Category: Médias
2010
02.25

Imaginez ma surprise en lisant que les éditeurs de journaux britanniques ne veulent pas voir la BBC lancer des applications iPhone ce printemps. Ils allèguent que le diffuseur public anglais les privera d’un marché et de revenus en envahissant le secteur de l’information sur téléphone portable.

Étrangement, ces mêmes éditeurs ont déjà obtenu que les sites régionaux de la BBC ne puissent pas diffuser de bulletins de nouvelles.

Ce qui surprend le plus, c’est la mentalité. Pourquoi ne pas rivaliser en qualité et originalité pour se démarquer au lieu de demander de limiter les droits d’un concurrent ?

Si les lecteurs sont moindrement intelligents, ils ne se tourneront pas vers le contenu d’un journal si celui-ci ne livre pas la marchandise, simplement parce qu’une application iPhone de la BBC est interdite. Ils vont aller là où le contenu satisfait aux attentes.

2010
01.14

Comment faire rire de vous ? Le réseau états-unien NBC a trouvé la recette en créant un mini-drame autour de ses talk shows de fin de soirée. Avec Jay Leno et Conan O’Brien dans la tourmente, il fallait bien que les principaux intéressés et les rivaux en rient.

Dommage pour NBC, qui heurte sa réputation devant des millions de personnes, mais les clips sont vraiment bons.

La palme revient à Conan, qui a regagné son énergie et son mordant, égratignant son employeur au passage.

David Letterman se laisse aussi aller, laissant clairement savoir ce qu’il pense de Jay Leno !

Comme à peu près tout le monde, je crois que NBC y perdra au change si le réseau perd Conan. Son humour est plus évolué et il attire un auditoire plus jeune, précisément ce que les grands réseaux veulent désespérément faire.

2009
11.12

C’est triste de voir ce qui se passe à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec avec le retrait d’un candidat à la présidence, surtout en raison des circonstances entourant son départ.

Je n’écris pas ce billet pour prendre partie mais bien pour regretter l’état dans lequel la fédération se trouve.

Comme beaucoup de journalistes québécois sont dorénavant éparpillés entre trois empires de presse et un diffuseur public, les médias ont un urgent besoin de se regrouper à une place pour défendre leurs intérêts communs et faire du lobbyisme efficace. Il semble que ce soit loin d’être le cas à l’heure actuelle.

Je trouve la situation grave surtout quand je songe à l’époque où Alain Gravel et l’équipe qui l’a appuyé ont fait de grands efforts pour reconquérir du terrain et des membres. Je me disais alors que si la fédération avait eu ses faiblesses, elle était sur une bonne lancée. Qu’elle pourrait regrouper des gens au lieu de les opposer les uns aux autres.

Maintenant, voir une course à la direction qui tourne aussi mal, toutes parties confondues, c’est décevant. Le contexte économique ne fait qu’ajouter des motifs de crise. Avant que le modèle d’affaires des médias ne soit fragilisé, nous vivions de sérieux problèmes. La crédibilité auprès du public se trouvait déjà dans les bas fonds. Le fonctionnement de bien des salles de nouvelles était remis en question, tant pour des raisons d’éthique que d’indépendance éditoriale.

Aujourd’hui, le modèle d’affaires de plusieurs médias est fragilisé et le seul organisme qui pourrait unir les forces du milieu risque de se déchirer. Ce qui est doublement dommage, c’est qu’une crise de leadership à la FPJQ pourrait bien faire en sorte que bien des gens comme moi seront tentés de lui tourner le dos, par dépit.

C’est encore plus difficile à avaler quand on tient compte des motifs qui m’ont poussé au journalisme. Cet idéalisme de servir la démocratie et le peuple s’effrite à travers les années. Finalement, une amie avait sûrement raison de dire qu’à titre de professionnels, les journalistes vieillissent mal.

2009
10.13

Ça fait quelques mois que les éditeurs le claironnent mais c’est maintenant une réalité: une partie du contenu médiatique devient payante pour le Web, probablement pour de bon.

Mardi, après les frais imposés au contenu sur téléphone mobile par le Wall Street Journal et CNN, c’est The Economist qui a asséné un solide coup à la gratuité. En limitant à quelques textes gratuit l’accès à l’édition imprimée pour les non-abonnés, le magazine passe un message clair. Le Web doit rapporter des revenus, pas seulement servir de vitrine. On ne peut pas profiter du buffet des abonnés sans cotiser.

