Et une incursion en Allemagne !


On Wednesday September 1, 2004, in Alsace 2004, Voyages, by Michel Munger

Kehl, 1er septembre 2004 – La journée a été fascinante et la soirée encore meilleure… de façon imprévue. En fait, ce sont les blondes allemandes qui ont eu raison de moi ! Je suis traversé en Allemagne pour aller prendre une bière et je ne l’ai pas regretté. Il fallait s’y attendre, non?

Voici pourquoi: Strasbourg est au coeur de l’Alsace, dans le Nord-Est de la France et collé sur le Rhin, le fleuve qui sert de frontière entre la France et l’Allemagne. Après quelques jours sans en tenir compte, je me suis informé et on m’a dit que je pouvais traverser à pied le pont de l’Europe, que tout le monde traverse pour aller d’un pays à l’autre, et me rendre dans la petite ville de Kehl en Allemagne, située de l’autre côté du Rhin.

Regaillardi, j’ai pris mon sac à dos et un chandail pour traverser le pont… et m’apercevoir qu’il n’y a pas de douane après le pont. On peut circuler librement et aller faire un tour à Kehl ! Ça tombait bien parce que immédiatement après le pont, c’est le joli petit quartier piétonnier de la ville.

Kehl, Allemagne

J’étais sur le pont de l’Europe, celui qui sert à traverser la frontière, quand j’ai pris cette photo. On y voit un petit pont piétonnier situé tout près. À gauche, l’Allemagne, à droite, la France !

J’ai laissé mon gros nez renifler les environs en sachant très bien que je pouvais trouver de la bonne bière quelque part. Et c’est arrivé ! J’ai marché pendant une vingtaine de minutes et j’ai finalement vu les cinq lettres suivantes sur un logo: JEVER. C’est une de mes bières préférées ! Je l’ai découverte en 2003 à Berlin, alors imaginez à quel point j’étais ravi !

Je suis tout de suite entré dans le petit bar (Jacz) et j’ai commandé un bock de 500ml. Quel délice! La puissante amertume de cette pilsner m’a rappelle le jour où je l’ai essayée dans un petit resto berlinois. Dommage qu’il soit difficile d’en trouver hors de l’Allemagne, c’est vraiment une bière de qualité !

J’étais dans un état… d’extase. Je vivais l’expérience de traverser une frontière à pied, renouant ainsi avec l’Allemagne et le plaisir d’une bière de grande classe. J’étais vraiment dans ma petite bulle et j’ai profité du moment pour écrire avec fébrilité dans mon carnet de voyage. C’est seulement après avoir dégusté une deuxième bière que je suis parti à pied pour retourner à Strasbourg. Et je suis rentré très satisfait à l’auberge…

La suite: Un Britannique, un Canadien et un Français en cavale

 

À la découverte de Strasbourg


On Wednesday September 1, 2004, in Alsace 2004, Voyages, by Michel Munger
Grand'Rue

La Grand’Rue de Strasbourg

Strasbourg, 31 août et 1er septembre 2004 – Décidément, vivre à l’étranger, ça fait découvrir des choses au moment du déjeuner. Le premier repas du jour, en France, est trop léger si vous voulez mon avis. À l’auberge de jeunesse de Strasbourg, ils n’avaient que du pain, des confitures, des céréales, du beurre, du lait et du café. Bien ordinaire…

Je me suis rendu en ville avec mon compagnon de chambre, avec qui je m’entends bien après avoir pris le temps d’établir un vrai premier contact. C’est un Britannique qui s’appelle Chris et il était à l’auberge en attendant sa chambre en résidence à l’université. Il étudie l’architecture là.

La température était radieuse, le soleil brillait de tous ses feux. J’ai eu l’occasion de prendre le très moderne tramway de Strasbourg. C’est superbe, spacieux et très efficace.

