait. Jusqu’à ce qu’il le prouve sous pression. Et à moins d’un changement, 2008-09 est à oublier.

Avec un peu de recul à la suite de la défaite de la Nationalmannschaft contre l’Espagne, il est maintenant possible d’analyser le match et le tournoi de façon intelligente.
Après maintes réflexions, je blâme surtout le changement de style de jeu et l’exécution pour un tournoi où l’équipe a bien joué pendant seulement deux matches (Pologne et Portugal) et 15 ou 30 minutes contre l’Espagne. Le coeur du problème se trouve dans l’abandon d’un style de jeu préconisé à la Coupe du monde 2006. À l’époque, le sélectionneur Jürgen Klinsmann avait transformé l’équipe avec un jeu d’attaque qui en faisait une puissante équipe de football.
Sauf pour les moments cités plus haut, Joachim Löw a plutôt préconisé le style d’«efficacité» qui est un vieux cliché de l’équipe nationale allemande. Peu d’attaque, peu de possession du ballon, mais plutôt une résistance aux attaques adverses et une redoutable contre-attaque quand ça compte. Le problème, c’est que le football d’aujourd’hui se gagne en marquant des buts. Pas en laissant l’adversaire attaquer. C’est comme à la boxe. Si vous laissez l’adversaire vous attaquer, vous allez vous faire frapper. Et probablement vous envoyer au tapis.
Contrairement aux clichés véhiculés par les médias, l’équipe allemande regorge de talent comme les Bastian Schweinsteiger, Lukas Podolski, Michael Ballack, Philipp Lahm et autres. Quand ils se mettent à passer et à lancer, c’est une question de temps avant qu’ils ne marquent 2 ou 3 buts. La preuve se trouve dans la victoire contre le Portugal. Malgré tout leur talent, les Portugais n’ont pu se remettre du 2-0 apràs moins de 30 minutes de jeu. Dommage que cette façon d’aborder les matches ait été abandonnée.
Et l’avenir ? Il reste à voir si M. Löw saura tirer de bonnes leçons de cet Euro et gagner le Mondial 2010 en Afrique.
Des commentaires par joueur:
Bastian Schweinsteiger: a fait l’étalage de tout son talent. Les clubs anglais et italiens aimeraient bien se le payer. A été sous-utilisé par le Bayern München, qui devra exploiter son plein potentiel pour le garder. Mais avec Jürgen Klinsmann aux commandes, le coach qui lui a donné sa place avec l’équipe nationale, il faut s’attendre à un bon dénouement.
Michael Ballack: l’éternel 2e qui a eu quelques moments de brillance mais qui a encore été très silencieux quand ça comptait. Je ne comprends toujours pas pourquoi tout le monde parle de lui comme un joueur clé.
Lukas Podolski: un autre gars mal utilisé par le Bayern qui fait bien pour la Nationalmannschaft. A un brillant avenir si un club sais l’intégrer.
Torsten Frings: n’a pas connu un super tournoi, même quand il n’était pas blessé. Ce précieux vétéran est-il en train de perdre son importance ?
Miroslav Klose: ce dangereux marqueur me semble en perte de vitesse. Il a marqué au cours de la deuxième ronde mais a fait pitié le reste du tournoi et a connu une mauvaise saison avec le Bayern. Il est probablement temps de préparer la relève du côté des attaquants.
Mario Gomez: il est en théorie la relève des attaquants, mais a fait pitié à chaque présence. Devra faire ses preuves pour vraiment mériter sa place.
Philipp Lahm: ce défenseur a drôlement bien joué avec le ballon, mais a permis à la Turquie et à l’Espagne de marquer avec une couverture défensive douteuse. Surtout sur le but de Torres en finale. Ça prend une défensive plus solide pour gagner.
Christoph Metzelder: Normalement un excellent défenseur central, il a été suspect pendant tout le tournoi. La blessure qui l’a empêché de jouer pour le Real Madrid devait encore l’affecter.
Per Mertesacker: a semblé facile à déjouer en demi-finale et en finale. L’équipe a besoin qu’il soit solide pour gagner.
Arne Friedrich: même chose que le joueur précédent. Mais ce joueur a démontré une belle solidité contre le Portugal, comme en 2006.
Thomas Hitzlsperger: je comprends bien mal pourquoi on a parlé de lui comme un très bon milieu de terrain. Il n’a pas fait sa marque.
Tim Borowski: il aurait dû jouer plus souvent. Il est grand, très bon en attaque et en défense. Il ne rejoint pas le Bayern pour rien cette année.
Simon Rolfes: a prouvé hors de tout doute qu’il a sa place pour remplacer Torsten Frings. Un talent à surveiller.
Jens Lehmann: il a déçu jusqu’en finale, où il a brillé. Mais il se fait vieux. Il est temps de former la relève.
Robert Enke et René Adler: ces deux gardiens représentent la relève dans les buts. Qu’on les fasse lutter pour le poste de partant.
Marcell Jensen: habituellement assez bon pour le Bayern, il a démontré qu’il n’a pas encore la capacité de jouer au niveau international. Dommage.
David Odonkor: si le foot était un sport strictement axé sur le sprint, il serait important.
Clemens Fritz: même chose
Kevin Kuranyi: pourrait bien être un remplaçant de choix à l’attaque dans deux ans.

Ceux qui regardent les matchs de l’Euro 2008 et qui supportent l’Allemagne ont de quoi avoir honte après la défaite de 2-1 jeudi contre la Croatie, tout en reconnaissant le bon match des Croates.
Une défensive qui laisse l’adversaire tout le temps voulu pour manoeuvrer, une équipe presque entière qui perd le ballon au milieu du terrain et fait des passes imprécises, ça ne pardonne pas. Ça passe contre la Pologne ou l’Autriche, mais contre les bonnes équipes, ça ne vaut rien.
La Mannschaft a besoin de se réveiller et a surtout besoin de tous ses meilleurs joueurs. Bastian Schweinsteiger, qui n’a pas amorcé les matchs pour des raisons de condition physique, a besoin d’être en forme pour la deuxième ronde. Son impact sur le terrain est trop grand pour qu’il soit sur le banc. Marcell Jansen, de son côté, n’est pas de calibre à l’heure actuelle. Il fait trop d’erreurs.
Je me souviens qu’après le 2-0 contre la Pologne, j’ai dit à d’autres observateurs du foot que le match a été facile parce que les Polonais ne formaient pas une grande équipe. On en a eu la preuve jeudi avec les Croates.
Pour gagner des matchs en deuxième ronde, l’équipe dirigée par Joachim Löw a besoin de mieux faire. Bien jouer pendant 20 minutes, ce n’est pas assez !
L’Autriche devrait être une formalité. La deuxième ronde ne le sera pas.
À moins de vivre en isolation totale, il était impossible de ne pas jeter un coup d’oeil au septième match du Canadien contre les Bruins de Boston. Au point où pour la première fois de l’année, un match de hockey a retenu mon attention de la première à la dernière minute.
Les grands partisans du Canadien ont une leçon à retenir de cette victoire de 5-0. Ils avaient perdu le momentum et ont rebondi en grand. Peu importe qui sera leur adversaire de deuxième ronde, le CH a du caractère et sera difficile à sortir des séries.
Et peu importe ce que l’on pense, le hockey joué lundi soir réconcilie avec ce sport qui a été si longtemps marqué par un arbitrage pourri et du jeu fermé.
En espérant voir Montréal et Pittsburgh s’affronter plus tard ce printemps. Du méchant hockey en perspective.