Comme la frustration est grande après la défaite de 4-0 contre Barcelone, je me lâche lousse pour une pleine analyse des déboires du FC Bayern. L’équipe se dirige vers une sortie en quarts de finale en Ligue des champions, vers une fin en queue de poisson en Bundesliga et peut-être même vers une exclusion de la Ligue des champions pour l’an prochain.
Qu’est-il arrivé avec cette équipe prometteuse ? Les réponses sont nombreuses.
Une défensive nulle
Le coeur du problème se trouve évidemment en défensive. Même si les Lucio, Demichelis et Lahm sont encore là, le jeu défensif n’est pas le même sous Jürgen Klinsmann qu’il ne l’était l’an dernier sous le souriant Ottmar Hitzfeld. Rappelons que ce coach était bien plus exigeant que Herr Klinsmann en matière de défensive et ça se voit cette année. De plus, l’équipe soutient très mal ses quatre arrières. Le milieu de terrain fait un très mauvais travail quand vient le temps de mettre de la pression sur l’adversaire.
Résultat: le gardien Michael Rensing est souvent laissé à lui-même. Même le grand Oliver Kahn n’y pourrait rien.
Ribéry n’a rien d’un Messi
Avant le premier match contre Barcelone, les médias européens se sont grandement amusés à comparer Franck Ribéry à Lionel Messi, disant que Ribéry est le Messi du Bayern. Erreur. Même une fois marqué et sous pression, Messi livre la marchandise. Ribéry, lui, devient silencieux. Quand il a été étincelant l’an dernier, c’était parce qu’il avait beaucoup d’espace pour manoeuvrer. C’est dommage, mais la comparaison ne tient plus la route.
Manque de créativité
Dès que le match devient important, le Bayern semble manquer de créativité en attaque. Les pertes de ballon en milieu de terrain sont beaucoup trop nombreuses et les passes de très basse qualité. Les Toni, Klose et Podolski de ce monde n’ont pas vraiment eu l’occasion de démontrer tout leur savoir-faire car Ribéry, Schweinsteiger et Zé Roberto ont largement failli à la tâche. Ça ne pardonne pas en Ligue des champions, où les passes doivent être courtes et ultraprécises pour avancer en zone adverse.
Parlant de Herr Schweinsteiger, où est-il ? Je me souviens de ce gars qui fait souvent la différence dans les grandes victoires de la Nationalmannschaft. Oublie-t-il toutes ses capacités quand il met un maillot du Bayern? Un vrai fantôme.
Aucun respect
Il y a environ 10 ans, le Bayern imposait le respect. Les clubs allemands qui jouaient contre Munich se croyaient battus d’avance et ceux qui l’affrontaient en Ligue des champions se demandaient s’ils pouvaient le battre. C’est comme cela que le Bayern a perdu une finale de Ligue des champions de justesse pour en gagner une autre peu après. Et qu’il accumulait les titres en championnat.
Ce que les choses ont changé. Les dernières fois qu’il a joué en Ligue des champions, ses adversaires l’ont facilement éliminé. Le premier match contre Barça cette année constitue une nouvelle preuve. En Bundesliga, Bremen, Berlin, Wolfsburg et même Cologne lui ont infligé des défaites parfois ridicules.
Le coach ?
Il faut maintenant se poser une question très peu commode. Les problèmes du Bayern sont-ils causés par des joueurs surévalués ou par un coach incompétent ? Si Ottmar Hitzfeld avait réussi à mener le club vers une victoire facile en Coupe UEFA l’an dernier, la réponse serait peut-être le coach. Mais l’effondrement contre Saint-Pétersbourg et celui contre le FC Barcelone mènent à penser que les joueurs sont surévalués. Ou du moins qu’ils se mélangent mal.
Peu importe la réponse, il est clair que Franck Ribéry n’est pas aussi puissant qu’on le croyait. Jusqu’à ce qu’il le prouve sous pression. Et à moins d’un changement, 2008-09 est à oublier.