J’ai visité la magnifique Cathédrale, qui a été bâtie en 400 ans au Moyen-Âge. Chris et moi sommes montés dans la tour (328 marches) pour profiter du point d’observation. Les alentours sont très beaux, surtout avec les toitures classiques et maisons à colombages. Le quartier est charmeur et l’ambiance y est enjouée.

Tramway

La beauté et la modernité du tramway de Strasbourg, avec des arbres pour agrémenter un impeccable décor urbain. Qui ne voudrait pas y habiter ?

Cathédrale
Ceci est une petite partie de l’impressionnante façade de la Cathédrale.

Chris et moi étions d’accord: cette Cathédrale est un chef-d’œuvre d’architecture. Malheureusement, nous avons mal prévu le coup pour aller voir l’Horloge astronomique sonner à 12h30. Nous avons attendu trop longtemps avant de se présenter à la porte et c’était déjà plein. Oh well !

J’ai acheté quelques souvenirs dans le quartier et nous avons marché vers la Petite France (dans la vieille ville) pour aller dîner. J’ai goûté à deux spécialités locales: la tarte flambée et le riesling. La tarte flambée est une pâte mince (comme une pizza) avec une couche de crème, des oignons et, sur celle que j’ai commandé, des tranches de fromage munster avec des lardons. Excellent ! Le riesling était très bon aussi… pour 2 euros, on a un bon verre de vin.

En après-midi, j’ai continué mes visites seul pour voir les bords de l’Ill, un petit cours d’eau qui traverse la ville.

C’est joli, Strasbourg… l’atmosphère était étonnamment calme le matin et plutôt animée en après-midi. L’ambiance est toutefois saine. Pas trop de sirènes de police et pas trop de bruit industriel. Il y a beaucoup de belles places piétonnières – dont la Place Kléber et la Place Broglie avec son beau petit marché – et beaucoup d’arbres.

Cathédrale

À gauche, la maison aux couleurs foncées est la Maison Kammerzell, bien connue pour son architecture en bois et son petit restaurant. À droite, on voit la Cathédrale de Strasbourg.

Cathédrale

Regardez les sculptures. Un chef-d’oeuvre qui a pris 400 ans à bâtir.

Petite France

Le quartier de la Petite France. À gauche, on voit la célèbre Maison des Tanneurs. Les maisons à colombages et les fleurs placées sur les rebords des fenêtres font le charme des maison alsaciennes.

En fin d’après-midi, j’ai été souper dans un petit resto. J’ai mangé presque la même chose qu’à l’heure du midi, sauf que le verre de vin était du pinot blanc, un blanc plus corsé que le riesling. Les tartes flambées sont prêtes rapidement et c’était pratique parce que j’avais peu de temps. Je m’étais entendu avec mon «colocataire» Chris se rejoindre à la station «Homme de fer» (!) vers 20h et aller prendre un verre en ville.

Place Kléber

La Place Kléber, immense place publique dont les Européens ont le don de savoir construire. Quand les gens finissent leur journée, ils ont tendance à aller s’y asseoir pour prendre un café, manger un bretzel, parler sur leur téléphone mobile et jaser avec un ami avant de rentrer.

Chris et moi, nous nous sommes bien entendus tout de suite. C’est drôle de voir à quel point il est facile d’entrer en contact avec les gens quand nous sommes tous des étrangers en dehors de notre milieu normal. J’imagine que c’est une façon naturelle de se faire des amis dans des situations hors de l’ordinaire.

Nous nous sommes donc rencontrés à la station de tramway et nous avons trouvé un restaurant-bar-terrasse qui s’appelle Gayot. C’était un des seuls endroits en ville où la terrasse, située dans une grande cour, était animée… et nous l’avons trouvée par hasard. Peut-être avons-nous trouvé un des endroits les plus courus en ville !