La morale de l’histoire est surtout intéressante pour ceux qui comme moi sont abonnés à The Economist. Même si un site Web accessible est beau et utile, l’éditeur doit justifier ses choix à ceux qui paient. Il doit limiter les faveurs pour donner plus de sens à l’abonnement que le simple fait de livrer une copie papier transportable partout.

L’autre point dont il faut tenir compte dans tout cela, c’est une réalité économique difficilement évitable. Les observateurs avertis nous ont toujours dit, tant pendant la bulle techno que ces dernières années, que la gratuité n’était pas rentable. Que la publicité à elle seule ne peut pas faire vivre les médias.

C’est souvent vrai et c’est probablement pourquoi les éditeurs de grande renommée agissent tout de suite afin d’offrir aux lecteurs des options d’abonnement adaptées au format d’information consommée.

À mon avis, il s’agit d’un mouvement de masse qui commence. L’information sur le Web pourrait devenir un peu comme les chaînes spécialisées à la télévision. On s’abonne à ce qui nous intéresse pendant un certain temps. On laisse tomber temporairement peut-être, pour se réabonner plus tard. Bref, selon les habitudes de consommation. Les tarifs à la semaine comme ceux du WSJ mobile ont la flexibilité que l’imprimé n’a généralement pas.

Est-ce dommage que la pub ne puisse pas soutenir une industrie à elle seule ? Oui. Sauf que les rêves ne deviennent pas toujours réalité. Le dicton anglophone There is no such thing as free lunch demeure une évidence capable de traverser les époques.

2009
06.10

Intéressant, l’évolution de la pub sur le Web. En scannant mes fils RSS pour des nouvelles sportives, je suis tombé sur un texte concernant de ESPN les Jets de New York. Rien de très spectaculaire dans la signature d’un choix de repêchage.

Sauf que le vidéo rattaché au texte en question recèle une pub qui m’a surpris car elle arrive après le contenu, quand en théorie, mon attention doit s’être évaporée.

La grande différence, c’est dans le «charme» de la méthode. La courte pub qui vient avant l’extrait est irritante. Un contenu de qualité suivi par le message d’un commanditaire, c’est plus innovateur.

De plus, comme vous pouvez le voir ci-bas, la publicité cède la place à une offre de contenu additionnel quand un site se sert du code «embed» pour faire jouer l’extrait.

Habiles, ces gens d’ESPN.

2009
06.06

Inquiétude pour les journaux

Il commence à être de plus en plus inquiétant d’assister à la chute des revenus des journaux, comme l’illustre un graphique très «parlant» de TechCrunch.

Tout porte à croire que la crise financière et la récession ont accentué un déclin qui était bien amorcé même en temps d’expansion économique. Ce qui dérange le plus, c’est que les journaux ont longtemps servi de rempart pour le travail journalistique, enquêtant là où d’autres médias, comme le mien (Web et télé) ne l’ont pas fait.

Il faut espérer que les journaux puissent se réinventer car leur disparition à long terme serait catastrophique pour le secteur médiatique.

2008
04.25

Ce serait facile de fermer les yeux sur les licenciements de journalistes à TQS mais au contraire, tous ceux comme moi qui font partie de la confrérie doivent s’en inquiéter.

C’est vachement frustrant de voir que des gens très compétents perdent leurs emplois à travers le Québec, tout simplement parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. J’ai connu certains employés des salles des nouvelles régionales au secondaire. D’autres, de Montréal, j’ai pu côtoyer dans l’exercice du métier. De les voir congédiés par le nouveau propriétaire d’une station.

C’est aussi dégoûtant de voir certains commentaires de lecteurs qui disent, en gros, «bon débarras» parce qu’ils n’aimaient pas le style des nouvelles de TQS. Quand on prône la diversité des points de vue, on accepte tous les genres. Tant les genres qui se prétendent plus «sérieux» que ceux se voulant plus «people».

TQS ne prétendait pas couvrir la guerre en Afghanistan, mais faire de la nouvelle locale. L’angle d’attaque était valable.

En espérant que les confrères se retrouveront des jobs rapidement !