Après avoir pris une bonne bière et échangé sur nos expériences de voyages, ainsi que les différences entre nos patelins d’origine, nous avons cherché un nouvel endroit pour terminer la soirée, mais pas de chance. Nous avons marché environ une bonne heure avec des adresses fournies par l’office de tourisme mais presque tout était fermé. Nous sommes retournés à l’auberge de jeunesse à pied à partir de la dernière station de tramway. C’était toute une marche, mais il faisait très beau et la soirée a été intéressante.

Je crois qu’en cette première journée de tourisme en sol français, j’ai pu comprendre deux choses importantes. La première, c’est que voyager dans ma propre langue, c’est toute une expérience. Il est facile de communiquer avec presque tout le monde, alors on passe plus de temps à découvrir et moins à se faire comprendre. La deuxième, et c’est en parlant à mon ami Chris, c’est que tout le monde vit la même insécurité à l’étranger. Quand on se retrouve ailleurs, on trippe, mais on vit aussi dans l’éloignement et une certaine crainte de l’inconnu et à un moment donné, on a hâte de rentrer. Mais une fois revenu à la maison… on veut repartir !

J’ai aussi appris autre chose en écrivant sur mon blogue de voyage: le clavier français m’a fait rager !

Mercredi 1er septembre

Après le déjeuner, mon coloc Chris est parti pour s’installer en résidence et nous nous sommes entendus pour faire une autre sortie vendredi soir. Le cellulaire sera pratique pour se rejoindre car je peux échanger des messages texte avec…

Il faisait VRAIMENT beau à Strasbourg. La température était d’à peu près 20 degrés Celsius mais le soleil brillait avec puissance. Ce matin-là, je suis allé à la Place de la République, une jolie place qui comprend cinq beaux édifices, un jardin et un monument pour honorer les morts de la Première Guerre mondiale. J’ai ensuite visité la Place Broglie, où se tient un marché le mercredi. Ils vendent des fruits, des vêtements et bien d’autres choses. J’aime bien les marchés publics alors j’étais bien servi.

Ponts Couverts

À partir du barrage Vauban, j’ai photographié les ponts couverts qui passent au-dessus de l’Ill. Leurs tours servaient autrefois à les protéger.

Au milieu de l’après-midi, je suis allé dîner sur la terrasse d’un petit resto qui s’appelle Le St-Martin. J’ai finalement pu y essayer la choucroute garnie, une spécialité alsacienne. C’était de l’excellente bouffe: beaucoup de choucroute, des petites saucisses, du jambon, des patates et un verre de vin blanc Gewurztraminer, un vin au goût un peu épicé. C’était au coeur du vieux quartier la Petite France, il faisait soleil et l’on entendait l’eau de la rivière Ill qui coulait. Belle ambiance!

Par la suite, j’ai visité les points chauds de la Petite France. Je suis monté sur le barrage Vauban pour admirer et photographier le magnifique panorama de l’Ill, des ponts couverts et des tours qui séparent les ponts. Les magnifiques maisons alsaciennes à colombages se reflètent dans l’eau et les ponts aussi. C’est de toute beauté.

Petite France

De jolies maison strasbourgeoises se reflètent dans l’eau, sur les bords de l’Ill. Promenade romantique ou simplement paisible assurée !

J’ai ensuite marché dans les quartiers environnants et trouvé un magasin de bandes dessinées. Je me suis acheté un album de Lucky Luke publié en 2002 qui s’appelle La légende de l’Ouest. Je me suis aussi arrêté dans une petite boutique qui vend des grands crus alsaciens, où l’on m’a expliqué que les vins vendus au Québec (des maisons Beyer, Hugel, Trimbach…) font partie des meilleurs de la région. Bonne nouvelle !

Petite France

Pas trop laid comme ville, hein ?

Vers la fin de l’après-midi, je me suis contenté d’aller me chercher des bouteilles d’eau avant de rentrer à l’auberge. J’étais un peu fatigué en raison du soleil qui frappe très fort et qui endort.

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